L'Herne

  • Si l'essentiel de l'oeuvre de Marcel Proust est déjà publié et connu, la publication de ce Cahier permet du moins, si ce n'est d'accroître nos connaissances, de maintenir cette oeuvre en vie et de lui garantir une forme d'immortalité. On trouvera dans ce volume quelques inédits et quelques lettres et poèmes mais surtout un grand nombre de documents ou témoignages peu connus, peu accessibles ou même oubliés : les cahiers de brouillon de Proust, le premier texte écrit sur Céleste Albaret, une nouvelle inconnue de Stephen Hudson qui date de 1924,...
    Les contributions originales de chercheurs incontournables comme Nathalie Mauriac-Dyer, Pyra Wise, Isabelle Serça, Mireille Naturel, Luc Fraisse, Antoine Compagnon ou Jean-Marc Quaranta, apportent un nouvel éclairage sur l'étude de l'oeuvre et des auteurs prestigieux tels Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Jacques Réda, témoignent de ce que Proust leur a apporté. À chaque fois, Proust est différent. Cinquante masques pour un seul visage.
    Le Cahier s'attache aussi à décrire certains aspects négligés de l'oeuvre, comme les figurants analysés par Michel Schneider, le marquis de Palancy présenté par Michel Crépu, les opinions politiques de Proust au fil des années, lui qui a eu dans sa famille trois ministres, dont l'un a eu des funérailles nationales, et dont les parents étaient liés au président de la République.

  • Cahier dumas

    Collectif

    • L'herne
    • 4 Novembre 2020

    Ce cahier consacré à Dumas invite à lire des inédits et des textes rares de l'auteur. Écrivains et chercheurs apportent également leur regard sur une oeuvre qu'on ne finit pas de redécouvrir, et dont l'originalité tient tout ensemble à son caractère novateur, savant et accessible. Histoire, imagination, critique littéraire, stratégies auctoriales, tempérament d'artiste : tous ces aspects de la création dumasienne sont abordés dans ce cahier par les amateurs et les spécialistes de Dumas l'enchanteur.

  • À sa mort en 1870, Alexandre Dumas est l'un des écrivains les plus célèbres de son siècle. Cent-cinquante ans après, sa gloire n'a pas terni et ses oeuvres, traduites dans le monde entier, font de lui l'un des auteurs français les plus lus. Menant tambour battant une existence digne d'un roman, Alexandre Dumas appartient à la génération romantique qui rêva de changer le monde. Ses voyages, sa correspondance, ses échanges avec les artistes de son temps témoignent d'une énergie hors normes. Pour Dumas, la création littéraire est d'abord animée par sa passion pour le théâtre, bientôt suivie d'un engouement pour le genre romanesque, où il excelle. Maître du suspens et des rebondissements, Dumas porte aussi un regard critique sur son oeuvre et reste jusqu'à la fin fidèle au romantisme de sa jeunesse.
    Ce cahier consacré à Dumas invite à lire des inédits et des textes rares de l'auteur. Écrivains et chercheurs apportent également leur regard sur une oeuvre qu'on ne finit pas de redécouvrir, et dont l'originalité tient tout ensemble à son caractère novateur, savant et accessible. Histoire, imagination, critique littéraire, stratégies auctoriales, tempérament d'artiste : tous ces aspects de la création dumasienne sont abordés dans ce cahier par les amateurs et les spécialistes de Dumas l'enchanteur.

  • L'oeuvre variée de Jean Giono, d'une richesse inouïe, d'une grande complexité et d'une immense culture, en fait l'une des plus importantes du xxe siècle. Le Cahier de L'Herne permet de réévaluer l'image de ce grand écrivain, encore trop souvent encombrée de clichés, et de célébrer l'oeuvre de ce très grand poète, extraordinairement sensible à la vivante présence du monde naturel et donnant à entendre, par la puissance de sa parole poétique, « le chant du monde ». C'est sur « les grands chemins » de Jean Giono que ce volume convie ses lecteurs en faisant dialoguer les textes et les documents de tous ordres : carnets de travail, brouillons, manuscrits, photographies privées et officielles, peintures, correspondances, dédicaces et textes inédits (« Une rêverie de Marceau », lettres à Gide, Dabit, Poulaille ou Henri Pollès, lettres de Saint-Pol Roux). Aux textes rares et méconnus de Giono révélant son sens de l'humour et du fantastique, succèdent les études des meilleurs spécialistes de l'oeuvre gionienne.

  • Ce Cahier est l'exploration de ce que Christian Bobin appela dès ses vingt ans Les différentes régions du ciel, et qui n'est autre qu'une sorte de chemin buissonnier contournant les croyances et les incroyances du monde. Les nombreux textes de Christian Bobin réunis dans ce volume démontrent la puissance de son écriture lumineuse qui ne cesse de conquérir un public fervent, et touche comme seule touche l'écriture des poètes.
    Écrivains (Sylvie Germain, Jacques Réda, Dominique Pagnier, Yves Leclair...), poètes (Alain Borer, Jean-Philippe de Tonnac, Pierre Bettencourt,...), philosophes (André Comte-Sponville...), universitaires (Serge Linarès, Bertrand Degott), artistes (Olivier Py, Franck Olivar...), compositeurs de musique (Benoît Menut, Olivier Bogé), journalistes (Jérôme Garcin) ou lecteurs anonymes, offrent au lecteur une polyphonie de textes et de réflexions où seront débattues les idées reçues qui depuis quarante ans déforment l'oeuvre de ce penseur libre.

  • Cahier celan

    Collectif

    • L'herne
    • 21 Octobre 2020

    Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un « autre » Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.

  • Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens.
    Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps.
    Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.

  • L'oeuvre de Pierre Bergounioux est des plus singulières. Par ses objets, sa manière, sa langue, les vues que l'auteur s'emploie à soutenir avec énergie, le ton qui sont les siens. Pierre Bergounioux s'est voulu le témoin de la mutation qui vit, en moins d'un demi-siècle, les campagnes de l'Europe occidentale se vider de leur population. Un témoin non moins attentif qu'impliqué. Son oeuvre entretisse à petits points les fils de la découverte des mondes proches, du soi, des mondes extérieurs successifs à quoi contraint le passage du temps, la ruée des bouleversements technologiques,...

  • Sans renier pour autant son statut d´icône féministe, L'Herne a voulu restituer à Simone de Beauvoir toute sa dimension d´écrivain. Ce Cahier tente d´éclairer les différents genres dans lesquels son talent s´est exercé et souligne un travail d´écriture souvent méconnu.

    La publication d´extraits de romans de jeunesse inédits, la découverte de manuscrits dont l´analyse permet de relire autrement romans, nouvelles et autobiographies, révèlent la constance d`une vocation et le souci obstiné de la solution littéraire adéquate. Refusant les excès du tout biographique, ce Cahier offre néanmoins aux lecteurs des correspondances inédites, qui font le point sur les relations inventives que Simone de Beauvoir noua avec ses amours et ses amis. Des entretiens témoignent du désir qu´elle eut toujours de s´expliquer sur son oeuvre et sur sa vie, et de nombreux articles, publiés dans des revues ou quotidiens américains et français, illustrent ses engagements.

    Ce Cahier rend compte des recherches, notamment anglo-saxonnes, qui ont sorti Simone de Beauvoir de l´ombre sartrienne et lui ont conféré une stature de philosophe à part entière. Nous avons souhaité élargir notre étude aux adaptations cinématographiques et théâtrales que ses romans et ses essais ont suscitées.

    Le rayonnement de Simone de Beauvoir se mesure également à l´abondance des lettres de lecteurs qu´elle reçut et dont nous publions des échantillons, en privilégiant les correspondances d´écrivains. Ce dialogue se poursuit, non sans débats, avec les écrivaines des générations suivantes.

  • Cahier Comte-Sponville

    Collectif

    • L'herne
    • 15 Janvier 2020

    Parmi les philosophes français contemporains, André Comte- Sponville occupe une place très particulière. Il fut une sorte d'éclaireur, sinon de pionnier. Par la simplicité et l'élégance de son écriture, par son souci de clarté, il a su rendre la philosophie accessible à un public élargi. La philosophie entendue stricto sensu. Car il est un philosophe à part entière, sorti des meilleures écoles, qui a construit au cours des années une philosophie ambitieuse et forte (en particulier morale), à travers divers ouvrages dont quelques traités. C'est l'un d'entre eux, sans doute le moins « technique », le Petit traité des grandes vertus, paru en 1995, qui lui assura une audience considérable, au-delà même de nos frontières.
    Il occupe encore une place particulière par son souci de mettre (ou de remettre) la philosophie au coeur de la Cité et de la vie. Il nous rappelle que la philosophie a d'abord été, sinon un « art de vivre », du moins un « choix de vie ». Qu'elle est aussi, inséparablement, une certaine façon de penser. Que philosopher, c'est à la fois, « penser sa vie » et « vivre sa pensée ». La grande majorité de ses lecteurs attendent de ses livres, non seulement une manne pour l'intelligence, mais une certaine « sagesse » (ou aspiration vers elle) sans « mystification ni lâcheté ».

  • Les Cahiers de L'Herne entreprennent de saluer en Pierre Michon l'absolue singularité d'une voix et d'une écriture qui n'en finit pas de surprendre et d'enchanter un lectorat toujours plus vaste depuis l'apparition, en 1984, de son premier ouvrage, Vies minuscules. Les livres de Pierre Michon, denses et tendus dans leur beauté paradoxale, à la fois sauvage et classique, naturelle et travaillée, ont depuis longtemps conquis une place de premier plan auprès des écrivains, des lettrés et dans les milieux de la critique savante. Il est alors naturel de solliciter dans ce volume les plus grands noms de la critique universitaire - Jean-Pierre Richard, Henri Mitterrand ou Philippe Berthier - tout en s'ouvrant à d'autres disciplines de la pensée et de la création : l'Histoire (Patrick Boucheron, François Hartog), histoire de l'art et anthropologie, géographie (Jean-Louis Tissier), la musique et arts plastiques (Henri Cueco), l'art théâtral (Denis Podalydès), sans oublier la question de la traduction (Élizabeth Deshays).
    Ce Cahier est aussi l'occasion de convoquer autour de l'oeuvre de Michon, les textes et témoignages de grands critiques et écrivains comme Pietro Citati, Maurice Nadeau ou Jacques Réda, et d'autres contemporains (Goffette, Bergounioux, Echenoz ou Olivier Rolin) ou auteurs plus jeunes (Marie-Hélène Lafon, Maylis de Kerangal) qui disent ici le pouvoir fécondant de cette écriture éblouissante et rare. S'intéressant aussi à l'atelier littéraire, le présent Cahier donne à lire nombre d'inédits ou textes rares de Michon : premiers écrits mais aussi variantes, passages supprimés, chapitres retranchés, toutes « victimes » de l'exigence de l'auteur qui opte pour le fragment fulgurant et l'inachèvement.
    Ainsi ce Cahier de L'Herne participe-t-il puissamment du rayonnement de l'oeuvre dense, lumineuse et féconde de cet immense écrivain aussi rare et secret qu'exigeant - donnant toute sa véracité à cette remarque que l'entreprise vient de susciter chez Jean-Pierre Richard à propos de notre auteur : « Son silence si têtu, il faudrait alors l'entendre comme une sorte de paradoxale, et réversible, insémination... ».

  • Resté inédit du vivant de Huysmans, le manuscrit de ces Rêveries est tout à fait étonnant. Le mot « Rêveries » dans le titre, que Huysmans a préféré au mot « Propos » dans une première rédaction, paraît à la limite de l'antiphrase lorsqu'on lit le texte de cette diatribe contre l'Église de France, ou plus exactement contre le catholicisme à la française.
    Les Rêveries d'un croyant grincheux sont l'un des tout derniers textes de Huysmans. L'affaire Loisy, à laquelle ces Rêveries font référence, permet de le dater, avec une certaine probabilité, de l'année 1904. Comme l'écrit Huysmans à son amie Mme Huc le 17 décembre 1903, Alfred Loisy ne croyait pas à la Résurrection et contestait les sacrements. Il avait été démis de ses enseignements à l'Institut catholique de Paris en janvier 1903 et Rome, après de longs atermoiements, avait fini, en décembre, par mettre à l'Index cinq de ses ouvrages. Ce qu'en dit Huysmans semble suivre cette décision.

  • Michel Onfray défend une vision du monde athée, hédoniste, libertaire et matérialiste au travers d'une variété de genres et de formes, du traité au journal en passant par le recueil poétique et la pièce de théâtre, le haïku de trois vers, l'« hexalogie » en six tomes (Brève encyclopédie du monde, trois tomes parus, trois à paraître) ou bien encore la monumentale série en douze tomes de la Contre-histoire de la philosophie (plus de six mille pages à elle seule), sans oublier des chroniques satiriques de l'actualité politique initiée au moment de la présidentielle de 2017 et du début du quinquennat d'Emmanuel Macron (La Cour des miracles et Zéro de conduite). Ce Cahier propose une approche de la pensée d'Onfray, devenue incontournable, à partir de contributions sur les engagements et les thèmes qui structurent son travail depuis maintenant trente ans et tente également d'apporter un nouvel éclairage sur la personnalité du philosophe ; par des textes inédits, des portraits réalisés par Jacques Pasquier, Gérard Fromanger ou Valério Adami, des témoignages d'amis et de proches, ou encore des correspondances inédites avec Michel Dusapin et Lucien Jerphagnon.

  • Intéressant les uns, agaçant les autres, l'oeuvre et la personne de Michel Houellebecq se caractérisent par une forme très particulière de résistance, qui vient entre autres de ce qu'elles déjouent nos systèmes habituels de coordonnées et qu'elles multiplient les contradictions. Situer Michel Houellebecq implique peut-être de se demander d'abord où il n'est pas. Écrivain polygraphe, explorant tous les genres (roman, poésie, essai - le présent Cahier révèle qu'il s'est même, jadis, essayé au théâtre), il multiplie aussi les échappées hors du domaine littéraire : au cinéma, en musique - ses textes ayant suscité des adaptations (d'Iggy Pop à Carla Bruni en passant par Jean-Louis Aubert), et dans l'art également - comme artiste à part entière ou comme objet d'inspiration. Omniprésent dans les médias à chacune de ses parutions, journaliste à ses heures, capable de tribunes politiques ravageuses, il est sans doute aussi le seul écrivain à pouvoir assurer la Une d'un grand quotidien pour la sortie d'un recueil de poésie (Libération, lors de la sortie de Configuration du dernier rivage).

  • Victor Segalen est un écrivain singulier. Trois livres seulement sont parus de son vivant mais son oeuvre est foisonnante dévoilant une audace, et une qualité d'écriture si particulière. Le centenaire de sa mort nous donne l'occasion de rééditer ce Cahier de l'Herne, en le remodelant pour tenir compte des publications récentes. En faisant appel, non seulement aux spécialistes reconnus, mais aussi à de jeunes chercheurs ou à des essayistes venus d'autres territoires, ce volume révèle la personnalité complexe et insolite de l'écrivain. Il échangea de nombreuses lettres avec un cercle restreint d'amis, peintres, musiciens, poètes, philosophes et notamment Paul Claudel, qui sont reprises ici.
    C'est autant la personnalité de Victor Segalen que son oeuvre qui nous concernent aujourd'hui : une mort insolite qui transforme un événement biographique en scène poétique ; un voyageur qui traverse la Chine dans des conditions si aventureuses qu'elles font rêver ; des dons pour la peinture, la musique, la faculté d'absorber les connaissances des milieux qu'il fréquente : ses découvertes archéologiques, les photos qu'il rapporte de son expédition à travers la Chine, son ouvrage sur la Grande Statuaire le placent dans une lignée de savants. Le voyageur est poète, musicien, archéologue.

  • Curzio Malaparte est l'un des plus grands écrivains italien du xxe siècle, ses livres Kaputt et La Peau sont considérés comme des chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale. Prisonnier d'une réception ambivalente et polémique, Malaparte mérite qu'un regard objectif éclaire désormais son oeuvre à travers laquelle, tantôt protagoniste ou témoin, tantôt observateur ou critique impitoyable, il a redonné vie aux événements traumatiques de la première moitié du XX ème siècle : les deux guerres mondiales, les totalitarismes européens, la libération et l'Europe de l'après-guerre.
    La mosaïque proposée ici met en relief des moments emblématiques de sa vie et de son écriture qui permettent d'accéder à des recoins secrets, souvent ignorés, de sa personne comme de son oeuvre. À travers les perceptions qu'en ont eu aussi bien ses contemporains que les écrivains et chercheurs d'aujourd'hui : tels que Benjamin Crémieux, Giuseppe Ungaretti, Gabriele D'Annunzio, Frédéric Vitoux, Dominique Fernandez, René de Ceccatty, Elio Vittorini, un Malaparte méconnu et passionnant se profile en filigrane.
    De nombreux et précieux textes inédits sont proposés ici pour donner à découvrir l'homme dans son intimité.

  • Etudes et témoignages sur l'auteur russe, éclairant sa personnalité et son oeuvre, mais aussi, plus largement, le problème de la situation de l'écrivain dans la société soviétique du XXe siècle. Ces hommages de lecteurs fervents et d'historiens de la littérature éclairent également un aspect un peu ignoré d'A. Soljénitsyne, ses dons de poète, de dramaturge et de polémiste

  • Ce volume souhaite proposer, au travers d'une mosaïque de points de vue, la complexité de la pensée de Françoise Héritier, dont nous n'avons de cesse de mesurer l'importance et l'ampleur.

    Les travaux de Françoise Héritier ont apporté un éclairage tout particulier sur la pensée féministe et le champs de la domination masculine, mais aussi sur l'histoire coloniale, la littérature anarchiste, la philosophie politique et finalement, sur toute l'histoire humaine. En creusant au plus profond de nos cultures communes, Françoise évitait la réduction de ces cultures à une pensée abstraite et théorique. Elle savait avant tout, prendre la mesure de l'être humain constitué de sens, d'émotions, de subjectivité, et s'attardait sur la rugosité d'un mot, d'une couleur, d'une perception ou le goût d'une confiture qui ont tout autant leur importance. Elle partageait dans ces derniers livres cette « légèreté », cette « grâce dans le simple fait d'exister » qu'elle revendiquait sans honte. Ce « sel de la vie », « trésor caché en nous » où l'amour des mots devenait aussi l'amour de l'autre.

    Les contributions réunies dans ce Cahier écrites par des journalistes (Jean Birnbaum, Laure Adler, Nicolas Truong), des historiens (Yann Potin, Jérôme Wilgaux), des psychanalystes (Aldo Naouri, Danièle Brun), et bien sûr des anthropologues et des ethnologues (Marc Augé, Philippe Descola, Jean Jamin), témoignent du retentissement de sa pensée dans de nombreux champs d'études. Ce Cahier contribue en effet à rendre accessible cette « pensée en mouvement » qu'a été, pendant plusieurs décennies, l'activité intellectuelle de la grande anthropologue, lui permettant de remonter aux principes profonds qui fondent l'identité humaine.

  • Cahier dirigé par Daniel Bougnoux et François L'Yvonnet.

    François Jullien est tout à la fois philosophe, helléniste et sinologue. Trois compétences qui ne témoignent pas seulement d'une intense curiosité et d'une vaste culture, mais plus essentiellement de l'originalité d'une démarche intellectuelle.
    La Chine est pour lui l'occasion d'un détour, l'occasion de se défaire des points de vue unilatéraux, d'opérer un décentrement. C'est le prix à payer pour se rendre disponible, pour donner toute sa mesure à la « croissance du divers », selon l'expression de Victor Segalen. Il faut faire l'épreuve du dépaysement de la pensée, créer du dissensus et donc faire dissidence. Cela conduit François Jullien à interroger nos propres catégories de pensée, celles qui nous viennent de l'Antiquité, principalement des Grecs, celles qui fondent notre tradition philosophique, qui nourrissent notre métaphysique. Il veut sonder, à la manière de Hegel préfaçant la Phénoménologie de l'esprit, ce qui bien qu'entrevu et parfois « bien connu » n'a pas été reconnu, ou poursuivi dans notre tradition venue de l'Antiquité. Il a donc voulu déclore d'autres voies, ranimer des possibles de la pensée, cultivés ailleurs et laissés chez nous en friche, ou tombés en déshérence. Cette relance de la philosophie exigeant un dehors, la Chine lui sert de point d'appui pour faire levier.
    Le Cahier de l'Herne qui lui est consacré cherche à rendre compte de toutes les facettes de cette pensée et de son influence aussi bien en France qu'à l'étranger (rappelons qu'il est le philosophe français actuellement le plus traduit dans le monde).

  • Cahier Camus

    Collectif

    • L'herne
    • 14 Septembre 2013

    Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour d'Albert Camus : les six sections visent à proposer des éclairages originaux sur sa vie, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements. Aucune recherche d´exhaustivité dans notre démarche : d´amples synthèses voisinent avec des « petits faits » ; des témoignages directs avec des études très « pointues » ; des textes de Camus avec des textes sur Camus. Nous avons voulu varier le plus possible les points de vue, pour que chaque lecteur circule dans le Cahier en gardant sa liberté d´interprétation. Nous voulons le rendre proche, frayer des voies vers l´homme, vers l´artiste, vers le penseur engagé, vers le journaliste - de manière que le lecteur du Cahier ait envie de lire ou relire telle ou telle des oeuvres de Camus. Nous avons pensé notre tâche comme celle de passeurs.

  • Si John le Carré est salué par tant d'écrivains comme l'un de leurs pairs, c'est bien parce qu'il ne se laisse pas enfermer dans un cadre univoque. Loin de se cantonner à une architecture binaire dans laquelle tout serait noir ou blanc, il aime explorer les zones d'ombre et la grisaille. L'entre-deux psychologique et métaphorique l'intéresse plus que le manichéisme idéologique.
    Sa production littéraire elle-même est bien plus protéiforme que ne pourrait le laisser croire sa réputation. Il ne se réduit pas à l'étiquette « romancier de la guerre froide » - et la fin de la guerre froide n'a pas sonné le glas de l'écrivain ; bien au contraire, elle lui a permis d'étendre son terrain de jeu thématique et géographique pour mieux se recentrer sur l'humain -, pas plus qu'à celle, plus englobante, de « romancier d'espionnage ». Mais la simple étiquette de « romancier », même, ne suffit pas à décrire son oeuvre foisonnante. John le Carré a publié vingt-quatre romans, certes, mais il a également écrit une pièce de théâtre et des mémoires. Et ce ne sont pas seulement des livres qu'il a signés de sa plume, mais plus d'une centaine de textes courts : contes, nouvelles, préfaces, articles journalistiques, tribunes, billets d'humeur, discours, et même textes autofictionnels bien avant que ce genre n'acquière ses lettres de noblesse. Premier ouvrage en français consacré à John le Carré, le présent volume rassemble nombre de ces textes, inédits en français à ce jour, qui permettent de constater que le Carré a plus d'une corde à son arc.

  • Simone Weil

    Collectif

    Simone Weil, c'est d'abord un ton qui ne ment pas, qu'on ne peut guère comparer, en authenticité et en élévation, qu'aux derniers livres de l'Éthique de Spinoza.

    Une intelligence philosophique d'autant plus précieuse qu'elle ne se réfugie pas exclusivement dans l'empyrée de la philosophia perennis. Témoin d'une époque détestable, elle a voulu la penser. Il se pourrait bien, pour cette raison, que le siècle qui s'engage soit weilien. Non pas deleuzien, mais weilien. Car elle a pressenti l'imminence de la catastrophe et surtout les conséquences catastrophiques de la catastrophe. À cet égard, elle joue le rôle irremplaçable de ceux qui annoncent le destin apocalyptique de l'humanité, pour tenter d'inverser le cours du temps. Ce Cahier sera placé sous le signe du passage. Passage aussi bien d'Athènes à Jérusalem, la rencontre des philosophes et des prophètes, que de l'Occident vers l'Orient (la lecture des textes sacrés d'Égypte, d'Inde et de Chine et la rencontre météorique avec René Daumal), que l'articulation, chez elle «évidente», de la théorie et de la pratique, de la sagesse et de la science (« la géométrie grecque est une prophétie » - dira-t-elle), de l'université et de l'usine... Une praxis qu'elle s'attachera, en bonne platonicienne, à exhausser.

    Elle a fait sienne la règle implacable de G.-K. Chesterton : toute pensée qui ne devient parole est une mauvaise pensée, toute parole qui ne devient acte est une mauvaise parole, tout acte qui ne devient fruit est une mauvaise action. Il s'agit assurément de l'une des plus grandes pensées de notre tradition philosophique.

  • S'adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l'auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et de la correspondance. Il offre l'occasion de revenir sur les aspects marquants d'une oeuvre littéraire caractérisée par une remarquable diversité, dont il arpente les différents territoires : le ludique et le romanesque, l'interrogation du quotidien, l'exploration autobiographique - l'idée générale étant de donner une vue d'ensemble de l'oeuvre perecquienne sans répéter le discours critique qui lui est déjà consacré.

    Richement illustré d'un cahier iconographique et de nombreux fac-similés in texto, ce Cahier contient un grand nombre de documents, pour la plupart inédits. Il permettra de découvrir de nombreux textes de Georges Perec, dont certains éclairent la formation de l'écrivain : textes de jeunesse, mais aussi premiers écrits critiques qui ont forgé sa plume et sa conception de la littérature, et ne sont pas connus du grand public (recensions pour la Nouvelle NRF, pour la revue Partisans, etc.). Il contient des petits textes ludiques très drôles, qui préfigurent l'engagement oulipien de Perec, mais aussi des esquisses de projets témoignant de la prégnance chez lui de l'interrogation autobiographique (« L'Âge », « Lieux où j'ai dormi », etc.). Les contributions des critiques, écrivains et universitaires reviennent quant à elles sur ces thématiques centrales de l'oeuvre de Perec, mais aussi sur des aspects moins connus, tel le rapport de l'écrivain à la radio ou à l'art contemporain, la place chez lui de l'écriture poétique (qu'elle soit ou non contrainte, comme en témoigne la publication de poèmes rares ou inédits), ou sa proximité avec les recherches actuelles en sciences sociales. On y trouve également des comptes rendus critiques importants, parus au moment de la sortie de certaines de ses oeuvres (W ou le souvenir d'enfance, Espèces d'espaces,...) dans des revues comme Esprit, Les Temps modernes et La Quinzaine littéraire, et jamais réédités depuis. Dans son ensemble, ce Cahier contribue à penser la place décisive prise par Perec dans l'histoire littéraire du XXe siècle.

  • Depuis la parution de son premier recueil de nouvelles, By the North Gate (1963), Joyce Carol Oates s'est imposée dans le paysage littéraire américain comme l'un des écrivains les plus prolifiques. À la fois classique (solidement ancrée dans le paysage littéraire américain depuis plusieurs décennies et régulièrement citée parmi les finalistes du prix Nobel de littérature, par exemple) et iconoclaste (sa présence volubile sur twitter, sa plume acerbe, ses connaissances pointues sur la boxe en font quelqu'un d'indéniablement à part), elle reste à ce jour fascinante. Ce volume des Cahiers de l'Herne constitue la première monographie française sur cette figure de la littérature américaine contemporaine devenue incontournable.
    Cet ouvrage, première étude critique de l'oeuvre de Oates en France, est donc nécessaire. Pour rendre hommage à son ambition balzacienne de faire entrer toute l'Amérique dans son oeuvre, pour rendre compte des chemins déjà tracés dans cette oeuvre labyrinthique par les spécialistes, et pour essayer de lever une part du mystère dont Joyce Carol Oates semble étonnamment toujours auréolée. Le Cahier est constitué d'un faisceau de regards français, britanniques et américains sur l'écrivain : regards universitaires sur son oeuvre protéiforme et ses ramifications à la scène ou à l'écran, regards plus intimes de son biographe, ses collègues, amis, anciens étudiants, regards croisés d'auteurs et de traducteurs, regards de chercheurs découvrant les coulisses de son travail et partageant avec nous ses manuscrits et pages de brouillon annotées.
    Des textes inédits de Oates, des extraits de correspondance avec sa grand-mère ou avec son collègue et ami Russell Banks, ainsi que des photos de l'écrivain entourée de sa famille et ses amis complètent ces portraits et permettront au lectorat français d'embrasser du regard l'impitoyable diagnostic porté par l'auteur sur l'homo americanus ainsi que l'incroyable générosité, drôlerie, et inventivité de cet écrivain inclassable.

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