Librairie Droz

  • La chanson de Roland

    Collectif

    Il existe de la Chanson de Roland, deux traditions, et l'édition du Professeur C. Segre les présente toutes deux de manière exhaustive. Le premier volume est consacré au texte de O (Oxford), corrigé là où cela s'impose, mais en indiquant exactement, dans l'apparat, les variantes du manuscrit et les conjectures de l'éditeur. Le second volume présente de manière synthétique et discute dans le détail de la tradition ß, y compris les textes nordiques (moyen-allemand, norrois, gallois, moyen-néerlandais), dont le témoignage se révèle souvent déterminant. Entre les nombreux cas où O apparaît comme le plus proche de l'archétype, et ceux où le recours aux manuscrits de la tradition ß se révèle utile, les discussions du second volume indiquent une gamme de corrections possibles, d'alternatives et d'hypothèses génétiques, et permettent de voir comme en relief le développement de la Chanson de Roland, du point de vue de son contenu comme celui du style, tel que l'atteste l'ensemble de la tradition.
    Par rapport à l'édition de 1971 de la Chanson de Roland, que le Prof. Segre avait publié à Milan, tout a été revu, remanié et mis à jour, texte et commentaire. Tous les commentaires, précédemment en italien, ont été traduits en français par les soins de Mme Tyssens, Professeur à Liège.

  • La Suite du roman de Merlin est une continuation du Merlin en prose attribué à Robert de Boron. Elle raconte les premières années du règne d'Arthur après l'élection au trône du jeune souverain. Durant ces années, Arthur consolide son pouvoir et la révélation du secret de sa naissance met un terme aux doutes de ses barons, qui l'acceptent définitivement comme roi quand ils apprennent qu'il est le fils d'Uterpandragon. Il épouse Guenièvre et reçoit la Table Ronde... Pourtant, à la différence de la Suite-Vulgate, la Suite du roman de Merlin n'est pas une simple chronique des débuts du règne d'Arthur, car l'auteur a introduit dans son oeuvre un sombre climat de fatalité. L'inévitable catastrophe qui mettra un terme à l'épopée arthurienne trouve son origine dans l'inceste commis par le jeune roi avec sa soeur, la reine d'Orcanie, relaté dès le début du roman.
    Première édition qui tienne compte du manuscrit de Cambridge, inconnu de G. Paris, manuscrit qui porte la trace d'un réel remaniement. Gilles Roussineau donne par ailleurs une très fine analyse de la langue des manuscrits dans son introduction et munit son édition de tous les outils nécessaires à sa lecture et à son étude.

  • Intitulé République des Lettres, République des Arts, ce volume de « Mélanges » témoigne du rayonnement scientifique de l'oeuvre de Marc Fumaroli et manifeste les nombreux liens d'amitié qu'il a noués au long de sa carrière à la Sorbonne et au Collège de France, pendant ses séjours dans les universités d'Europe et d'Amérique, et qu'il continue d'entretenir depuis l'Académie française. Les trente-trois auteurs participant à cet ouvrage explorent les multiples aspects de l'histoire de la culture et des représentations, des formes symboliques et des genres d'expression qui ont suscité l'intérêt de Marc Fumaroli, de la Renaissance au XIXe siècle, en passant par l'âge Baroque et les Lumières. Institutions savantes et diffusion des doctrines ou des croyances ; mythes littéraires et lieux communs de l'imagination profane ou sacrée ; figures du discours et catégories esthétiques ; action et fonctions de la rhétorique ; rapports de la parole éloquente avec la raison ­politique et philosophique, avec la vie sociale et la création artistique : autant de sujets traversés par l'érudition et la pensée de Marc Fumaroli, dont les contributions ici réunies illustrent la fécondité.

  • Le trickster, ou fripon divin, qui joue des bons tours et nargue la société, est un personnage récurrent des traditions littéraires européennes. Il est bien représenté dans le domaine français médiéval : Tristan, Renart et Pathelin ont ainsi passé les siècles en amusant petits et grands, alors que ce sont davantage les situations que le nom des héros qu'a retenues la tradition des fabliaux. Les deux contes à rire ici édités nous en présentent des spécimens bien contrastés : au boucher d'Abbeville, qui ne cherche qu'à se venger des mesquineries qu'il a subies et qui illustre l'expression « l'occasion fait le larron », s'oppose Trubert, dont les tours, souvent ignobles et gratuits, trahissent une propension innée à faire le mal. L'opposition des deux textes est également formelle : alors que Le Boucher d'Abbeville est un fabliau tout à fait typique, ne narrant qu'une anecdote brève, Trubert est, avec ses nombreux épisodes, un véritable petit roman comique qui anticipe le genre picaresque. Les deux récits se complètent ainsi pour donner un aperçu représentatif du thème de la ruse dans la littérature facétieuse du Moyen Age.

  • Avec son célèbre blason du « Beau tétin », composé en exil à Ferrare en 1535, Clément Marot a lancé un véritable phénomène de mode, celui des blasons anatomiques du corps féminin, dont le succès ne s'est jamais démenti dans l'histoire de la poésie française. Considérés dans ce volume comme un objet d'étude à part entière, les recueils de Blasons anatomiques sont non seulement ramenés à leur origine historique sous le règne de François Ier, interrogés dans leurs intentions esthétiques et morales, mais aussi envisagés comme une véritable pierre de touche permettant de mieux apprécier d'autres pratiques qui, elles aussi, touchent au corps et à ses représentations à la Renaissance. On entend ainsi esquisser une histoire du blasonnement anatomique depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIe siècle, à partir du travail des écrivains, poètes et prosateurs, mais aussi des graveurs, des musiciens et des peintres, et cela sous le regard complice ou suspicieux des médecins, des philosophes et des théologiens.

  • Les minutes des séances du Consistoire pour cette année nous révèlent le début de plusieurs conflits importants qui culminèrent en 1555 avec la défaite d´Ami Perrin et des Enfants de Genève face à Calvin. À la suite de la querelle entre Calvin et Bolsec à propos de la prédestination et le libre arbitre, nous retrouvons plusieurs souteneurs de Bolsec devant le Consistoire. En 1551, le Consistoire doit aussi faire front à plusieurs Genevois mécontents du pouvoir grandissant des pasteurs et du nombre de réfugiés qui cro^t rapidement. Des citoyens influents, tels que Philibert Berthelier et Jean-Philibert Bonna, un membre du Consistoire lui-même, se rebellent et tentent de restreindre l´autorité du Consistoire et des pasteurs. Ayant déjà réussi à détourner les Genevois des pratiques catholiques, le Consistoire peut maintenant se concentrer sur d´autres affaires morales. Ainsi, dans ce registre, on trouve beaucoup de personnes convoquées pour avoir dansé, joué aux jeux de hasard ou chanté des chansons profanes. Le Consistoire semble se concentrer en particulier sur le problème des blasphémateurs à tel point que, vers la fin de 1551, le Petit Conseil publie une ordonnance contre les serments frivoles et les blasphèmes. En plus, les actions du Consistoire contre la sexualité illicite continuent à être courantes, ainsi que les questions matrimoniales et les tentatives de réconciliation entre des parties adverses.

  • Dans la relation des nombreuses aventures qui nous sont contées, l'idéal héroïque de la chevalerie errante anime la quête des chevaliers, qu'il s'agisse de Tristan ou des compagnons de la Table Ronde. Les joutes et les combats à l'épée se multiplient... Dans le royaume de Logres, terre d'élection des chevaliers errants, les héros sont reçus avec générosité partout... Textes jusqu'ici inédits, malgré leur grande beauté.

  • L´année 1540 est essentiellement marquée par les suites de l´affaire du traité négocié par les Articulants l´année précédente. Les autorités genevoises tentent à tout prix de le faire annuler, avec succès, en rejetant la faute sur leurs trois ambassadeurs, lesquels sont soutenus par Berne, qui cherche ainsi à laver son honneur.
    La condamnation à mort des Articulants en juin provoque une émeute, dont les conséquences se font sentir jusqu´à la tête du gouvernement et durent jusqu´à la fin de l´année.
    Aux désordres causés par les fugitifs qui ont quitté Genève au lendemain de l´émeute s´ajoutent les infractions de juridiction des officiers bernois dans les terres de Saint-Victor et Chapitre, qui deviennent de plus en plus audacieuses.
    La défense de la ville est une préoccupation constante et les travaux engagés durant l´été 1539 se poursuivent et se renforcent, surtout après les événements de juin. L´entreprise la plus marquante de l´année est la destruction du faubourg de la Corraterie décidée en septembre, malgré les protestations de ses habitants.
    Du côté de la religion et de la discipline ecclésiastique, les ministres de la ville se heurtent à la résistance d´une partie de la population encore attachée au catholicisme. Confrontés à des critiques et à des insolances à leur égard, deux d´entre eux, Jean Morand et Antoine Marcourt, quittent la ville en août et en septembre respectivement. Ces défections ainsi que le changement de majorité au sein du gouvernement entraînent le rappel de Jean Calvin à Genève, qui en a été chassé en 1538. Occupé ailleurs, ce dernier repousse sa venue et n´arrivera qu´en septembre 1541. En attendant, les deux ministres restés à Genève pourront compter sur Pierre Viret, appelé en renfort, lequel arrivera en début d´année.

  • Les deux pièces présentées ont la caractéristique d'être les deux seuls exemples français qui nous soient restés d'un genre dramatique qui fut en son temps aussi florissant que populaire: le jeu de Carnaval. Ces textes, souvent écrits "a grand haste", voire improvisés, rabaissant l'Eglise et la Noblesse, établissant ainsi l'égalité sociale. Le Carnaval était fait pour le peuple et les spectateurs n'y assistaient pas, mais le vivaient en apportant leur participation.

  • Ce tome XI contient six textes: "La résurection de Jenin Landore" ;"George le Veau"; "Les Trois Amoureux de la croix" ; "Le Poulier" ; "L'abbesse et Soeur Fessue" ; "L'Aveugle et le Boiteux".

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Sommaire: A.Legros "Que sais-je de Montaigne?"; J.O'Brien "Si avons nous une tres-douce medecine que la philosophie"; K.Sellevold "Phônai skeptikai et expressions modalisantes, ressemblances et différences"; A.Legros "Colloque pour voix sceptiques et parole(s) divine(s) entre librairie et 'Apologie'"; S.Giocanti "Quelle place pour Dieu au sein du discours sceptique de Montaigne?"; M.Habert "Aspects sceptiques de la traduction de Sebond"; J-C.Margolin "D'Erasme à Montaigne: l'écriture de l'opinion et la double voie de la croyance"; B.Pinchard "Humanisme de la chose, humanisme de la glose. Cajétan et Montaigne"; S.Geonget "Perplexité et scepticisme dans les Essais ou la souris et le ver à soie (III, i)"; O.Guerrier "Le champ du 'possible': de la jurisprudence aux Essais"; K.Almquist "Du prêt et de l'usufruit des images. Le droit de la propriété dans la pensée sceptique de Montaigne"; P.Desan "Montaigne et le doute judiciaire"; J-L.Viellard-Baron "Croire ou ne pas croire? Montaigne et la foi"; E.Naya "Le doute libérateur: préambules à une étude du discours fidéiste dans les Essais"; T.Gontier "L'essai et l'expérience. Le scepticisme de Montaigne par-delà le fidéisme"; N.Panichi "La raison sceptique comme figure de l'ethique"; A.Tournon "La question du Préteur"; J.Balsamo "La critique des dispositions testamentaires: un scepticisme peu philosophique; G.Defaux, "Montaigne et l'expérience: réflexions sur la naissance d'un philosophe sceptique - et 'impremedité'"; D.Brancher "'N'y plus ne moins que la rubarbe qui pousse hors les mauvaises humeurs': la rhubarbe au Purgatoire"; M-L.Demonet "Du jeton à l'éponge"
    A ceux qui cherchent sa "matière", Montaigne offre sa "manière"; ceux qui s'arrêtent à son style, il les renvoie à sa pensée. Terrain de la rencontre: l'art de douter et/ou de croire, le doute comme art et comme hygiène, le scepticisme comme écriture, le traitement que cette écriture fait subir aux trois grandes sciences de l'époque, théologique, juridique, médicale. Il est question dans ce volume, autour de Montaigne et avec lui, de Sextus Empiricus et de Diogène Laërce, de Raymond Sebond, d'Erasme, de Cajetan, de La Boétie, de Ponce Pilate et de Dieu, mais aussi de souris et de vers à soie, de rhubarbe purgative, de jurisprudence et de testaments; sans oublier les grand sujets attendus: éthique, raison et expérience, foi et "fidéisme", opinion et croyance... Quatre sections: traits (J. O'Brien, K. Sellevold, A. Legros, S. Giocanti, M. Habert), conférences (J.-C. Margolin, B. Pinchard, S. Geonget, O. Guerrier, K. Almquist, P. Desan), dogmes (J.-L- Vieillard-Baron, E. Naya, T. Gontier, N. Panichi), expériences (A. Tournon, J. Balsamo, G. Defaux, D. Brancher); avec une bibliographie générale et un index des noms.

  • Les humanistes ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la critique littéraire et la constitution de la poétique comme discipline distincte de la grammaire et de la rhétorique. Ils ont conditionné la réception des traités antiques, en particulier la Poétique d'Aristote et l'Art poétique d'Horace, et ont problématisé des concepts appelés à une grande fortune, comme la mimèsis, la catharsis, le decorum ou l'ut pictura poesis. Ils ont apporté des éléments théoriques originaux, élaboré des taxinomies génériques complexes et repensé les systèmes de classification des arts. Cette Anthologie offre une vision synthétique des textes théoriques latins en Europe, du Trecento à la fin du XVIe siècle. Elle présente les principaux penseurs et leur art poétique, analyse les notions clefs et propose un choix de textes emblématiques, édités, traduits et contextualisés. Un bel outil de travail pour penser l'utilité de la poésie, la création, l'histoire littéraire et les normes esthétiques.

  • Le siècle de l'humanisme, le xvie siècle, est celui du développement des études hébraïques dans plusieurs pays d'Europe occidentale, en dehors même des communautés juives. Stimulés par les progrès faits en Allemagne, en Italie ou en Espagne (Johannes Reuchlin, Agostino Giustiniani, Agazio Guidacerio jouent un rôle fondamental à cet égard), plusieurs savants français se mettent à l'étude de l'hébreu ; leurs efforts sont concrétisés par la création des Lecteurs royaux (futur Collège de France), avec deux chaires d'hébreu et une chaire d'études orientales. Pendant tout le xvie siècle sont rédigés des instruments de travail : grammaires, alphabets, dictionnaires et, avec ou sans traduction latine (notamment à Paris et à Lyon), des textes bibliques et rabbiniques. Le recours aux commentaires en hébreu (Rashi, Abraham Ibn Ezra, David Qimi) apparaît alors indispensable aux yeux de nombreux exégètes chrétiens. La littérature kabbalistique est l'objet d'un engouement de la part de certains savants, attirés par les spéculations arithmologiques ou par un certain ésotérisme ; mais certains y voient également un moyen d'approfondir le message de l'Ancien Testament et d'asseoir certains dogmes du christianisme.
    Le présent ouvrage présente cette riche matière, en étudiant les moyens et les méthodes d'enseignement et de diffusion de l'hébreu et en examinant le travail des hébraïsants. Il convient de souligner l'influence, directe ou non, de ces études (en particulier kabbalistiques) sur la littérature française du xvie siècle.

  • Comme les deux précédents, le douzième volume des registres du Consistoire de Genève, qui comprend quasi toute l'année 1557, révèle la croissance soutenue du pouvoir de Calvin et du Consistoire. Ce volume plus long que les précédents signale d'emblée l'intensification des efforts disciplinaires de l'institution. Ce n'est qu'en 1556 que Calvin et les autres assistants reçoivent le droit de faire prêter serment aux témoins; l'année suivante, le Consistoire engage pour la première fois des poursuites pour faux témoignage. Le Consistoire continue à lutter contre la fainéantise et le vagabondage, alors que les autorités manifestent une inquiétude grandissante au sujet de la dissipation des biens. En parallèle, la paillardise demeure un des délits les plus souvent poursuivis. Calvin et ses collègues condamnent la violence conjugale, mais les hommes reconnus coupables ne reçoivent généralement que des remontrances. Le Consistoire jouit du droit exclusif d'excommunier, et ceux qui sont exclus de la Cène doivent demander leur réadmission à la communion dans l'intervalle d'une année sous peine d'être bannis.

  • L'année 1542 est marquée par l'inquiétude. L'avenir des relations entre Genève et Berne est incertain à la suite du refus de la seconde de ratifier le Départ de Bâle, négocié l'année précédente pour tenter de mettre fin à leur différend au sujet des terres de Saint-Victor et Chapitre. Si les pourparlers reprennent, l'année se termine sans avancée significative. La reprise des hostilités entre François Ier et Charles Quint voit le passage de milliers de soldats à travers la ville. Dans ce contexte, Genève continue à se fortifier, ce qui grève lourdement les finances publiques. Autre menace à frapper la ville, la peste se déclare en septembre. La peur de la contagion s'installe ; l'accès à la ville est restreint et des mesures d'hygiène sont imposées. En matière de politique intérieure, l'Edit du lieutenant, réglementant la justice, est adopté en Conseil général et le Consistoire, organe destiné à veiller au maintien de l'orthodoxie et à lutter contre les délits envers la foi, est mis en place.,

  • Pedro López de Ayala (1331-1407) mit à profit les loisirs forcés d'une captivité au Portugal qui dura deux années (1385-1387) pour rédiger ce traité de fauconnerie qui n'a cessé depuis de faire autorité en Castille. Initié à cette activité dès sa jeunesse, il eut l'occasion d'enrichir ses connaissances au gré des voyages qu'il effectua comme diplomate dans les royaumes voisins. Il réunit dans son traité tout ce savoir accumulé et l'expose méthodiquement à l'intention de futurs praticiens, en l'illustrant de nombreux souvenirs personnels. Il conseille le moyen de choisir les meilleurs sujets, décrit en détail les étapes de l'affaitage et propose une information très complète sur les maladies ou les accidents dont les oiseaux peuvent être victimes et le meilleur moyen de les soigner, en s'inspirant d'un traité rédigé peu d'années auparavant par Pero Menino, fauconnier du roi du Portugal Ferdinand Ier. C'est la première fois que ce traité est traduit en français.

  • En cette année 1599, Bèze a quatre-vingts ans et quelques ennuis de santé, mais ne cesse de se soucier du sort des Eglises réformées d'Europe. Malgré l'entrée en vigueur de l'Edit de Nantes signé l'année précédente, malgré la guerre de l'empereur contre les Turcs et la résistance des Pays-Bas face à l'Espagne, la Contre-Réforme est en marche un peu partout, provoquant chez Bèze des réflexions apocalyptiques. La situation des Eglises suisses est cependant meilleure et Bèze espère qu'aucune pensée hétérodoxe ne viendra les perturber. Cette année encore, la France a une place très importante : il y est question du synode de Montpellier, du problème récurrent de la pénurie de pasteurs, de l'admiration particulière de Bèze à l'égard de la soeur du roi, Catherine de Bourbon, protestante fidèle malgré son mariage avec le très catholique duc de Bar, futur duc de Lorraine. De même se poursuit la correspondance régulière avec Duplessis-Mornay, dont le traité sur l'eucharistie a ravi Bèze autant qu'il a fâché le roi. Henri IV, justement, est alors en pleine négociation avec le duc de Savoie à propos du sort du marquisat de Saluces, ce qui ne laisse pas d'inquiéter les Genevois qui craignent que le roi ne leur retire sa protection. A cela s'ajoute la suite de l'affaire des « bagues » du roi, laissées en dépôt chez Bèze depuis une dizaine d'années ; malgré les lettres du réformateur qui demande au roi et à son entourage de l'en débarrasser, l'affaire continuera en 1600... Enfin, en marge des transactions financières liées à la vente de sa bibliothèque aux Zastrisell, Bèze tente de persuader la généreuse famille morave de republier un Pentateuque imprimé autrefois à Constantinople.,

  • Le volume Textes au corps se veut entièrement tourné vers une littérature aimée avant tout pour elle-même, dans sa densité vivante, et vers l'empoignade qui en résulte avec les mots, les lieux, les hommes de la Renaissance et leur existence concrète. Composé à l'initiative d'élèves, d'amis et d'admirateurs de Marie Madeleine Fontaine, il vise à illustrer, souligner et célébrer une recherche et un enseignement qui se sont très tôt attachés aux traces les plus humaines et contingentes des enthousiasmes et des embarras de nos auteurs, à travers le parti-pris omniprésent du plaisir, du corps, des sens, et donc aussi de la gaieté, du rire. Le fait d'envisager sans solution de continuité l'art de rimer et composer et l'art du saut, de la voltige ou de la chasse, par exemple, a permis de repousser les bornes de la littérature, érigeant celle-ci en art total, et la circulation des savoirs en une réalité harmonieuse et vivante que ce volume reflète, tant dans ses jeux de miroirs que dans ses lignes de fuite.

  • Ce neuvième volume des Registres du Consistoire de Genève (1554) est visiblement plus long que les trois précédents ; ceci s'expliquant par l'intensification des conflits entre, d'un côté, Jean Calvin et le Consistoire, et de l'autre, les Enfants de Genève qui cherchent à limiter l'influence des pasteurs, tous d'origine française.
    L'administration de la Sainte Cène reste l'un des points principaux de la contestation, le Consistoire revendiquant le droit exclusif d'accepter ou d'exclure les fidèles du sacrement, tandis que d'autres personnes pensent que l'excommunication relève du Petit Conseil ; cette confusion n'est pas résolue avant l'année suivante. En 1554, Calvin et les représentants genevois se retrouvent aussi en conflit avec Berne où certains pasteurs condamnent comme hérétique la doctrine de la prédestination. C'est aussi en territoire bernois que Jérôme Bolsec, expulsé de Genève pour ses critiques à l'encontre de cette doctrine, continue à attaquer la théologie de Calvin. Le Consistoire poursuit ses mesures contre la danse, les chants profanes, les jeux de hasard et les superstitions, et punit même des couples déjà mariés qui auraient eu des relations sexuelles avant leur mariage. On trouve dans ce volume de nombreux exemples de personnes qui, après s'être converties à la Réforme, retournent dans leur France ou leur Savoie natale et assistent à la messe. Au grand désarroi de Calvin, nombreux sont ceux qui passent sans difficultés du culte réformé au culte catholique, et vice-versa, selon leur lieu de vie.

  • Prélat d'Etat, ayant joué un rôle central dans la vie politique, diplomatique, religieuse et culturelle du XVIe siècle en France et en Europe, Charles de Guise, cardinal de Lorraine, a été pendant longtemps l'un des personnages les plus maltraités par l'historiographie. Hors de toute intention apologétique, une révision s'imposait, permise par quelques travaux fondateurs, principalement d'origine anglo-saxonne, afin de comprendre la complexité d'un personnage à bien des égards énigmatique, ainsi que son évolution voire ses revirements., Le présent volume réunit vingt-cinq contributions de chercheurs français et étrangers, attentifs à éclairer la personnalité et l'action du cardinal de Lorraine par de nouveaux documents et une plus juste périodisation. Leur objectif a été de mieux estimer le rôle du cardinal de Lorraine dans les débats religieux et la réforme de l'Eglise et de mettre en évidence les permanences et les évolutions de ses conceptions, ainsi que de comprendre son action politique et diplomatique sur le théâtre européen comme à la cour de France, dans le cadre d'une monarchie en pleine évolution et d'un Etat en faillite, et enfin de révéler les formes et la richesse d'une commande artistique et littéraire originale et novatrice. L'ouvrage est attentif à la diversité des terrains d'action : ville et archevêché de Reims, Champagne et Lorraine, pays européens, liens privilégiés avec l'Italie.,

  • Le printemps d'yver

    Collectif

    Le Printemps d'Yver, oeuvre unique de Jacques Yver, fut publié une trentaine de fois de 1572 à 1600, traduit en anglais dès 1580, et réédité une seule fois, en 1841, par P. Lacroix. La présente édition redonne à ce grand texte son état originel avec les variantes et corrections nécessaires, en même temps qu'elle restitue son auteur, mort à 24 ans peu avant la parution du Printemps. Sous Charles IX, pendant les guerres civiles, cinq jeunes gens se réunissent cinq jours dans un château poitevin autour d'une « dame », et racontent chacun une « histoire ». Décor, dialogues et récits assurent à l'entreprise romanesque un caractère plus homogène et complexe qu'il n'y paraît. Inspiré notamment par ce qu'ont écrit Ronsard et Belleau avant 1572, Yver lie étroitement prose et poèmes et invente une « belle langue » aux registres très variés, au service d'un ensemble savamment composé: il lui importait de livrer avec humour les doutes et les inquiétudes d'un jeune gentilhomme sur les hasards tragiques de l'amour, le suicide, l'amitié, la guerre, la géopolitique, préfigurant parfois Montaigne, son aîné. Par ses connaissances et ses goûts multiples, le Printemps contribue à créer une réflexion nouvelle sur les arts de représentation et les plaisirs de la musique et de la danse. Par ses intrigues et sa langue, l'oeuvre sert durablement de modèle en France et en Angleterre.,,

  • Philippe de Mézières : un nom qui sonne haut et clair, avec des dates de vie connues (1327-1405). Au-delà, un quasi-inconnu. Un des personnages majeurs de son temps, qui n'était pas loin de sombrer dans l'oubli complet. Et pourtant ! « Petit chevalier picard », comme il le dit de lui-même, il sera conseiller et interlocuteur de cinq rois, voire six, deux empereurs et deux papes, croisé à moins de vingt ans - un choix qui le marquera pour la vie dans son esprit, son action et son oeuvre -, voyageur inlassable et actif à travers toute l'Europe et en Orient, écrivain prolifique et penseur puissant, homme d'influence et de passion. L'ignorer reviendrait à perdre des pans importants de l'histoire et de la pensée de son temps, à occulter, dans sa complexité, cette « géographie de l'action » qu'il symbolise mieux que personne. Comment ramener Philippe de Mézières à la lumière, sinon en rendant d'abord au public, savant ou plus large, son oeuvre écrite, en commençant par ce qui en est sans doute la pierre angulaire, le Songe du Viel Pelerin ? Joël Blanchard en avait donné une traduction magistrale en 2008. Il nous livre aujourd'hui l'édition critique nécessaire du Songe, ce stupéfiant « récit de voyage » dans une Europe multiforme et secouée de cent crises, qui est en même temps, décliné sur un échiquier symbolique, un programme de « réformation » du monde chrétien, aussi structuré qu'utopique. Le souffle prophétique en est d'une rare puissance.

  • Ce volume est issu de deux colloques organisés par la FISIER à Montréal et Cambridge. Cet ouvrage a pour coeur les bibliothèques d'écrivains (Rabelais, Montaigne, de Thou, Aldrovandi). Les approches de la génétique textuelle et de la « forme » bibliothèque (contenu et contenant) se conjuguent pour étudier sur le vif le jaillissement créatif. Plusieurs études sur les bibliothèques encyclopédiques décrivent la circulation des livres, l'impact de la censure et leur rôle de diffuseur culturel. Des textes sur les bibliothèques publiques au XVIIe siècle, l'architecture des bibliothèques italiennes (de Pétrarque à Bembo) et la reconstitution de bibliothèques dispersées ou disparues de Rasse des Noeux, Etienne Pasquier, Philippe Desportes, Simone Porzio et Benedetto Varchi, permettent une réflexion sur le développement des bibliothèques de demain, et sur la renaissance de bibliothèques détruites (Turin, 1904).

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