Campagne Premiere

  • La plus grande partie des études psychanalytiques sur la question de l'argent oscille entre deux assertions de Freud: « Le névrosé pauvre ne peut que très difficilement se débarrasser de sa névrose [...]. Le bénéfice secondaire qu'il en tire est très considérable. » (« Le début du traitement », 1913) et « Nous nous sommes habitués à ramener l'intérêt qu'inspire l'argent, dans la mesure où il est de nature libidinale et non de natu 978-2-37-206036-3re rationnelle, au plaisir excrémentiel, et à réclamer de l'homme normal qu'il garde ses rapports à l'argent entièrement libres d'influences libidinales et qu'il règle suivant les exigences de la réalité. » (« L'Homme aux loups », 1914). D'une part, l'argent est un des moyens de la cure, un des éléments de son cadre. Il représente alors le prix à payer pour l'accession du sujet à son désir... D'autre part, les rapports de chacun à l'argent trouvent leur source dans la petite enfance quand, au stade anal, les fèces sont le cadeau offert à la mère. Ici, il s'agit de refouler et de sublimer le plaisir anal afin que l'argent retrouve sa nature rationnelle. Dans cette perspective, l'économie et ses mécanismes, comme la question de la monnaie et de sa valeur sont absentes ; mais le psychanalyste ne trouve pas non plus dans l'homo oeconomicus le sujet de désir qu'il rencontre. Au cours de ces journées pluridisciplinaires ont été croisé les approches monétaires et économiques de l'argent avec son usage dans la cure et sa place au sein de l'économie inconsciente.

  • Gaetano benedetti, né en 1920, psychiatre et psychanalyste italien de réputation internationale est à l'origine d'une révision considérable de l'usage courant de la technique analytique.
    Rêves, images, éprouvés corporels, idées, sentiments, constituent des matériaux de contre-transfert utilisables pour entrer en contact avec le patient et transformer son vécu psychotique. ces transformations se manifestent aux moments de progrès sur un mode transitionnel (rêves gémellaires avec le patient, épisodes de dépersonnalisation du thérapeute, images transformantes), non au niveau de l'objet, mais à celui du sujet en quête d'identifications et de symboles.
    Ce livre, issu des actes d'un colloque organisé par l'association culturelle de saumery et la société de psychanalyse freudienne, représente une excellente initiation au travail, injustement méconnu en france, de cette figure marquante de la psychanalyse et de la psychiatrie mondiales.

  • Cet ouvrage collectif a pour enjeu de faire le point sur certains aspects familiers de la folie. Le qualificatif d'ordinaire appliqué à la folie peut sembler paradoxal.
    L'antinomie n'est pourtant qu'apparente dans la mesure où la folie est aussi partie prenante de la vie quotidienne. Certes la folie est déroutante mais elle n'en est pas moins familière.
    La folie ordinaire est d'abord appréhendée dans son rapport au temps et à la temporalité. Elle peut ne durer qu'un temps : véritable période de production délirante, ou période blanche d'adaptation sociale, ou période de crise faisant basculer le sujet dans le délire manifeste Il est aussi question du rapport que la folie ordinaire entretient avec l'autre : le délirant n'est délirant que dans le regard de cet autre La folie reste en effet ordinaire tant que l'autre ou le corps social en général n'a pas pris acte de ce qui se déploie d'une folie.
    La folie ordinaire peut encore être considérée en regard de son rapport à une supposée normalité, sous un angle privé ou public.

  • Issu d'un colloque européen francophone organisé sur ce thème par l'Association psychanalyse et psychothérapies (APEP), sous la direction de Martin Reca.
    La réalité psychique est la découverte freudienne la plus importante et l'objet d'étude et de travail de tous les psychanalystes, quelle que soit leur préférence théorique. La croyance en l'efficacité de la réalité psychique est la marque distinctive et identitaire du psychanalyste dans l'écoute de son patient. Souvent confondue avec l'expérience subjective en général, elle a cependant pour Freud, un statut bien particulier comme instance et modalité de fonctionnement psychique qui, ne devant plus rien à la réalité matérielle, en conserve tout son poids. Car, occupant l'esprit du sujet et le poussant à agir comme à rêver, elle se pense ou s'observe sur le mode de l'accompli. Ce n'est pas l'objet lui-même qui serait réel mais sa qualité inconsciente.
    L'oeuvre freudienne est complexe et vivante non seulement dans son extension, mais aussi dans les multiples lectures et interprétations qu'elle permet. Cependant, son legs doctrinal essentiel et incontestable est la notion de réalité psychique, cette scène inconsciente qui régit la vie des humains. Ainsi, la notion de réalité psychique est-elle le point commun de toutes les formes de thérapies qui découlent de l'enseignement freudien. Depuis les cures-type pratiquées par les psychanalystes jusqu'aux thérapies « expressives » d'orientation psychanalytiques pratiquées par des thérapeutes, psychiatres, soignants en santé mentale, la prise en compte de la réalité psychique est l'élément recherché pour comprendre les résistances et pour chercher les transformations. Car que l'on soit confronté à la communication délirante ostensiblement floride d'un patient visiblement perturbé par une pathologie psychotique, que l'on soit dépositaire d'un récit hautement ému et émouvant d'un patient anxieux, que l'on soit sensible à la description fantastique ou hypochondriaque d'un autre patient fragilisé par une forme de névrose, que l'on observe les expressions tâtonnantes d'un nourrisson, que l'on se surprenne encore à mesurer la force des croyances subjectives d'un patient psychiquement bien portant, ou encore que l'occasion nous ait été donnée, au cabinet ou à l'hôpital (ou en dehors !), de suivre dans le temps le façonnage inexorable des destins de vie difficilement partageables par la raison, dans tous les cas, la réalité psychique nous montre sa permanence intarissable et sa force agissante. Là où se croisent l'universalité atemporelle de l'humain et le drame, on ne peut plus singulier de chaque existence.

  • "Les avancées de la médecine et des neurosciences ouvrent des perspectives de
    progrès mais, dans le même mouvement, elles favorisent l'idéologie scientiste,
    qui néglige le désarroi psychique du sujet. De nos jours, l'impératif de
    l'efficacité, du mesurable et de la suppression des symptômes devient de plus
    en plus incompatible avec le temps nécessaire à l'écoute et tout ce qui ce joue
    - dont le transfert - dans la relation avec le patient. Le sujet qui souffre
    risque de disparaître derrière la technique, sa parole est confisquée; plus que
    jamais la maladie prend la place du malade (et la souffrance se mesure aux
    degrés de douleur). Les symptômes se réduisent à une liste de signes cliniques
    répertoriés, renvoyant à des prescriptions pharmaceutiques. Des médecins, des
    psychiatres et des psychanalystes s'insurgent contre cette « appropriation de
    l'humain » par les lois du marché et la politique des laboratoires. Au-delà de
    la différence de leurs pratiques, ils sont amenés à repenser les sources et la
    possibilité d'une éthique commune."

  • Freud avait-il peur du féminin ? Il y a incontestablement un rejet du féminin chez lui, qu'il traite de « continent noir ». Pourtant, si l'on accepte l'hypothèse de la bisexualité psychique dans la sexualité humaine, quelle est la part effective du féminin dans les deux sexes ?
    D'éminents psychanalystes s'interrogent sur ses problèmes et nous permettent de mieux comprendre les enjeux que le féminin révèle pour la psychanalyse, tant théoriques que cliniques.

  • Peu de personnages tragiques auront autant fasciné qu'Antigone, par le combat inexorable qu'elle mène contre l'arbitraire de la loi.
    Figure emblématique du « détournement catégorique » selon Hölderlin; héroïne qui réconcilie l'universel de la loi et le particulier de la famille, pour Hegel ; incarnation du désir pur selon Lacan, Antigone se prête aussi bien pour ce dernier à représenter le drame de tout sujet face à l'énigme de son désir.
    Quelle meilleure occasion pour interroger le mythe que de revenir à ses origines, grâce à la traduction nouvelle qu'en ont proposé Jean et Mayotte Bollack en vue de sa représentation théâtrale dans une mise en scène de Marcel Bozonnet ?

  • De faire connaître et de partager la très longue expérience de psychanalystes au travail avec des personnes présentant différentes formes d'autisme. Les auteurs, tous psychanalystes (et dont certains comme Geneviève Haag et Chantal Lheureux ont acquis une forte notoriété sur le sujet), travaillent avec des autistes depuis très longtemps (certains depuis plusieurs dizaines d'années).
    Faire connaître leur expérience est a polémique qui entoure la prise en charge des autistes, exerçant une sorte de brouillage pour la pensée et révélant une grande méconnaissance des pratiques et des recherches actuelles. Partager cette expérience discussion, au débat dans un domaine où rien n'est encore bien assuré et où nul ne peut raisonnablement faire état de certitudes définitives.

  • Il appartient à la psychanalyse non pas de décrire ce qu'est la femme, mais de rechercher comment l'enfant à tendances bisexuelles devient une femme.
    Ainsi, dans une perspective freudienne, la question du féminin est-elle posée. Des psychanalystes, des historiens et des écrivains se sont rassemblés pour apporter quelques réponses, en évitant le piège du mystère de la féminité qui donne un statut d'énigme indéchiffrable à la femme. Désir féminin et bisexualité psychique, arrachement au maternel et transmission, écriture et pensée de la création, histoire de la sexualité féminine, misogynie, mystique et séduction, sont les thèmes abordés avec clarté et pertinence.
    Ce livre apporte des éléments indispensables pour comprendre ce que met en jeu l'invention du féminin.

  • Ce livre est issu d'une journée Gisela Pankow organisée, le 30 novembre 2003, à Paris, par la Société de psychanalyse freudienne (SPF) et l'Association internationale des amis de Gisela Pankow (AIAGP).
    Cet ouvrage, abordant sa biographie, ses apports théoriques et cliniques et sa bibliographie, représente une excellente initiation à son oeuvre.

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