Fario

  • Octobre 17

    Collectif

    • Fario
    • 19 Septembre 2017

    Le nom de René Chalupt, poète proche des "fantaisistes", serait aujourd'hui tout à fait oublié s'il n'était associé à celui de plusieurs mélodistes, tels que Georges Auric, Albert Roussel, Erik Satie, ou encore Darius Milhaud qui harmonisa 12 des 15 poèmes des Soirées de Petrograd. Rien n'est plus injuste que cette inattention à une voix dont les accents voilés d'ironie portent au coeur. Divisée en deux cycles, "L'Ancien Régime" et "La Révolution», l'oeuvre fut créée en 1919 et Les Soirées parurent en 1921 dans La Nrf. Depuis, elles attendaient de revêtir la simple dignité d'un livre. Leur entrée dans "La Bibliothèque des Impardonnables" illustre ainsi la pertinence de la notion de réédition originale.
    2 André Salmon, figure du Montmartre 1900 autant que du Montparnasse des Années folles, fut lié à nombre de poètes, tout particulièrement Apollinaire, ainsi qu'à des peintres dont plusieurs (Picasso, Modigliani, Marie Laurencin...) illustrèrent ses éditions originales. Jeune homme, il séjourna à Saint-Pétersbourg. Avec Prikaz, («décret" en russe), il publie en 1919 un poème qui met en scène lyriquement l'exaltation produite par la Révolution d'Octobre, épopée miniature transposant poétiquement l'esthétique cubiste. Prikaz, qui continue à enchanter les amateurs secrets, n'avait plus paru séparément depuis sa seconde réédition, voici plus de 60 ans.
    3 En souvenir de Laure de Sade (ou de Noves), muse de Pétrarque et aïeule du "Divin Marquis", Colette Peignot (1903-1938) reçut de celui qui fut son compagnon à partir de 1934 jusqu'à sa mort, Georges Bataille, ce prénom de plume. Parus hors commerce en 1939, grâce aux soins de Michel Leiris et de Bataille, les notes, fragments et poèmes qu'elle a laissés seront réédités trente ans plus tard, par les soins cette fois de son neveu Jérôme Peignot, rencontrant dès lors une plus large audience, notamment dans certains milieux d'avant-garde de l'époque. Cherchant "l'accord entre soi-même et tous les instants de la vie", Laure porte témoignage, en marge de la littérature, d'une expérience des limites marquée notamment par un érotisme vécu jusqu'à ses ultimes conséquences, expérience qu'elle désignait sous le nom de "sacré".
    4 Né en 1846, mort en octobre 1917, tenant d'un catholicisme "absolu et intégral" auprès duquel nos lefebvristes font figure de séniles enfants de choeur, le "Mendiant ingrat", comme Léon Bloy aimait à se nommer, a laissé quelques rares poèmes en prose, dont La Méduse Astruc, l'une de ses toutes premières oeuvres. Il évoque dans son Journal ce "poème fou" que lui inspira un buste de Barbey d'Aurevilly sculpté par Zacharie Astruc.
    Maldoror apostolique et romain, pourfendeur du clergé, de ses confrères écrivains et du bourgeois honni, emblématiques à ses yeux de la veulerie et de la sottise modernes, Bloy donne déjà ici, en grand débutant (1875) et sur un mode volontiers lyrique jusque dans ses outrances, la mesure de la vigueur qu'illustra l'écrivain et pamphlétaire futur.

  • REVUE FARIO N.4

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    Découvrez Fario N° 4. Du silence, le livre de Serge Airoldi

  • REVUE FARIO N.5

    Collectif

    Découvrez Fario N° 5, Automne-hiver. , le livre de Lewis Mumford

  • La revue Fario publie sa treizième livraison. Un cahier thématique tente dans ce numéro de répondre à la question : « Qu'avons nous fait de la beauté ? ». Si nous ne savons guère avec exactitude comment se constitue ce que nous nommons beauté, celle-ci s'est incontestablement imposée depuis des millénaires, non sans ambivalence, comme idéal et comme expérience, au commun des mortels. Mais il est incontestable que l'expérience des oeuvres et du monde exige aujourd'hui quotidiennement un rempart de déni face à la laideur, cette promesse de malheur. Il semble que la beauté, il ne suffise plus de l'insulter, il faudrait surtout l'oublier, afin d'y devenir totalement indifférent. Nous publierons de textes ou des fragments de Jean Frémon, Antoine Emaz, Denis Rigal, Salah Stétié, Christian David, Jacques Ellul, Jacques Damade, Lionel Bourg, Emmanuelle Guattari, Vincent Pélissier.
    Dans la partie non thématique de ce numéro, nous publions des textes de Claude Mouchard, Baudouin de Bodinat, Christine Lavant, Christian Fumeron, des poèmes de Boris Sloutski.
    Dans la rubrique « Où écrivez-vous », on trouvera une contribution de Denis Groszdanovtch.
    Enfin le numéro se clôt sur la moisson saisonnière des « Faits et défaits contemporains ».

  • Avec ses Chansons madécasses (c'est-à-dire malgaches), le chevalier Evariste des Forges de Parny inventait à la veille de la Révolution un genre littéraire que plus tard le Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand, puis Baudelaire consacreraient : le poème en prose. Anticolonialiste avant la lettre, ce recueil absolument moderne allie une envoûtante sensualité à une musicalité naturelle qui inspira trois mélodies admirables à Maurice Ravel. Sous couvert d'avoir été "traduit en français", il fleurit loin de toute convention poétique d'époque.
    2 Offerts en écho aux chansons "recueillies" par Parny, ces poèmes en prose de Jacques-Joseph Rabearivelo (né en 1901 ou 1903, il se suicide en 1937), le plus grand poète malgache d'expression française, puisent aux sources même des traditions des Hauts-Plateaux de l'île : l'Imerina. Qu'ils soient originaux ou empruntés au fonds ancien des hain teny (genre qu'étudia, comme on sait, Jean Paulhan), ces brefs discours ou proverbes dialogués, au sens énigmatique, au symbolisme déconcertant, tout ensemble raffinés et empreints d'une fraîcheur bien dans la manière "madécasse", disent le mal d'amour, célèbrent les plaisirs et les jours, lamentent la mort. Nous en donnons ici la première édition séparée et non préfacée.
    3 Si Paulhan s'intéressa aux hain teny malgaches, la forme poétique du pantoum malais inspira, quant à elle, plusieurs poètes français du XIXe siècle, de Hugo à Banville, en passant par Gautier et Leconte de Lisle. Un temps disciple de Mallarmé, tenant d'une poésie "scientifique", René Ghil signe avec le Pantoun des Pantoun (1902), en marge de son oeuvre, un vaste poème lyrique inspiré par une rencontre qu'il fit à l'Exposition universelle de 1900 avec une jeune danseuse javanaise. Mêlés à une langue française étrangement rudoyée selon les principes de ce que Ghil nommait l'"instrumentation verbale", de très nombreux mots javanais tissent ici une exotique célébration de l'amour de loin cher aux anciens troubadours.
    4 Fabian Avenarius Loyd, dit Arthur Cravan, mourut légendaire vers 1920, porté disparu dans le golfe du Mexique.
    Il colporta avant-guerre à Paris, pour la modique somme de 10 centimes pièce, une revue dont il fut l'unique auteur : Maintenant. Boxeur défait en 1916 à Barcelone par le champion noir américain Jack Johnson, poète scandaleux passé maître en provocations, ses poèmes, "prosopoèmes", notes et autres fragments extraits de Maintenant sont offerts ici pour constituer un recueil, poétique opera omnia du pachyderme lyrique, ses manuscrits ayant été détruits ou demeurant à ce jour introuvables. André Breton a pu dire justement que longtemps les poètes reviendraient boire à lui comme à une source.

  • REVUE FARIO N.9

    Collectif

    Découvrez Fario N° 9, Automne-hiver. , le livre de François Bordes. "Vivons dans le conformisme et nous serons sûrs de ne pas nous tromper, mais qu'on en finisse avec ce révolutionnarisme des modes qui ne nous étonne plus - car à bon droit nous devenons coriaces - et occasionne d'inutiles grands frais. Car ça coûte beaucoup plus cher d'être nu que d'être habillé - je ne dirais même pas convenablement, mais il est assurément préférable qu'il en soit ainsi. Il n'y a rien de plus admirable que le costume moderne, non tel qu'il devrait être, mais tel qu'il est. J'ai passé par beaucoup de phases avant d'être arrivé à cette conviction-là. Mais, tel que j'y suis maintenant, je m'y cramponne. Il y a eu trop d'imbécillité dans le siècle dont nous sommes la conséquence. Il faut nous en remettre à notre tailleur. Vivre ce qui est qui est l'innocente pure vie !" - Charles-Albert Cingria.

  • Cette quatorzième livraison de la revue prolongera le cahier consacré à la question de la beauté dans le numéro du printemps 2014. Elle contient également des textes consacrés à la condition et à la mort animale. Elle inaugure enfin une nouvelle rubrique : « Dies Irae », dans laquelle nous donnerons, comme l'indique son titre, la parole à la colère : celle que font surgir en nombre d'entre nous les absurdités d'un monde où la bêtise et le cynisme rivalisent pour nous accoutumer à leurs prodiges et nous distraire des catastrophes passées et présentes. Avec des textes de Pierre Bergounioux, Serge Airoldi, Baudouin de Bodinat, Lionel Bourg, Jacques Damade, Charles-Albert Cingria, Claude Mouchard, Jean Frémon, Denis Grozdanovich.

  • REVUE FARIO N.7

    Collectif

    Découvrez Fario N° 7, Printemps-été. La vie qui s'éloigne, le livre de Marie Cosnay

  • REVUE FARIO N.11

    Collectif

    Cimetières, certains écrivent dans les cafés, dans le métro, les trains, une autre enfin réclame une chambre à elle: séjours et divagations? Où écrivez-vous ?

  • REVUE FARIO N.8

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    Recherche 9782952522496

  • REVUE FARIO N.2

    Collectif

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  • REVUE FARIO N.3

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    Recherche 9782952522410

  • REVUE FARIO N.10

    Collectif

    Découvrez Fario N° 10, Eté-automne 2. , le livre de François Bordes. "Nous parvenons d'une manière ou d'une autre à ne pas nous figer d'effroi devant les montagnes mortes qui du jour au lendemain ont pris la place des panoramas les plus beaux, c'est tout juste si nous réagissons à la transformation d'un paysage vert hier encore en une contrée désolée où il ne subsiste plus d'une végétation qui s'est reproduite depuis d'innombrables générations qu'une poignée de chicots tordus et calcinés. Les yeux apprennent à se détourner de ce qui leur est douloureux, peut-être même apprennent-ils à aimer un monde de plus en plus noir et graphiteux, comme autrefois les familles de mineurs leurs vallées du Pays de Galles où il n'y avait rien d'autre que charbon, pierre et poussier, et où les enfants étaient heureux de faire de la luge sur les terrils" - W G Sebald, Vue cavalière de la Corse.

  • Avec cette livraison d'hiver, dernier quatuor de la collection 2017, la Bibliothèque des Impardonnables conclut sa première année.
    " Le Serment de fidélité " réunit deux des plus grandes voix féminines de la poésie française, Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) et Catherine Pozzi (1882-1934), ainsi que deux visionnaires de la période des "sommeils surréalistes" et de la "métaphysique expérimentale" du Grand Jeu : Robert Desnos (1900-1945) et René Daumal (1908-1943). Leur dénominateur commun, par des chemins et au travers de voix si différentes ? Le "Très haut amour" célébré par Pozzi en six poèmes sublimes.
    Sentiments passionnés pour Desbordes-Valmore et Pozzi, la première cherchant à conjurer par des accents déchirants l'abîme d'un coeur abandonné ; la seconde, par-delà sa relation avec Paul Valéry, pressentant une verticale de l'âme et poursuivant son vol "outre les cieux fermés".
    Impossible attachement ressenti à l'égard d'une mystérieuse apparition féminine, pour Robert Desnos, qui sans vouloir douter de la présence de sa visiteuse nocturne (hallucination ? fantôme ?), ne peut rejoindre la vision spectrale aux "chaussures tachées de boue", dans cette dimension désincarnée et tout ensemble sensible.
    Enfin, les poèmes de René Daumal sont certes inspirés par un amour tout humain mais celui-ci transposé sur le plan d'une révélation qui prend sa source dans Aurélia ou le rêve et la vie de Nerval. Daumal, quoique tout autrement que Desnos, traduit en un ensemble d'une puissance sans équivalent dans la poésie française du XXe siècle une "évidence absurde", et ces "illuminations" dont Rimbaud le premier a fixé les vertiges, et dont la vérité ne fut jamais si parfaitement rendue que dans sa simple double page des Déserts de l'amour.
    Le cinquième volume de cette saison d'hiver, élaboré par Max de Carvalho, contiendra la mise en perspective et l'appareil critique des seize recueils publiés au cours de l'année.

  • REVUE FARIO N.6

    Collectif

    Découvrez Fario N° 6, Eté-automne 20. Saluer Julien Gracq, le livre de Pierre Bergounioux

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