Editions Materiologiques

  • Cet ouvrage est un choix de textes sur l'histoire de la biogéographie historique et sur ses développements récents, découlant d'une part des progrès apportés à la systématique par la méthode phylogénétique de Willi Hennig, d'autre part des vues controversées de Léon Croizat sur la «?panbiogéographie?». Il comprend sept articles de Gareth Nelson, Norman Platnick, Colin Patterson et Robin Craw, qui comptent parmi les meilleurs théoriciens de la discipline.
    La biogéographie, de Linné à de Candolle et à Darwin jusqu'aux auteurs les plus modernes?; les périls de la plésiomorphie et des taxa largement répandus?; le modèle de la vicariance?; les buts et méthodes actuelles de la discipline?; le problème du rôle des fossiles?; la panbiogéographie et enfin l'avenir possible de la biogéographie historique sont successivement traités. Une bibliographie de près de 200 références offre au lecteur l'accès aux monographies et ouvrages fondamentaux d'une branche entièrement renouvelée de la biologie comparée.

  • Les essais précoces sont les tests de première administration d'une molécule chez l'être humain. En cancérologie, les essais précoces modernes sont «?ciblés?»?: identi?ées comme candidates crédibles par des techniques bio-informatiques, les molécules à l'essai visent des cibles protéiques anormales caractéristiques de tel type moléculaire de tumeur. L'imagerie fonctionnelle permet d'observer si elles atteignent leur cible, si la tumeur diminue. Les essais précoces ciblés sont au coeur de la médecine «?personnalisée?», c'est-à-dire des nouvelles stratégies de traitement sur mesure selon le profil moléculaire de la tumeur d'un individu donné.

    Les essais précoces sont une voie d'accès à l'innovation thérapeutique pour les malades et une option de la prise en charge médicale qui peut être proposée bien avant les situations d'impasse thérapeutique avec les traitements classiques.

    En cela, ils posent une multitude de questions nouvelles qui interrogent bien au-delà des essais en cancérologie. Comment allouer les places de manière juste?? Faut-il repenser la distinction fondatrice entre soins et recherche, centrale pour l'éthique et pour la réglementation?? Avec quelles conséquences sur la pratique clinique??

    L'ouvrage, rédigé à l'issue d'un colloque au Collège de France par les spécialistes les plus en pointe sur ces questions - cancérologues, biologistes, philosophes, sociologues et juristes - apporte d'abord une clarification des notions en jeu?: essais précoces, médecine «?personnalisée?», thérapeutiques «?ciblées?». Les questions de justice que soulèvent ces essais sont ensuite exposées et discutées de manière particulièrement claire. Pour nourrir un débat que le?progrès des techniques rend chaque jour plus urgent.

  • Le bayésianisme connaît un succès croissant dans des domaines du savoir toujours plus nombreux. Le présent ouvrage vise d'abord à présenter l'état actuel du bayésianisme dans ses différentes dimensions, de la logique et la philosophie des probabilités jusqu'à la pratique des sciences empiriques, en passant par la théorie statistique. Il prétend également interroger l'unité des approches bayésiennes, entre les disciplines et dans le temps. Enfin, il aborde la question de savoir quelle est la portée de ces approches et comment il convient d'interpréter leur succès. Faut-il, en particulier, considérer que la fécondité d'un modèle bayésien signifie que ce dont il est un modèle est bayésien (en un sens qui resterait à préciser)??

    L'ouvrage se veut abordable par un lectorat certes motivé, mais pas nécessairement spécialiste. L'exposé est pluridisciplinaire et tous les auteurs sont familiers ou acteurs, en leur domaine, des développements les plus contemporains du bayésianisme. Il s'agit de faire comprendre l'intérêt des approches bayésiennes, parfois en les comparant aux méthodes plus classiques avec lesquelles elles viennent rivaliser, et en explorant un éventail de projets et de disciplines qui soit aussi large que possible. Un tel projet éditorial est inédit en français.

  • Les rencontres « Physique et interrogations fondamentales » (PIF) sont l'occasion pour des scientifiques de formations très différentes, de confronter leurs points de vue sur un thème lié aux grandes questions de la science contemporaine. Elles se situent à un niveau permettant à un public cultivé mais non spécialisé de suivre les exposés. Elles se tiennent tous les deux ans dans le grand amphithéâtre du site François Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France qui les coorganise avec la Société française de physique. La onzième édition de PIF a été consacrée à une mise au point sur les modèles et les simulations, omniprésents dans la pratique des sciences et techniques contemporaines comme le démontre l'éventail des contributions ici rassemblées. Alors qu'idéalement la méthode scientifique confronte théories et expériences qui s'adressent directement à l'objet étudié, les modèles complètent souvent une théorie inachevée, voire remplacent une théorie inexistante et décrivent tout ce qui est considéré comme bien connu dans un dispositif expérimental donné, pour ne laisser indéterminé que ce qui se rapporte à la question posée.

    La question de la part de réalité que ces modèles englobent est donc fondamentale. La simulation, qui est la méthode de choix pour résoudre des modèles trop complexes pour se prêter à un calcul exact, constitue, d'une certaine façon, une modélisation au second degré dont l'adéquation doit elle aussi être soigneusement mise à l'épreuve.

  • La science et la philosophie, autrefois indissociables, se sont progressivement éloignées au cours du XXe siècle. Pourtant, nombreuses sont les questions scientifiques issues de la réflexion philosophique. De plus, la signification profonde des résultats obtenus par l'intermédiaire des théories scientifiques demande souvent un éclairage philosophique pour être clarifiée. Le dialogue entre scientifiques et philosophes doit donc être restauré pour le bénéfice de la connaissance au sens le plus large du terme. C'est l'objectif de cet ouvrage qui présente les riches débats entre physiciens et philosophes qui se sont tenus à l'Institut sous l'égide de l'Académie des sciences morales et politiques et du Collège de physique et de philosophie.Quelles nuances faut-il apporter au réalisme pour lui permettre de survivre? ? Existe-t-il des interactions se propageant plus vite que la lumière? ? La nature est-elle essentiellement indéterministe? ? Tels sont quelques-uns des thèmes abordés, liés aux débats - renouvelés par l'analyse des fondements de la mécanique quantique - relatifs à la notion d'un réel existant « en soi ».

  • «?Qu'est-ce que la science... pour vous???».

    Telle est la question posée ici à des scientifiques, des philosophes, des historiens des sciences, des médiateurs et amateurs de sciences.

    Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté?? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques?? C'est pourquoi les 50 auteurs de ce tome 1 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.

    Les réponses sont brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.

  • Depuis la célèbre fiction forgée par Laplace en 1814 dans ses Essai philosophique sur les probabilités - dite du démon de Laplace, abondamment commentée dans ce Matière première -, qui voit une intelligence infinie calculer selon certaines lois tous les états du monde, le déterminisme est un cadre central de la connaissance scientifique. Pourtant, de nombreux débats parcourent cette idée. Existe-t-il un seul paradigme déterministe, dont les modifications seraient en fait des variantes, ou faut-il pluraliser les déterminismes selon les sciences (biologiques, historiques et sociales, etc.) et les positionnements philosophiques ? Face aux limites des modèles déterministes et du cadre laplacien, qu'il s'agisse de mécanique classique, de mécanique quantique, de biologie, des sciences humaines ou de philosophie, doit-on accepter l'écart entre l'horizon de notre connaissance et sa mise en pratique, éventuellement en nuançant l'idéal laplacien, ou faut-il au contraire tenter de dépasser tout paradigme déterministe ? Tombe-t-on alors nécessairement dans l'indéterminisme ontologique, comme on l'a souvent affirmé précipitamment ? Enfin, philosophiquement, quelles sont les implications d'un déterminisme conséquent, en particulier sur le plan moral ?
    Ce numéro de Matière première aborde d'une manière multiple et interdisciplinaire ces questions. Il articule des enjeux scientifiques, épistémologiques et philosophiques autour de la tension entre le déterminisme, ses critiques et l'indéterminisme. Epistémologues, historiens des sciences (naturelles et humaines), scientifiques et philosophes font le point sur les approches classiques et proposent de nouvelles perspectives.

  • Conçu dans une perspective historique longue, le développement de la médecine semble marqué par la coexistence en son sein d'une urgence à laquelle il faut répondre et d'un manque auquel il faut remédier. Cette urgence, c'est celle du soin à prodiguer à celui qui souffre, ici et maintenant, pour que justement cette souffrance cesse. Ce manque, c'est celui d'une connaissance objective qui permettrait de comprendre les mécanismes des maladies afin d'y mettre un terme, de soigner les souffrances qu'elles occasionnent en connaissance de cause. Or, c'est bien la reconnaissance conjointe de cette urgence et de ce manque qui peuvent expliquer pourquoi les espoirs, tantôt mesurés, tantôt immenses, mis en la médecine ont si souvent été déçus : si « le salut du malade passe par la science » (per scientiam ad salutem ægroti) et que la science fait défaut, quel salut pour le malade ? D'où l'injonction faite à l'art médical, tout au long de son histoire, de se fonder sur une connaissance du normal et du pathologique ou, encore plus radicalement, celle faite à la médecine de devenir scientifique. Ainsi seulement, pensait-on et pense-t-on encore aujourd'hui, pourrait-on garantir avec certitude tout à la fois l'exactitude du diagnostic, la fiabilité du pronostic et l'efficacité de la thérapeutique, idéal méthodologique admirablement capturé par une maxime positiviste fameuse : « science d'où prévoyance, prévoyance d'où action ». C'est l'écart entre cet idéal - ou ce rêve - méthodologique et le développement historique effectif de la médecine que les articles réunis dans ce volume contribuent à éclairer.

  • En entendant les termes « ?réseaux sociaux? », vous penserez probablement à Facebook ou Twitter. Dans ce livre, ce terme est évidemment à comprendre autrement. Les animaux interagissent et communiquent notamment au sujet de la nourriture et de la reproduction. Dans un milieu écologique donné, les espèces tissent des liens de compétition, d'exclusion, de prédation, de coopération. La façon dont les espèces et les individus interagissent influence le réseau qu'ils forment, réseau plus ou moins dense, centralisé ou modulaire. L'analyse de tels réseaux sociaux est un puissant outil mobilisé en éthologie et en écologie pour étudier la structure des sociétés à toute échelle, de l'individu à la population, entre individus de la même espèce ou d'espèces différentes, entre écosystèmes. Différentes interactions, intragroupes, intergroupes ou même interespèces (entre proies et prédateurs, par exemple) peuvent être analysées avec les mêmes méthodes. Cette généralité d'application signifie que nous pouvons étudier comment le comportement d'un individu ou d'une espèce influence le réseau, mais que nous pouvons également déterminer l'influence du réseau et de ses propriétés sur la survie et la reproduction des individus constituant un groupe ou une population. Ce type de boucle de rétroaction est essentiel dans la compréhension de l'émergence et de la stabilité des systèmes sociaux et écologiques. Cependant, la combinatoire qui résulte de ces interactions peut alors devenir considérable, et de fait, inextricable sans les outils adéquats (informatique, simulation numérique, modélisation, théorie des graphes, étude des systèmes complexes, etc.) que ce livre expose. Outre la présentation des enjeux scientifiques et appliqués de ces méthodes et démarches, on y lit la vitalité des interactions et convergences disciplinaires entre écologues, éthologues, généticiens des populations, informaticiens, mathématiciens...

  • Il y a trente-cinq ans paraissait en France l'importante synthèse dirigée par Pierre Delattre et Michel Thellier : Elaboration et justification des modèles. Depuis cette date, que de chemins parcourus ! La simulation a pris un poids considérable. Sa pratique n'est plus seulement numérique. L'approche objets, la simulation à base d'agents, la simulation sur grille, le calcul parallèle se sont développés.
    La diversité des pratiques s'est donc considérablement accrue, essentiellement à la faveur de l'enrichissement des possibilités offertes par la computation. Si cette augmentation de la diversité a pu apparaître comme occasionnant un morcellement des pratiques de modélisation, on ne peut oublier qu'elle a été accompagnée d'une tendance inverse : l'intégration de différents types de sous-modèles dans des systèmes uniques de simulation.
    Reste que la puissance calculatoire des ordinateurs, la diversité des modes de simulation, l'amplification du phénomène " boîte noire " impliquée par ces deux facteurs, ont pu concourir à un effet de " sidération " devant l'effectivité de ces expériences in silico. Une forme de " scepticisme computationnel " doit alors être à l'oeuvre pour s'en prémunir. Il fallait tâcher de rendre compte de ces mouvements riches et en partie contradictoires.
    Il fallait tâcher d'en proposer des analyses épistémologiques en profitant des progrès de la philosophie des sciences sur la notion de modèle, fruits d'inflexions importantes qui ont également eu lieu dans cette discipline au cours des dernières décennies depuis l'analyse des théories scientifiques vers l'examen des modèles. Les 23 chapitres du tome 2 de Modéliser & simuler entendent compléter le vaste état des lieux commencé dans le tome 1 en mettant en valeur des disciplines et des approches qui n'y étaient pas représentées, par exemple la modélisation matérielle en physique, la modélisation formelle et la simulation en chimie théorique et computationnelle, en architecture ou encore en ingénierie et dans les sciences de la conception.

  • Épistémologie française, cela peut signifier deux choses. C'est d'une part une entité géographique (l'ensemble des épistémologues de langue et de culture française), d'autre part le nom d'une forme de pensée spécifique, qui affirme la solidarité de problèmes (allant de la théorie des fondements de la connaissance à la philosophie des sciences) que d'autres traditions tendent à dissocier.
    Les études rassemblées ici ont un double objectif. Le premier est d'identifier les écoles de pensée et les institutions. L'attitude adoptée par des penseurs français tels que Pierre Duhem, Henri Poincaré, Louis Rougier relativement au positivisme est étudiée, mais aussi l'influence d'auteurs tels que ce même Duhem et Emile Meyerson sur la philosophie américaine des sciences (Quine, Kuhn). Sont aussi examinés les auteurs qui ont établi un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences, et les institutions qui ont favorisé ce dialogue.
    Le second objectif a trait aux grandes figures de la philosophie des sciences en France. On examine d'abord les auteurs qui ont présenté des vues générales sur la science, avant et après l'apparition du mot « ?épistémologie » : Auguste Comte, Antoine-Augustin Cournot, Claude Bernard, Gaston Bachelard. Puis sont considérées les contributions à la philosophie des sciences spéciales? : logique et mathématiques (Jacques Herbrand, Jean Nicod, Jean Cavaillès), sciences physiques et chimiques (Henri Poincaré, Emile Meyerson, Alexandre Kojève, Jean-Louis Destouches), biologie et médecine (Félix Ravaisson, Georges Canguilhem), enfin le droit (Charles Eisenman).

  • De nombreuses disciplines s'intéressent à l'individu sans que l'individualité fasse l'objet d'une science dédiée. Et pour cause : le défi de connaître les réalités individuelles se pose à chaque fois de façon spécifique au biologiste, au sociologue, au philosophe, au praticien. Comment rendre compte dans son propre cadre disciplinaire de ce qui se joue à l'échelle et à la temporalité individuelles, sans pour autant réduire la singularité et le devenir des êtres auxquels on a affaire à une essence anhistorique, un système de dispositions, un concours de circonstances ou un programme génétique ? Si la variété de ces problématiques exclut une approche transversale, elle en appelle d'autant plus une démarche comparative : comment nos différentes disciplines font-elles pour dépasser un point de vue fixiste et réducteur niant la réalité des trajectoires de vie singulières? ? Entre historicité, émergence, trajectoires et rencontres, nos pratiques de recherche développent des modes d'explicitation permettant de sortir de l'opposition binaire entre déterminisme et hasard où l'individualité est la première perdue.

    Cet ouvrage interdisciplinaire est une invitation à croiser les perspectives sur la notion d'individu, les difficultés qu'elle pose et l'inventivité méthodologique dont elle est l'occasion. Il vise à esquisser une définition de l'individu au prisme de ses trajectoires (biologiques, existentielles, sociales, éthiques) déterminées par des rencontres qui sont toujours en partie imprévisibles.

    Ouvrage issu des activités du laboratoire junior « ?Enquête sur l'homme vivant? : philosophie, biomédecine, pratiques artistiques (EHVI)? » (ENS de Lyon) et publié avec le soutien de la Région Rhône-Alpes et du projet ANR Anthropos (ENS de Lyon, CERPHI-UMR 5037).

  • Dire ce que sont les sciences semble aller de soi pour nombre d'entre nous : on détermine assez spontanément ce qui en est proche et ce qui en est éloigné, ce qui est potentiellement redevable d'une approche scientifique ou ce qui ne peut prétendre s'apparenter à une telle approche. Pourtant, des problèmes et des questions surgissent?dès lors qu'il s'agit de formaliser définitions et démarcations entre sciences et pseudo-sciences : qui a le pouvoir de reconnaître, désigner, définir et légitimer un propos ou une pratique comme faisant partie de l'espace légitime des sciences et, par conséquent, d'inclure ou d'exclure les impétrants (tels que les mythes, religions, parasciences, pseudo-sciences, etc.) ? Certes, si les critères de démarcation sont discutables, la nécessité de séparer le bon grain de l'ivraie demeure intangible. L'analyse empirique des vaticinations et arguties des irrationalistes permet de raffiner sans cesse ces critères. Ce livre en donne maints exemples. Les sciences humaines sont souvent l'objet d'intrusions spiritualistes, l'instrument d'une « ?déraison savante? », le cheval de Troie des théories les plus insensées qu'une pléthore de mouvements et courants irrationalistes engendre à flots continus, en voulant faire main basse sur le « ?phénomène humain? ». Elles doivent donc affirmer la prévalence de leurs méthodes tout aussi scientifiques que celles des sciences de la nature et leur indéfectible rationalité, afin de se défendre contre ce qui émane de ces cloaques de la pensée. Telle est l'ambition des neuf auteurs de diverses disciplines (anthropologie, épistémologie, mathématiques, philosophie, psychologie, sociologie) qui donnent ici une éclairante variété d'analyses et de points de vue. Dans un monde où les obscurantismes jouent avec l'idée même de pensée rationnelle, la bafouant ou la retournant comme un gant, un tel livre se veut un humble jalon sur ce chemin rempli de leurres et de nasses...

  • En France, la tradition de philosophie économique est brillamment illustrée?: la publication d'un «?état des lieux?» en fournit le référent francophone, un panorama aussi complet que possible afin de s'y orienter. La critique que peut porter la philosophie économique se comprend comme un partage bien pensé entre bon et mauvais usage de la raison, comme méthodologie ainsi que comme ontologie, une discussion du rôle des sciences adjacentes (comme la psychologie), de l'usage des normes, des modes de raisonnement, l'explicitation des bases trop souvent dans l'ombre de l'analyse économique vue en ses champs d'application multiples?: simulation, analyse institutionnelle, finance et autres enjeux.

    Les contributeurs du présent volume, connus pour leur expertise dans leurs champs respectifs, en proposent un examen représentatif des tendances actuelles. Le collectif ici réuni s'inscrit dans une tradition, celle des Leçons de philosophie économique coordonnées par Alain Leroux et Pierre Livet, qui avait marqué une étape dans ce domaine. La philosophie économique comprise comme mise en question réflexive de la discipline trouve avec le présent état des lieux un nouveau jalon?: au titre d'un regard épistémologique, il offre à nouveaux frais la carte d'un champ en plein essor, et ce avec une ampleur renouvelée par les auteurs francophones ici rassemblés. Le but des coordinateurs du volume est de fournir un vade-mecum pour philosophes et économistes soucieux de compréhension mutuelle.

    Avec : Catherine Audard, Antoinette Baujard, Gilles Campagnolo, Mikael Cozic, Ricardo F. Crespo, Claude Gamel, Jean-Sébastien Gharbi, Cyril Hédoin, Maurice Lagueux, Pierre Livet, Jean Magnan de Bornier , Yves Meinard , Denis Phan, Emmanuel Picavet, Franck Varenne, Bernard Walliser, Christian Walter, Danielle Zwarthoed.

  • Diderot s'intéresse à l'humain depuis ses premiers écrits. Qu'il s'agisse de relativiser la place centrale que la religion lui donne, de renverser le dualisme âme/corps ou de penser l'histoire de l'espèce humaine, il développe des perspectives matérialistes stimulantes. Mais ces éléments ne s'organisent pas en une anthropologie systématique, car, même s'il pense leur cohérence, Diderot préfère déployer des pistes multiples nourries par les sciences de son temps. Les contributions de cet ouvrage s'intéressent à ces perspectives, qui nous conduisent de la chimie à l'économie politique en passant par l'histoire naturelle, la médecine, l'anatomie et la physiologie. Tout en examinant les horizons que chaque savoir offre, elles éclairent les liens qui se nouent entre eux pour dessiner une conception matérialiste complexe de l'humain.

  • Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) est une des figures les plus subversives du siècle des Lumières. Célèbre en son temps pour avoir défendu un monisme radical, qui lui valut nombre de critiques et de condamnations officielles, La Mettrie est l'un des premiers penseurs à se revendiquer matérialiste. Mais il fut aussi et d'abord un médecin, un auteur et un traducteur de nombreux ouvrages médicaux et scientifiques. Ses centres d'intérêt comprennent tous les champs environnant la médecine, notamment la physiologie, l'histoire naturelle, la chimie, les politiques publiques. La Mettrie fut encore un écrivain, sans doute sous-estimé, sachant allier attaques ad hominem, ironie et déplacements subtils dans une volonté toujours réaffirmée d'ébranler toutes les formes d'orthodoxie.

    C'est à ces divers aspects, dont l'articulation n'est pas toujours aisée, que le présent ouvrage s'est intéressé. Il réunit des spécialistes de La Mettrie, de la philosophie du XVIIIe?siècle, de l'histoire des sciences et de la littérature.

  • Le philosophe et historien des sciences Jean Gayon (1949-2018) est une figure éminente de ces deux disciplines. Son champ d'étude privilégié?: la biologie, plus particulièrement la biologie de l'évolution. Au cours des trois dernières décennies, il a formé de nombreux chercheurs, no­tamment en encadrant des thèses souvent novatrices, et lancé une multitude d'initiatives de recherche qui ont permis à la philosophie de la biologie de prendre un essor sans pareil en France, grâce à des liens privilégiés avec les figures marquantes du domaine, oeuvrant à l'époque aux États-Unis et en Angleterre.

    Les textes rassemblés ici rendent hommage à l'homme, à l'enseignant et au penseur qui a largement impulsé le renouveau de la philosophie de la biologie, par ses réflexions déterminantes sur la théorie de l'évolution, la génétique, le hasard, etc., objets et concepts repensés conjointement à la lumière de l'approche classique de l'«?épistémologie historique?» et de celle fondée sur la philosophie analytique. Collègues, élèves et amis, réunis lors de journées d'hommage en mars?2017 dont ce livre est issu, montrent à quel point Jean Gayon est un pilier essentiel de la nouvelle philosophie des sciences. Au fil de 26 chapitres, répartis en quatre parties («?Épistémologie historique et philosophe de la biologie?», «?Histoire de la génétique?», «?Études d'histoire et de philosophie de la biologie évolutive?: thèmes de Jean Gayon?», «?Regards sur Jean Gayon, historien et philosophe, enseignant et chercheur?»), ce livre témoigne de la présence et de la nécessaire postérité de l'oeuvre de Jean Gayon.

    Sous la direction de?: Francesca Merlin, philosophe des sciences, chargée de recherche, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, CNRS & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Philippe Huneman, philosophe des sciences, directeur de recherche, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, CNRS & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

    Avec les contributions de?: Robert Brandon, Anastasios Brenner, Richard M. Burian, Gérard Chazal, Christine Clavien, David Depew, François Duchesneau, Anne Fagot-Largeault, Denis Forest, Élodie Giroux, Pierre-Henri Gouyon, Thierry Hoquet, Philippe Huneman, Denis Kambouchner, Laurent Loison, Françoise Longy, Jorge Martínez-Contreras, Francesca Merlin, Pierre-Olivier Méthot, Michel Morange, Thomas Pradeu, Armand de Ricqlès, Michael Ruse, Phillip Sloan, Edna Suárez Díaz, Stéphane Tirard, Michel Veuille.

  • «?Qu'est-ce que la science... pour vous???».

    Telle est la question posée ici à des scientifiques, philosophes, historiens des sciences, médiateurs et amateurs de sciences.

    Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté?? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques?? C'est pourquoi la cinquantaine d'auteurs de ce tome 2 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.

    Les réponses sont souvent brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.

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