Sélection les Libraires Ensemble

C'est en y regardant de plus près que vous le remarquerez : les romans de cette rentrée, qu'ils soient courts ou plus épais, détiennent chacun dans leurs pages, de quoi nous épauler et rendre le monde peut-être un peu plus léger ou plus sage... C'est avec joie que nous partageons avec vous ces moments essentiels d'évasions, d'enchantements, de réflexion et d'explorations littéraires que nous aurons bien sûr grand plaisir à évoquer avec vous de vive voix !

  • Une histoire d'espoirs fous et de désirs, dans un XIXe siècle dominé par les interdits.

    Cécile Coulon nous plonge dans les affres d'un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid de Candre Marchère, un riche propriétaire terrien du Jura. Pleine d'espoir et d'illusions, elle quitte sa famille pour le domaine de la Forêt d'Or. Mais très vite, elle se heurte au silence de son mari, à la toute-puissance d'Henria, la servante. Encerclée par la forêt dense, étourdie par les cris d'oiseaux, Aimée cherche sa place. La demeure est hantée par le fantôme d'Aleth, la première épouse de Candre, morte subitement peu de temps après son mariage. Aimée dort dans son lit, porte ses robes, se donne au même homme. Que lui est-il arrivé ? Jusqu'au jour où Émeline, venue donner des cours de flûte, fait éclater ce monde clos. Au fil des leçons, sa présence trouble Aimée, éveille sa sensualité. La Forêt d'Or devient alors le théâtre de désirs et de secrets enchâssés.
    Seule en sa demeure est une histoire de domination, de passions et d'amours empêchés.

    Le roman haletant d'une autrice confirmée.

  • Les parcours d'Anna et de Cerise n'ont rien de commun.
    Promise à une brillante carrière, Anna étudie la photographie à l'université de Washington ; lycéenne, Cerise habite en Californie sous l'emprise totale de sa mère.
    Lorsque chacune des jeunes femmes tombe enceinte par accident, Anna avorte, et Cerise garde l'enfant. Dix ans plus tard, ces décisions auront déterminé le cours de leur vie.
    D'espoirs en déceptions, de joies en drames, Anna et Cerise, bientôt réunies par le hasard, apprennent à être mères, et à être femmes.
    Roman d'une portée universelle et d'une rare force émotionnelle qui raconte le monde au féminin.

  • Ce n'est pas vraiment une ville, plutôt une sorte de village de pêcheurs aux maisons d'un étage, en bois peint de couleurs vives, nichées au creux d'un bras de mer qui s'enfonce comme une langue, à l'extrême nord de la Norvège. C'est là que tout commence, ou plutôt que tout semble finir. Ça a débuté avec l'accident sur la plateforme pétrolière, de l'autre côté du chenal. Ça continue avec cette fissure qui menace le glacier, ces poissons qu'on retrouve morts. Quel est le lien entre tous ces événements ? C'est en tant qu'ingénieur que Noah, enfant du pays, va revenir et recroiser la route de trois de ses anciens amis, comme au temps où il était le maître de leurs jeux de rôles, Sigurd, du nom de cette maudite plateforme.

  • Depuis l'enfance, une question torture le narrateur :
    - Qu'as-tu fait sous l'occupation ?
    Mais il n'a jamais osé la poser à son père.
    Parce qu'il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu'au jour où le grand-père de l'enfant s'est emporté : «Ton père portait l'uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud ! ».
    En mai 1987, alors que s'ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d'un « collabo », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
    Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d'un « Lacombe Lucien » mais il se retrouve face à l'épopée d'un Zelig. L'aventure rocambolesque d'un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
    En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
    Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
    Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
    Ce n'est pas un procès qui vient de s'ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s'expliquer sur ses mensonges.
    Ce roman raconte ces guerres en parallèle.
    L'une rapportée par le journaliste, l'autre débusquée par l'enfant de salaud.

  • « Mes parents, j'avais l'impression de les connai^tre comme si je les avais faits. Cette jeune femme tre`s Nouvelle Vague, cinquante de tour de taille, des dents blanches et bien aligne´es, grande douceur un peu triste, c'e´tait ma maman. L'autre, si grand que la plupart du temps je ne savais pas trop a` quoi il ressemblait la`-haut, une voix qui descendait d'entre les nuages, c'e´tait le professeur. Mon papa. » Dans cette petite famille se joue l'e´ternelle aventure de l'enfance. Il y a les combats acharne´s contre les copains cow-boys, les stratage`mes habiles pour trouver sa place dans la cour de re´cre´, les questionnements existentiels et la fascination pour les femmes si inde´chiffrables. Et pendant ce temps, d'autres luttent pour la liberte´, tuent des pre´sidents, marchent sur la lune, me`nent une guerre froide...
    Des souvenirs vagues de la maternelle aux e´lans de l'adolescence, Luc Chomarat nous invite a` rede´couvrir un monde empli de myste`res et peuple´ d'amis imaginaires. De sa plume impertinente et pleine d'esprit, il propose de cheminer a` hauteur d'enfant sur la route faite de re^ves et de de´fis qui me`ne a` l'âge adulte.

  • Antoine Galland se retrouve un jour dans un hall d'aéroport, en partance pour un club de vacances en Égypte. Madeleine, sa femme, l'a quitté et, pour les vacances, lui a confié leurs deux petites filles. Antoine a bien besoin de vacances. Il reste éprouvé par son divorce, mais aussi par l'agitation de ces derniers mois, où lui, l'homme discret, maladroit, féru de littérature arabe, s'est retrouvé, bien malgré lui, embrigadé dans une grande opération de communication du jeune Président de la République, Célestin Commode, qui, cherchant la synthèse parfaite pour réconcilier villes et banlieues, jeunes et vieux, modernes et réactionnaires, en même temps qu'une astuce pour relancer la diplomatie arabe de la France, a décidé de remettre au goût du jour Antoine Galland, l'illustre homonyme de notre héros, et traducteur des célèbres Mille et une nuits. Mais notre Antoine, dans ce club de vacances, se retrouve pris dans un jeu mystérieux qui consiste à identifier, cachée parmi les vacanciers, la femme parfaite : Badroulboudour.

    Fable faussement naïve sur ce que nous gardons du passé, ce que nous lui imposons aussi - roman drôle, malicieux et magique, Badroulboudour est aussi un éloge lucide d'Antoine Galland (1646-1715), parti de la Somme vers le monde arabe, revenu ensuite l'esprit et le coeur plein de contes merveilleux. Un homme qui aura fait cette chose extraordinaire et altruiste, de chercher à comprendre l'autre.



    Jean-Baptiste de Froment est né en 1977. Son premier roman, État de nature, a été salué par la presse comme une fable brillante sur la comédie du pouvoir.

  • Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s'aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1989 dans le jardin de sa mère et elle y reconnaît la sienne, cette femme mystérieuse qui ne parle jamais de son passé. Ils vont chercher à comprendre le mystère de cette présence et les secrets enfouis de leurs parents...

    Leonardo Padura nous parle de Cuba et de sa génération, celle qui a été malmenée par l'histoire jusqu'à sa dispersion dans l'exil : « Poussière dans le vent. » Nous suivons le Clan, un groupe d'amis soudés depuis la fin du lycée et sur lequel vont passer les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba. Des grandes espérances des nouveaux diplômés devenus médecins, ingénieurs, jusqu'aux pénuries de la « période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique (où le salaire d'une chercheuse représente le prix en dollars d'une course en taxi) et la fuite dans l'exil à travers le monde.

    Des personnages magnifiques, subtils, nuancés et attachants, soumis au suspense permanent qu'est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des mensonges. Ils vont survivre à l'exil, à Miami, Barcelone, New York, Madrid, Porto Rico, Buenos Aires. Ils vont prendre de nouveaux départs, témoigner de la force de la vie.

    Leonardo Padura écrit un roman universel. Il utilise la forme classique du roman choral mais la sublime par son inventivité et son sens aigu du suspense, qui nous tient en haleine jusqu'au dernier chapitre.

    Ce très grand roman, qui place son auteur au rang des plus grands romanciers actuels, est une affirmation de la force de l'amitié et des liens solides et invisibles de l'amour.

  • Est-ce la vie qui cre´e le hasard, ou l'inverse ?

    Parce que son voisin, comme le fruit d'un arbre, est tombe´ raide mort a` l'arre^t Popincourt, Pierre se retrouve a` errer sur la ligne du bus 69. « Fanto^me urbain », comme il se de´finit lui-me^me, c'est un type plus tre`s jeune et pas encore tre`s vieux qui cherche des re´ponses dans de grands verres de lait glace´.

    De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberte´ guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise pour une ce´le`bre actrice sur le retour, appeler sa lle Trieste et se rappeler Venise... tout fait aventure quand on regarde bien et qu'on ne regrette rien.

    Ne pas faire grand-chose : voila` l'extraordinaire.

  • Nous sommes en France, à la fin des années 1990. Dans une ville de banlieue pavillonnaire, une adolescente regarde passer les trains qui filent vers la capitale. Elle a des projets plein la tête : partir, devenir hôtesse de l'air ou avocate et surtout, plus urgent, s'acheter des vêtements de marque. Mais comment faire quand on n'a pas assez d'argent de poche et que la vie dont on rêvait se révèle être un champ de cactus??
    Pour le moment, sa famille vacille et ses repères sont chamboulés. En très peu de temps, sans renoncer à ses désirs, elle devra tout apprendre : comment classer ses pensées, tenir tête à ses copines, assumer des responsabilités trop grandes pour elle et vivre ses premières expériences sexuelles.
    Si l'adolescence est une ligne de crête menant à l'âge adulte, l'attachante héroïne de Grande Couronne s'y tient en équilibriste, oscillant entre le trivial et le terrible. Mais elle a une arme : une vision au laser grâce à laquelle elle dresse un tableau de son époque et de ses émotions aussi drolatique qu'impitoyable.

  • Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l'océan. Ils s'y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage. A bord d'un cargo de marchandises qui traverse l'Atlantique, l'équipage décide un jour, d'un commun accord, de s'offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage.
    Le bateau n'est-il pas en train de prendre son indépendance ? Ultramarins sacre l'irruption du mystère dans la routine et l'ivresse de la dérive.

  • les bêtises de Kaki Nouv.

    Poussez la porte de l'Hôtel étrange : venez découvrir Kaki et sa joyeuse équipe !

    À l'Hôtel Étrange, Marietta, Monsieur Léclair, Célestin et Monsieur Snarf profitent d'une journée de fermeture pour faire la poussière, un peu de rangement ou de bricolage. Flemmard comme pas deux, Kaki est le seul à se défiler - jusqu'à ce que Marietta le menace de la pire des punitions s'il ne s'active pas un peu : elle mettra sous clé toutes les réserves de sucreries ! Qu'à cela ne tienne, Kaki décide de partir à la recherche du poisson-tonnerre, animal fabuleux supposé détenir dans son ventre le plus précieux des trésors : la clé de tous les mystères. Avec une telle clé, aucune serrure de placard ne lui résistera...

  • Bienvenue à Carsonville : ses brasseries, ses montagnes, son lac, son tournoi de tennis annuel. Dans cet écrin que personne n'imaginerait quitter, les ambitieux font la course à la réussite et aux faux-semblants.

    Jeff Cannon n'est pas de cette écurie gagnante. Ancienne gloire du hockey reconvertie en plombier dilettante, il semble s'intéresser plus à la vie de ses copains qu'à la sienne. Pour oublier la femme qu'il aime, il dessine, de son balcon, le tableau parfait de sa ville, jusqu'au plus infime détail. Nuisible parmi les prédateurs, et bientôt remercié par ses patrons, Jeff compte les trains qu'il n'a pas osé prendre. Mais il se pourrait que cet animal sans pedigree, qui s'est toujours défié des voies rectilignes, se décide à trouver un second souffle.

    Dans la lignée de Sous le compost et de La Science de l'esquive, Nicolas Maleski restitue le monde et ses contemporains, sous l'oeil, tantôt caustique, tantôt tendre, de son héros à contre-emploi, qui n'aspire qu'à desserrer le collier de sa laisse. Étonnante comédie humaine ancrée dans un paysage à mi-chemin entre le Grand Ouest américain et la douceur helvète. C'est noir, drôle et impeccablement lucide.

  • Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
    Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s'est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d'autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée - mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
    Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au coeur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d'extorsion et de chantage, il parvient à s'enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu'à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l'affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire.
    Lorsqu'il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l'occasion de se venger de ses anciens complices... Et peut-être de soulager sa conscience ?

  • En 1929, Friedrich Murnau, l'un des plus grands cinéastes au monde, abandonne le confort d'Hollywood pour rallier, à bord d'un petit voilier, les Marquises d'abord puis Tahiti et Bora-Bora. C'est là qu'il réalise Tabou, « le plus beau film du plus grand auteur de films », selon Éric Rohmer.

    Mais ce chef-d'oeuvre incomparable est maudit. Son tournage sera marqué par les drames et les catastrophes. Et Murnau, comme basculant dans son propre film, mourra tragiquement une semaine avant la première du long-métrage.

    Murnau des ténèbres est le roman vrai de cette expédition fascinante. Dans un style à la beauté envoûtante, Nicolas Chemla conjugue le récit d'aventures, le conte fantastique et la méditation philosophique. À la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction, il signe un texte à rebours de toutes les modes et renoue avec le souffle des grands écrivains-voyageurs comme Joseph Conrad, Herman Melville ou Pierre Loti.

    Rentrée littéraire 2021 ;

  • furies

    Julie Ruocco

    Les destins d'une jeune archéologue, dévoyée en trafiquante d'antiquités, et d'un pompier syrien, devenu fossoyeur, se heurtent à l'expérience de la guerre. Entre ce qu'elle déterre et ce qu'il ensevelit, il y a l'histoire d'un peuple qui se lève et qui a cru dans sa révolution. Variation contemporaine des "Oresties", un premier roman au verbe poétique et puissant, qui aborde avec intelligence les désenchantements de l'histoire et "le courage des renaissances". Un hommage salutaire aux femmes qui ont fait les révolutions arabes.

  • la grande vallée

    Edouard Bureau

    Quelque part dans les Alpes, la Grande Vallée bat au rythme des saisons. Dans les mois chauds de transhumance, accompagnant leurs bêtes sur les flancs de la montagne, les bergers savourent leurs joies pastorales au milieu de la nature intacte. Le tour d'horizon est somptueux, entre les neiges éternelles qui éblouissent le regard et le vert qui, plus bas, inonde les vallons.

    Mais l'arrivée du Grand Batave trouble les coeurs : avec cet homme venu du Nord, c'est le village des Cent-Maisons qui s'industrialise, c'est la nature qu'on transforme. Tous ces bouleversements annoncent-ils vraiment, comme le croit Arno, le petit berger qu'on appelle le Merle, la mort des étoiles et la fin des chansons ?

    Alors, il lui faudra lutter, même seul, même contre tous ses amis, même contre ses propres peurs, pour sauver l'âme de ce lieu, pour encore fredonner les mélodies anciennes et pour aimer plus fort la belle Jelena, la tisserande que sa machine a dévorée. S'ensuivront une fuite dans les sommets enneigés, une traque acharnée et surtout l'espérance qu'existe ailleurs un monde meilleur.

    La Grande Vallée est un roman initiatique, une fable enracinée, une course folle pour la liberté, un cri d'amour à la nature et surtout, un appel à la vie intérieure.

    Rentrée littéraire 2021.

  • Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l'exercice s'est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D'autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu'à ce que des problèmes de genoux ne l'obligent à la sédentarité.
    Qu'à cela ne tienne, c'est certainement juste une passade.
    Sauf que contre toute attente, Remington s'accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l'entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?

  • au bord de la nuit Nouv.

    au bord de la nuit

    Friedo Lampe

    • Belfond
    • 2 Septembre 2021

    La vie d'un quartier de Brême, celui du port, entre le crépuscule et la nuit.
    Un faisceau d'existences parallèles ou enlacées, entre lesquelles, douceâtre, étouffante comme la mort, la nuit monte par bouffées : des gamins observent rats et cygnes sur une berge ; deux compères, Antoine et Oscar, rejoignent l'Adélaïde pour une croisière direction Rotterdam ; Madame Jacobi prend quotidiennement des nouvelles de Monsieur Mahler, un voisin mourant ; Monsieur Hennicke, le professeur de géographie fait la lecture à ses deux fils sous les grandes feuilles du jardin public ; Addi, un petit garçon somnambule, donne le premier numéro d'un show à l'Astoria, un bar animé de la ville ; le gardien du parc, obsédé par l'invasion agressive des rongeurs en plein coeur de ville, décide d'envoyer une missive à l'autorité municipale.
    Une succession de tableaux intimistes, des instants de vie brefs et attendrissants, des destins qui se croisent, se défont, se mêlent encore, en plein coeur d'une ville qui s'endort, enveloppée par les ténèbres.

    Extraits :
    Là-bas, à l'extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d'une main légère, diminuait alors la flamme. Il avait un livre ouvert devant lui et lisait à haute voix. La tête dans les mains, ses deux fils, collégiens de première année, blonds et dégingandés, aux visages moites et boutonneux, buvaient ses paroles. Leurs regards étaient fixes, perdus dans l'obscurité du jardin ou en une contrée plus lointaine encore.

    Et non loin de là - quelques jardins et rangées de maisons tout au plus - monsieur Berg jouait de la flûte devant sa fenêtre ouverte. Ses doigts pâles et osseux se levaient et s'abaissaient sur les trous de l'instrument, sa tête s'inclinait un peu sur le côté et ses yeux gris et doux suivaient l'envol des sons. C'était une cadence régulière, un chant qui s'élevait calmement, descendait calmement, empreint de sérénité, pas vraiment gai, pas vraiment triste, et pourtant toujours un peu plaintif... clair, résolu, aux lignes nettes. Il s'élançait dans la nuit avec une tranquille assurance, s'éparpillait, s'effaçait dans l'air calme.

  • basculer

    Florian Forestier

    • Belfond
    • 19 Août 2021

    Depuis le fond d'une crevasse dans le massif des Ecrins, un haut fonctionnaire convoque sa mémoire fracturée. Une plongée hypnotique dans les arcanes de l'Etat, par un fin observateur de notre époque.
    " Je ne peux pas m'arracher à l'impression que c'est enfin arrivé. Je suis de l'autre côté du temps. " Depuis le fond d'une crevasse dans le massif des Ecrins, un haut fonctionnaire convoque sa mémoire fracturée. Alors que le monde ferme ses frontières, qu'un ministre remplace l'autre, une association menée par un mathématicien superstar tente d'alerter sur les risques d'un effondrement. Une plongée hypnotique dans les arcanes de l'Etat, par un fin observateur de notre époque.

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