Invenit

  • Patience de la lumière

    Collectif

    • Invenit
    • 15 Juin 2018

    Autour d'une oeuvre phare ou d'un ensemble inexploré, la collection Regard sur... propose une immersion dans les richesses du Musée de Boulogne-sur-Mer.
    Avec Ismaël de Virginie-Demont Breton (1859-1935), c'est à une des rares artistes femmes présentes dans les collections qu'est consacré ce premier titre. Le parcours de celle-ci, particulièrement notable pour la reconnaissance de ses consoeurs à la tête de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, en fait une figure marquante et encore trop méconnue de l'histoire des arts du XIXe siècle en France.
    OEuvre peinte en 1895, Ismaël permet d'évoquer l'engagement de l'artiste pour « la femme dans l'art », les recherches orientalistes développées à la suite de sa découverte de l'Afrique du Nord et plus largement encore la fascination qu'a exercé le voyage en Orient sur nombre d'artistes du XIXe siècle.

  • Classée au titre des monuments historiques, la chapelle Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face d'Hem constitue un remarquable témoignage du renouveau de l'art sacré à la fin des années 1950. Née de la volonté de Philippe et Marthe Leclercq-Lestienne, elle réunit, dans un espace à caractère intime signé par l'architecte suisse Hermann Baur, les peintres Alfred Manessier et Georges Rouault, les sculpteurs Eugène Dodeigne et Jean Roulland, le couple de tisserands Jacques et Bilou Plasse Le Caisne et l'orfèvre Christian Fjerdingstad. Souhaitant faire oeuvre de mécénat, l'industriel roubaisien Philippe Leclercq imagine l'édification d'une chapelle dans le quartier ouvrier d'Hempempont en banlieue de Roubaix. Issue d'une étroite collaboration, tout au long du chantier, entre le commanditaire, le clergé et les artistes, la chapelle Sainte-Thérèse constitue un exemple rare d'oeuvre d'art total dans laquelle les « murs de lumière » d'Alfred Manessier crée une atmosphère si particulière. Grâce au soutien de la paroisse, du diocèse de Lille et de la Conservation régionale des monuments historiques, et avec la contribution des familles des artistes et du commanditaire, plans, notes, photographies, coupures de presse, mais aussi études peintes, pièces d'orfèvrerie et ornements liturgiques permettent de retracer la genèse de cet ensemble exceptionnel.
    L'iconographie réunie ici comme la richesse des textes associés mettent en lumière la qualité d'une architecture et d'un mobilier pensés pour la chapelle par des artistes de renommée nationale et internationale, faisant de cette publication l'ouvrage de référence qui manquait jusqu'alors.

  • Tels sont les thèmes des quatorze bronzes décoratifs belges récemment offerts au musée de Roubaix par Philippe et Françoise Mongin, généreux couple de collectionneurs parisiens. Présentée pour la première fois au public, cette donation constitue le coeur d'une exposition-dossier et de cette publication qui lui est dédiée.
    De Constantin Meunier (1831-1905) à Joseph Witterwulghe (1883-1967) en passant par Jef Lambeaux (1852-1908), ce sont trois générations de sculpteurs qui sont évoquées. Les sujets réalistes liés au monde du travail et des travailleurs y côtoient une veine plus légère, autour de l'amour et des bacchanales, tandis que se mêlent les héritages du romantisme, du naturalisme et de l'exubérance de la peinture flamande du Siècle d'or. Dans les collections de La Piscine où elles rejoignent les oeuvres de Rémy Cogghe, mais aussi de Philippe Wolfers, Georges Higuet ou Georges Minne, ces pièces soulignent un tropisme belge ancien et fondateur pour la ville de Roubaix et pour son musée.
    La proximité géographique et les besoins considérables de main d'oeuvre d'une industrie textile (lainière notamment) en pleine expansion ont en effet alimenté au XIXe et au début du XXe siècles une très importante immigration flamande dans toute la métropole lilloise, et notamment dans les villes de Roubaix et Tourcoing où la thèse de l'art social défendue par un artiste comme Constantin Meunier trouve un écho évident.
    La collection art & politique de La Piscine accompagne les expositions-dossiers présentées dans la salle de contextualisation historique ; elle explore les liens entre les artistes, le pouvoir politique, les idéologies et l'Histoire.

  • Jusqu'à l'époque moderne, le socle a joué un rôle purement fonctionnel, même si son style pouvait être souvent en accord avec la sculpture qu'il sacralisait. Avec Les Bourgeois de Calais, Auguste Rodin (Paris, 1840 - Meudon, 1917), pour la première fois, interroge le rôle du socle en l'intégrant à l'oeuvre. Un peu plus tard, Constantin Brancusi (Hobita, Roumanie 1876 - Paris, 1957) en fait sculpture à part entière, exprimant par là sa fidélité au matériau qu'il choisit de travailler ; les socles multiples, qu'il empile parfois jusqu'à quatre ou cinq, constituent ainsi des édifices complexes ayant leur propre raison d'être. C'est sa Colonne sans fin, sculpture que Brancusi a produite dans de nombreuses versions pendant toute sa vie, qui a particulièrement retenu l'attention de Carl Andre (Quincy, Massachusetts, États-Unis, 1935). L'américain emprunte à celle-ci la répétition d'un motif simple pour créer ses premières sculptures minimalistes : combinaison de modules de bois brut aux formes géométriques élémentaires.
    En hommage au sculpteur roumain, il déclare : « Je n'ai fait que poser la Colonne sans fin de Brancusi à même le sol ».
    Sa recherche de radicalité trouve son expression la plus forte dans ses propositions plus récentes pour lesquelles l'oeuvre devient l'objet d'une expérience sensible et physique. Il s'agit alors d'éprouver la sculpture comme « lieu » et lui faire accéder à un autre statut. À la question du socle s'ajoute la question de l'assemblage, que les trois artistes pratiquent avec audace. Pour enrichir le propos, d'autres artistes, tels Henri Matisse, Jean Arp, Alberto Giacometti, Côme Mosta- Heirt ou Vincent Barré seront convoqués également.

  • Peintre, illustratrice et créatrice de costumes et décors de théâtre, de ballets et de cinéma, Valentine Hugo, née Gross, voit le jour à Boulogne-sur-Mer en 1887. Après des études à l'école des Beaux-Arts de Paris, elle entre dans les cercles des artistes et écrivains tels Marcel Proust, André Gide, Paul Morand, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Erik Satie, Maurice Ravel, Serge Diaghilev, Léon-Paul Fargue ou Roger de la Fresnaye, qu'elle reçoit dans son appartement de la rue de Montpensier à Paris. En 1919, elle se marie au peintre Jean Hugo, arrière-petit-fils de Victor Hugo ; les époux mènent vie mondaine, tiennent salon et reçoivent les artistes parisiens.
    Après s'être intéressée au mouvement Dada et à la pensée de Tristan Tzara, elle se rapproche à partir de 1926 du mouvement surréaliste dans lequel elle trouve de quoi nourrir son besoin d'anti-conformisme ou de merveilleux, ainsi que le moyen de s'éloigner de l'académisme de ses débuts. Sa vie et son oeuvre prennent alors un autre chemin ; après sa séparation d'avec Jean Hugo, elle devient la compagne de Paul Éluard puis d'André Breton de 1931 à 1932. Elle peint alors le rêve, réalise des objets à fonctionnement symbolique et illustre nombre de livres d'écrivains admirés comme Achim von Arnim, Sade, Arthur Rimbaud ou Lautréamont. Celle que Cocteau appelait « mon beau cygne » meurt à Paris, seule et dans la misère, en 1968.

  • À l'occasion de sa réouverture après d'importants travaux d'extension, La Piscine, musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix, organise, du 20 octobre 2018 au 20 janvier 2019 une exposition-dossier consacrée au portrait de Rol-Tanguy par Alberto Giacometti (1901-1966). Au moment de la Libération, l'artiste crée, à l'initiative de Louis Aragon, une série de portraits d'Henri Tanguy (1908-2002), dit Colonel Rol-Tanguy, militant communiste et héros de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale : chef des Forces Françaises de l'Intérieur de la région Île-de-France en 1943, il mène la libération de Paris avant l'arrivée des blindés du général Leclerc.
    Rendue possible par la contribution essentielle de la Fondation Giacometti et s'appuyant sur des prêts importants, consentis notamment par des particuliers et par le Musée national d'art moderne, l'exposition présentera des sculptures en plâtre et en bronze, des dessins et des photographies. Avec cette exposition et la publication scientifique qui l'accompagne, il s'agit de retracer les raisons et les étapes d'un projet artistique méconnu et resté inabouti. Plus largement, c'est l'engagement politique de l'artiste qui est interrogé.
    Sa sensibilité de gauche antifasciste, ses liens avec les différentes mouvances du surréalisme et avec l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires sont ainsi rappelés par la série de six dessins politiques exécutés vers 1932 par le sculpteur, qui déclare alors dans une lettre à Breton : « Je ne conçois pas la poésie et l'art sans sujet. J'ai fait pour ma part des dessins pour La Lutte, dessins à sujet immédiat et je pense continuer, je ferai dans ce sens tout ce que je peux qui puisse servir dans la lutte de classes ».

  • Agnès Dubart a choisi pour médium essentiel la gravure, un art du multiple dont la nature généreuse convient particuli èrement à cette artiste ouverte sur le monde. En explorant les deux registres que sont la gravure à l?eau-forte et la gravure sur bois, elle développe deux univers particuliers ; dans le premier, aérien, sa pointe légère accroche des éléments fugaces par une écriture vive ; dans le second, tellurique et plus physique, elle dit tout son attachement à la matière. Là se situe l?artiste, qui déclare trouver son propre équilibre entre l?air et la terre à travers un art dont elle veut faire son lien au monde.

  • Pour fêter ses dix ans, le Musée international des Arts modestes (MIAM) à Sète présente une douzaine d'expositions explorant les territoires de l'Art modeste, se proposant de faire le point sur cette idée paradoxale selon laquelle « tout est dans tout et réciproquement ». À l'origine du musée, les artistes et collectionneurs Hervé Di Rosa et Bernard Belluc ont eu l'idée de réunir dans un lieu de culture les objets de notre temps et des artistes aux marges de l'art.

    Avec le concours de nombreux artistes (dont Laurent Danchin, Robert Combas, Michel Gondry, Pascal Comelade, le collectif Frédéric Magazine, etc.), un éclairage sur l'art carcéral à travers une collection de paños des régions des États-Unis frontalières avec le Mexique, des études sur les dessins bamoun de Foumban (Cameroun), les cordels du Brésil, les patuas bengalis...

  • Réfugiés

    Collectif

    • Invenit
    • 10 Mai 2016

    Cinquante-deux millions. C'est le nombre d'êtres humains qui sont contraints à vivre sur une terre qui n'est pas la leur. Sous la tente, la tôle ou la tuile, ces errants trouvent souvent refuge dans des camps - et il n'y en jamais eu autant qu'actuellement. Entre septembre et octobre 2014, Arte a diffusé 4 reportages sur 4 camps (Tchad, Irak, Liban et Népal), réalisés par de grands réalisateurs (Claire Denis, Pierre Schoeller, Agnès Merlet et Régis Wargnier). Un cinquième documentaire tourné par Yolande Moreau cet hiver à Calais clôturera la série et sera diffusé en avril 2016. En contrepoint de ces cinq films, des écrivains, photographes et dessinateurs de bande dessinée ont eux aussi posé leur regard sur ces camps et les hommes, femmes et enfants qui y trouvent refuge. Un projet né d'une rencontre entre le directeur de l'information d'ARTE Marco Nassivera et Régis Wargnier, et réalisé avec la collaboration du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
    Des témoignages poignants, une mosaïque de fragments de vie livrés au lecteur dans l'irrespect assumé des règles journalistiques. Cinq écrivains : Fatou Diome, Pierre Lemaître, Uwe Timm, Laurent Gaudé et Atiq Rahimi.
    Cinq photographes : Reza, Christina Malkoun, Martin Middlebrook, Laurent Van Der Stockt et Gael Turine.
    Cinq dessinateurs de bande dessinée : Didier Kassaï, Nicolas Wild, Reinhard Kleist, Damien Glez et Cyrille Pomes.

  • Rêver la Chine

    Collectif

    • Invenit
    • 9 Mars 2017

    De la pagode chinoise construite par l'architecte britannique William Chambers dans les jardins de Kew en Angleterre aux palais baroques européens conçus par le peintre et missionnaire jésuite Giuseppe Castiglione pour le jardin impérial Yuanmingyuan (jardin de la Clarté parfaite) à Pékin, l'histoire moderne des relations sino-européennes a montré que l'Europe et la Chine n'ont cessé de se tendre le miroir au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.
    La Chine au miroir de l'Europe, l'Europe au miroir de la Chine : cet ouvrage explore le sens multiple de l'entrelacs des regards entre ces deux contrées, et propose de faire le récit d'une fascination mutuelle, en expliquant les modalités culturelles spécifiques du regard porté sur l'Autre.
    Si l'Europe se passionna pour la civilisation chinoise, la présence des missionnaires jésuites installés à la cour impériale témoigne de l'intérêt de la Chine pour l'Europe, son art et ses sciences. L'extrême mobilité de ces échanges conduisit à un phénomène d'acclimatation et d'adaptation de l'image de l'Autre.

  • Les orgues de roubaix

    Collectif

    • Invenit
    • 16 Janvier 2018

    Roubaix, ville « américaine » à l'urbanisation galopante au XIXe siècle : voilà une image. Mais Roubaix, ville des orgues : qui la connaît pour un tel patrimoine ? Et pourtant les quatorze orgues situés dans des édifices publics sont bien une des multiples facettes de l'identité patrimoniale de la ville aux mille cheminées ... Assez logiquement au XIXe siècle, qui dit usines et cheminées, dit églises et orgues. À ce jour, aucune publication n'en avait témoigné, ni ne l'avait illustré dans son intégralité. La Ville de Roubaix a cependant bel et bien une politique à l'égard de ce patrimoine méconnu. Elle entretient, relève ou restaure les instruments joués de la commune.
    À l'appui de cette volonté communale, ce livre aux photographies signées Siméon Levaillant, a non seulement pour ambition de révéler au grand public et aux amateurs l'existence d'instruments témoins des esthétiques musicales de leurs différentes époques, mais encore d'attirer l'attention sur des instruments souvent remarquables, classés et encore joués pour certains. L'orgue est une passion vivante et partagée à Roubaix qui entretient, relève ou restaure les instruments joués de la commune. Cette publication en est assur.ment une de ses plus heureuses manifestations.

  • Après l'atrium en 2017, le Palais des Beaux-Arts de Lille a entrepris la rénovation complète de la salle des plans-reliefs.Nouvel éclairage, nouvelle signalétique, nouvelle médiation, les oeuvres seront révélées en mars 2019 sous un regard neuf et original. La collection entière a été restaurée et la salle rénovée, une première depuis sa création en 1997. L'esprit d'origine a été conservé, mais la présentation est aujourd'hui enrichie de nombreux contenus et de points de vue contemporains. Conçus dès 1668 pour Louis XIV, les plans-reliefs sont des maquettes réalisées entre le XVIIe et le XIXe siècle destinées à la stratégie militaire ; faites de bois, papier aquarellé, poudres de soie, sable et à l'échelle 1/600e (1mm = 60 cm), elles restituent avec un exceptionnel sens du détail les villes fortifiées et leurs campagnes alentour afin de donner un aperçu complet du terrain. Fruits de prouesses techniques anciennes, elles demeurent les témoins précieux des mutations urbaines et de l'évolution européenne de notre territoire.
    Les quatorze plans-reliefs (six villes françaises : Aire-sur-la-Lys, Avesnes-sur-Helpe, Bergues, Calais, Gravelines, Lille ; sept belges : Ath, Audenarde, Charleroi, Menin, Namur, Tournai, Ypres ; une néerlandaise : Maastricht), ont été déposés à Lille par l'Etat au cours des années 1980, sous l'impulsion de Pierre Mauroy, alors Premier Ministre et Maire de la ville. À destination du grand public, l'ouvrage à paraître fait état des dernières recherches sur ces réalisations exceptionnelles et s'ouvre également à une dimension sensible en laissant la parole à 14 écrivaines et écrivains qui chacun à leur façon s'approprient l'un de ces plans.

  • Maître inconsté du dessin, graveur incomparable, créateur d'images vertigineuses, Erik Desmazières pratique son art depuis plus de quarante ans. Cette rétrospective sur son oeuvre, organisée par le musée de l'Hospice Comtesse, rassemble plus de 180 estampes et esquisses qui nous font explorer le vaste univers de l'artiste.

  • Les Rémy Cogghe

    Collectif

    • Invenit
    • 2 Novembre 2009

    Sur la scène artistique roubaisienne du XIXe siècle, le peintre Rémy Cogghe (1854-1935) tient une place singulière.
    Sa naissance en Belgique et son arrivée à Roubaix alors qu'il n'est qu'un enfant expriment ce que la ville industrielle doit à l'immigration flamande qui nourrit les tissages, les peignages, les filatures de la " Manchester du Nord " jusqu'à la première guerre mondiale. Rémy Cogghe sera l'iconographe optimiste d'une ville qui mêle encore les origines rurales de sa population et l'organisation sociale et économique d'une cité toute vouée à la réussite industrielle.
    Il participe à sa façon au mouvement naturaliste qui est particulièrement en vogue dans le dernier quart du XIXe siècle et dans les premières années du XXe. Grâce à des dons - notamment le legs d'Henri Selosse qui fait entrer le Combat de coqs en Flandre dans le patrimoine municipal en 1924 - et à des achats, le musée de Roubaix conserve sans aucun doute l'ensemble le plus riche en collections publiques d'oeuvres de Rémy Cogghe.
    Le présent catalogue fait l'inventaire de ce fonds exceptionnel et rend hommage au peintre le plus inscrit dans l'imaginaire et l'affectif roubaisiens.

  • Premier volume d'inventaire des richesses textiles de La Piscine, " La Russie textile " présente à la fois un ensemble unique de dessins et échantillons provenant essentiellement de la manufacture Trekhgornaya à Moscou et illustre parfaitement l'esprit fondateur des premiers responsables du musée de Roubaix, notamment celui de Victor Champier au début du XXe siècle, pour qui le musée devait faire le lien entre les arts appliqués et la personnalité industrielle de la ville.
    Alors que le musée est intégré, entre 1882 et 1940, à l'Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles, il complète le fonds régional doté par les manufacturiers roubaisiens en achetant des ensembles historiques et des productions internationales, par exemple viennoises, londoniennes ou moscovites. C'est grâce à cette initiative que La Piscine compte aujourd'hui parmi ses collections textiles un remarquable fonds de 366 pièces dont la chronologie s'étend du XVIIIe siècle à la période constructiviste des années 1940-1950.
    À lui seul, ce fonds exceptionnel dresse un panorama inattendu de l'histoire de l'art russe et des relations entre la France - et plus généralement le monde occidental - d'une part, et l'empire russe puis l'Union soviétique d'autre part. La faible représentation des dessins du XIXe siècle et la part belle faite aux productions Art nouveau trahissent de manière subtile les périodes de fermeture et d'ouverture des frontières russes aux influences artistiques venues de l'Europe.
    Ce catalogue a reçu l'expertise éclairée de spécialistes de l'art et de l'histoire russes et nous renseigne sur l'intime relation entre l'histoire de l'art et celle de l'industrie textile. Plus encore, quand les motifs textiles russes se font le reflet de leur époque, devenant dans les années 1920 le miroir d'une société qui se réinventait, " La Russie textile " exprime pleinement l'ambition du musée de Roubaix de témoigner des grands mouvements de l'histoire de la création.

  • Compromission et libre de toute influence. Sur les pas d'Alice et de son voyage onirique, l'artiste nous offre ici son travail et nous laisse toute liberté d'en inventer l'histoire. Entre ses mains habiles, devenues maîtres dans la difficile technique du grès émaillé, la matière devient forme et se métamorphose.
    Chaque ?uvre, au-delà du mystère de sa création, nous intrigue et nous trouble par les secrets qui se dévoilent. Son ?uvre se veut réflexion, un miroir intimiste tel le reflet de ses têtes, qui expriment ce qui ne peut être dit : "Puissent mes têtes répondre au sphinx ou l'interroger sur le mystère des humains". L'?uvre étrange de Françoise Mussel conserve le feu sacré du métier ancestral :des têtes coupées de petites dimensions - sortes de marottes en terre cuite émaillée somptueusement - composent une galerie de portraits rêveurs et lunatiques.
    Le teint blanc, le maquillage noir outrancier évoque ces têtes de carnaval en papier mâché que l'on fabrique depuis le XVIIIe siècle à l'occasion des traditionnelles Fallas de Valence en Espagne, dont les plus beaux spécimens sont sauvés des flammes par un jury, à la fin de la fête, pour intégrer un musée des Fallas dont l'atmosphère est aussi spectaculaire qu'inquiétante. Les céramiques intimistes de Françoise Mussel, dont certaines se singularisent par une main posée sur la tête (ou bien alors émerge-telle de leur intérieur ?), dégagent une sorte de folie hallucinée, comme le passage sur elles d'un coup de lune ou de grisou.
    Elles semblent pleines de désirs enfouis, rougies par la plus grande confusion des sentiments : présentées en alignement dans l'espace d'exposition face à de longs miroirs, il est permis à tout un chacun d'en interpréter les secrets, faces et profils, en se regardant soi-même dans leurs lignes de mire.

  • Les Rémy Cogghe de La Piscine

    Collectif

    • Invenit
    • 12 Septembre 2014

    Sur la scène artistique roubaisienne du XIXe siècle, le peintre Rémy Cogghe (1854-1935) tient une place singulière. Sa naissance en Belgique et son arrivée à Roubaix alors qu'il n'est qu'un enfant expriment ce que la ville industrielle doit à l'immigration flamande qui nourrit les tissages, les peignages, les filatures de la « Manchester du Nord » jusqu'à la première guerre mondiale. Rémy Cogghe sera l'iconographe optimiste d'une ville qui mêle encore les origines rurales de sa population et l'organisation sociale et économique d'une cité toute vouée à la réussite industrielle. Il participe à sa façon au mouvement naturaliste qui est particulièrement en vogue dans le dernier quart du XIXe siècle et dans les premières années du XXe. Grâce à des dons - notamment le legs d'Henri Selosse qui fait entrer le Combat de coqs en Flandre dans le patrimoine municipal en 1924 - et à des achats, le musée de Roubaix conserve sans aucun doute l'ensemble le plus riche en collections publiques d'oeuvres de Rémy Cogghe. Le présent catalogue fait l'inventaire de ce fonds exceptionnel et rend hommage au peintre le plus inscrit dans l'imaginaire et l'affectif roubaisiens.

  • Les collections du Musée de l'Hospice Comtesse de Lille recèlent des trésors méconnus. Parmi eux, la donation par le libraire et érudit Louis Quarré-Reybourbon, d'un ensemble exceptionnel d'enseignes lilloises. De la fin de l'ancien régime au début du XXe siècle, ces symboles de magasins renseignent le chaland sur l'activité commerciale des lieux, sur les savoir-faire et les métiers : poissonnier, débitant de tabac, cabaretier, horloger...
    Au fil des pages, de l'estaminet au photographe en passant par le luthier ou la styliste, une petite histoire de la ville marchande se dessine et invite, grâce à la richesse des illustrations, à un émouvant voyage dans le temps, une balade au coeur du commerce lillois.

  • « Known unto God » est l'expression figurant sur la tombe des soldats inconnus britanniques, reprise ici pour parler de ces mineurs inconnus qui, encore aujourd'hui, font vivre le patrimoine minier.
    La région Nord - Pas de Calais s'est engagée dans un partenariat avec la Voïvodie de Silésie en Pologne et le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie en Allemagne autour d'un programme intitulé « Triangle Régional de Weimar ». Cela a permis à deux auteurs, Stan Lafleur et Dominique Sampiero, et un photographe, Arkadiusz Gola, d'aller à la rencontre des habitants du Nord - Pas de Calais.
    Ils en tirent un livre polyphonique, original et sensible, qui décline l'incroyable histoire du mineur Topowski, enfermé dans la mine à la fermeture du site.
    « Monsieur Topowski s'épanouit, autant que faire se peut pour une taupe. Sa communication avec le monde extérieur reste relativement unilatérale, mais les bonnes intentions de son humanité ressuscitée ont une influence positive sur son état de santé. »

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