Macula

  • Première traduction française du livre-film de 1961. Scénario et textes de Pier Paolo Pasolini, préface de Carlo Levi et 58 photographies. Traductions de l'italien par J.-C. Zancarini et H. Joubert-Laurencin.

    Le premier film de Pier Paolo Pasolini, Accattone, est projeté le 31 août 1961 à la Mostra de Venise. Le monde qu'il dépeint, un sous-prolétariat romain majoritairement inconnu des Italiens, avec son lot de maquereaux, voleurs et prostituées, est trop sulfureux pour une Italie encore très traditionnelle : le film sera interdit aux moins de 18 ans par crainte des « conséquences du choc » qu'il pourrait entraîner sur des jeunes gens pas encore tout à fait matures.

    Avant d'être un film, Accattone est un scénario d'une grande beauté, d'une puissance exceptionnelle de l'écrivain-poète Pasolini. Son personnage, Accattone (mot que l'on pourrait traduire par « mendiant »), est un proxénète oisif dont la protégée est envoyée en prison. Se retrouvant alors sans gagne-pain, il remarque une jolie jeune fille qu'il va vouloir mettre sur le trottoir, mais conquis par sa pureté, il en tombe amoureux, allant même jusqu'à tenter de travailler pour lui éviter la prostitution.

    Le livre-film d'Accattone paraît à Rome en 1961, pour la sortie du film, suivant ainsi la tradition italienne : longtemps, en effet, il fut presque systématique que le film d'un cinéaste digne de ce nom s'accompagnât d'un livre. Or celui d'Accattone a pour particularité d'être entièrement de la main du poète-cinéaste, si l'on met de côté la préface de l'écrivain Carlo Levi. Le scénario est précédé de quatre textes de Pier Paolo Pasolini : deux « Veilles », récits sous forme de journal intime des journées du cinéaste en devenir, ses rencontres, ses incertitudes, les préparatifs et les repérages précédant le tournage, puis deux textes plus théoriques et stylistiques : « Cinéma et littérature. Notes après Accattone », sorte de dissertation sur les figures de style appliquées au langage du cinéma et enfin « Sens d'un personnage. Le paradis d'Accattone » dans lequel l'auteur prévoit et écarte par avance les interprétations catholiques qui furent effectivement faites de son oeuvre. Les textes de Pasolini sont saisissants, intenses, parfois rageurs ou nostalgiques, toujours magnifiques.

    Cette traduction française reprend intégralement le livre-film d'Accattone paru à Rome aux éditions FM en 1961, avec les 58 photographies qui l'accompagnaient.


    Volume II - Dossier Accattone, une plongée passionnante dans l'univers du grand poète-cinéaste.

    Avec des textes inédits de H. Joubert-Laurencin, Ph.-A. Michaud, F. Galluzzi et Ch. Caujolle, un regard de Pasolini sur la disparition de cette culture des borgate si bien dépeinte dans Accattone, des critiques contemporaines de la sortie du film en France, une riche documentation et 64 illustrations (photogrammes, photographies de plateau et de repérage).

    Ce Dossier qui accompagne la publication du scénario d'Accattone, réalisé par Pier Paolo Pasolini en 1961, regroupe un ensemble d'analyses consacrées à la genèse du film, à ses enjeux figuratifs et formels, aux relations qu'il entretient avec la peinture (celle de Masaccio, celle de Caravage) qui déterminent le style cinématographique, délibérément antinaturaliste, de l'écrivain-cinéaste.

    Une documentation sur les archives d'Accattone et ce qu'elles nous apprennent des différentes étapes du film, une bibliographie et une fiche technique complètent ce volume.

  • Quatre auteurs du XVIIe siècle, quatre Vies, quatre histoires qui se recoupent ou se complètent, racontées par quatre témoins qui ont connu le peintre à Rome, dans quatre moments de son existence.
    Non pas un évangile synoptique, une biographie édifiante, mais un faisceau de traits significatifs ou poignants - lettres, récits, anecdotes, analyses de toile, points de doctrine, aphorismes - d'où surgit un composé singulier d'artisan scrupuleux et de philosophe stoïcien qui résume toute son existence en quelques mots : «Je n'ai rien négligé.» Un sort particulier est fait, dans notre ouvrage, à la Vie écrite par Félibien. Subvertissant le Beau idéal de Bellori, une esthétique à la française s'y affirme, sans dogmatisme, où les effets de la pratique - amitié des couleurs, tremblement de la main, mise en alerte du spectateur - viennent contrebalancer les rigidités du système académique.
    Depuis trois siècles, Poussin, figure tutélaire de l'art classique, porte sur nous son regard exigeant, scrutateur : «Toutes les fois que je sors de chez Poussin, écrit Cézanne, je sais mieux qui je suis.»

  • Le cinquième numéro de Transbordeur explorera l'histoire des relations entre photographie et design du XIXe au XXIe siècle. Différentes thématiques seront abordées : la photographie du design et le rôle de la photographie dans les publications liées à ce champ ; les relations entre photographes et designers, notamment l'apprentissage de la photographie dans les écoles de design ; la photographie comme matériau pour le design et les usages de la photographie par les designers (collecte visuelle, expérimentations, réflexion sur le projet, exposition, archives et publicité) ; enfin, l'introduction du design dans la photographie et notamment dans le domaine des appareils photographiques. Ouverture sur des champs de recherche encore peu explorés, ce numéro voudrait avant tout esquisser une histoire croisée de la photographie et du design sur le temps long.

  • Au cours des années 1920, la photographie est devenue une « arme dans la lutte des classes », selon l'expression consacrée dans les milieux communistes. C'est en effet à ce moment que les travailleurs se saisirent d'appareils photographiques dans le but de documenter leur quotidien, leur travail et leurs loisirs, plus singulièrement leur engagement dans le mouvement social.
    Cette nouvelle méthode d'agit-prop, consistant à déléguer aux ouvriers les moyens de production visuels, s'est étendue à différents pays - l'Allemagne et l'URSS en premier lieu, mais aussi la Tchécoslovaquie, la France, les États-Unis, etc.
    Dix ans après l'exposition tenue à Madrid, A Hard and Merciless Light, et un an après l'exposition du Centre Pompidou Photographie, arme de classe, ce numéro 4 de Transbordeur rend compte de l'actualité foisonnante de la recherche sur la photographie ouvrière en étendant le sujet tant sur le plan géographique que chronologique.
    La partie Varia du numéro 4 fera une belle place à la photographie africaine.

  • Depuis la divulgation du procédé en 1839 jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombre d'amateurs ou de professionnels militent pour la création d'un musée de photographie. On conserve la trace de multiples projets, d'ampleurs variées qui, s'ils n'ont pas abouti, sont les lieux de cristallisation des espoirs très vite associés à la photographie. L'histoire jusqu'alors mal connue de ces divers projets est traversée par une hésitation fondamentale, liée au statut ambivalent de l'image photographique : devait-on créer un musée des photographies, pensé selon le modèle d'un musée des copies et reproductions photographiques, ou un musée pour la photographie, son histoire, sa technique, son caractère artistique ?
    Éléonore Challine retrace ce lent et délicat processus de légitimation du nouveau médium au sein de la sphère institutionnelle française. Cette histoire est animée par des personnalités singulières, toutes convaincues de la nécessité de préserver la photographie et de lui donner un lieu, tels Louis Cyrus Macaire, Léon Vidal, Louis Chéronnet, Raymond Lécuyer ou encore Gabriel Cromer, dont la fabuleuse collection partit pour les États-Unis en novembre 1939 sur l'un des derniers paquebots américains quittant la France, laissant le goût amer d'une perte irrémédiable. Une galerie de portraits de ces figures oubliées s'imposait pour redonner vie et épaisseur à ce milieu qui oeuvre pour le musée, excédant le strict monde « photographique ».
    Conçu sous la forme d'une vaste et minutieuse enquête, à la recherche d'archives et de traces écrites ou visuelles inédites de ces projets, cet ouvrage se déroule, tel un drame bourgeois, en cinq actes. Quatre actes pour en narrer l'histoire contrariée des années 1840 jusqu'aux années 1930, puis un dernier acte sur l'histoire contournée cette fois-ci, étudiant d'une part les formes éphémères du musée photographique que sont les expositions rétrospectives et, d'autre part, ses formes portatives comme le livre.

  • Le présent numéro de Transbordeur regroupe une quinzaine d'articles composant un volume de 236 pages richement illustré. Il est divisé en quatre sections : un dossier thématique - Musées de photographies documentaires - regroupant huit études ; une section « collections » où sont décrits et analysés succinctement des fonds photographiques, faisant une large part aux archives et musées ; une sélection d'articles libres (varia), faisant une large place aux traductions de textes de chercheurs internationaux ; une section « lectures », consacrée à des comptes rendus d'ouvrages.

    Le titre de notre revue évoque le passage entre les rives, la traversée des frontières disciplinaires comme nationales. Il renvoie au pont transbordeur de Marseille, perçu par l'avant-garde des années 1920 tout à la fois comme un produit de la technique, un instrument de vision et un objet d'expérimentations photographiques. L'imaginaire de la mobilité et du décloisonnement qu'il mobilisait a pu devenir aussi un programme pour l'écriture même de l'histoire des images et des infrastructures techniques, projet qui porte également cette nouvelle revue.

    Auteurs : Teresa Castro, Éléonore Challine, Béatrice de Pastre, Elizabeth Edwards, Romy Golan, Christian Joschke, Frank Kessler, Luce Lebart, Sabine Lenk, C. Angelo Micheli, Valérie Perlès, Alessandra Ronetti, Nicolas Schätti, Tiziana Serena, Bernd Stiegler.

    Traducteurs : Claire-Lise Debluë, Christian Joschke, Anna Knight, Olivier Lugon, Davide Nerini, Estelle Sohier, Jean Torrent, Sophie Yersin Legrand.

  • Durant plusieurs décennies et avant l'avènement de l'électronique, la photographie a suscité les espoirs d'une relève du papier comme support d'accumulation et de diffusion du savoir. Dans ce mouvement d'accélération et d'automatisation de sa diffusion, la photographie a été amenée à dépasser l'opération élémentaire d'enregistrement mimétique du monde pour devenir un médium hybride englobant à la fois l'enregistrement de l'image et le traitement des données relatives à celle-ci. Son statut s'en est trouvé profondément redéfini : de surface servant de support matériel à l'image latente, la photographie est devenue interface à travers laquelle cette même image se trouve non seulement fixée, mais encore augmentée de toutes sortes de renseignements - chronologiques, géographiques, techniques - qui lui permettent de se donner à voir comme information. Revenir sur son histoire oubliée, « chaînon manquant » entre l'ère du livre et la culture numérique, s'avère essentiel pour saisir les fondements de la « société de l'information » contemporaine et des digital humanities.
    Ce troisième numéro de Transbordeur regroupe treize articles composant un volume de 200 pages richement illustré. Il est divisé en quatre sections : un dossier thématique - Photographie et technologies de l'information - regroupant sept études ;
    Une section « collections » où sont décrits et analysés succinctement des fonds photographiques ; une sélection d'articles libres (varia), faisant une large place aux traductions de textes de chercheurs internationaux ; une section « lectures », consacrée à des comptes rendus d'ouvrages.

  • Dès le XIXe siècle, la photographie a constitué un agent majeur de redéfinition des modes d'exposition publique des images. Sa reproductibilité et la multiplicité de ses usages ont contribué à diversifier les lieux d'accrochage, les publics touchés et les interactions avec d'autres moyens de communication visuelle. Sa malléabilité physique, son moindre coût et la large disponibilité de ses motifs ont favorisé un foisonnement d'expérimentations dans les formes de spatialisation des images et ont transformé l'idée même de l'exposition en la rendant mobile et reproductible. Ce numéro propose de contribuer à une histoire scénographique de la photographie et à une exploration des riches croisements des arts de la reproductibilité technique et de l'architecture. Il s'intéresse autant aux expositions didactiques, politiques, techniques ou industrielles qu'aux accrochages artistiques, examine les interactions complexes entre photographes, graphistes, architectes et scientifiques dans ce cadre, et fait redécouvrir de nombreuses manifestations oubliées de 1839 à la photographie numérique.

    Ce deuxième numéro de Transbordeur regroupe une quinzaine d'articles composant un volume de près de 250 pages richement illustré. Il est divisé en quatre sections : le dossier thématique - « Photographie et exposition » - regroupant dix études ; une section « collections » où, à travers quatre articles, sont examinés des fonds photographiques et des projets artistiques ou curatoriaux contemporains en lien à la thématique du dossier ; une sélection de trois articles libres (« varia ») portant sur des sujets internationaux et des périodes variées ; une section « lectures », consacrée à des comptes rendus d'ouvrages.
    __________ Transbordeur est une revue d'histoire de la photographie. Elle s'adresse à tous ceux qui sont intéressés par les images, leur histoire, leur sociologie, leur évolution technique, leurs significations et matérialités multiples, leur rapport au temps et à l'histoire, leur circulation ; à tous ceux qui veulent comprendre le monde contemporain à travers l'histoire de la culture ; à tous ceux qui jettent un regard critique et curieux sur les phénomènes visuels qui les entourent. Plutôt que d'approcher la photographie d'un point de vue strictement esthétique, la revue Transbordeur a pour ambition de montrer sa place dans toutes les activités de la société, d'analyser comment elle a transformé en profondeur notre rapport au monde. La photographie s'est imposée en effet dans l'école, la science, l'art, l'information, le commerce, la politique, l'industrie, la guerre, les transports, l'espace privé et public. Elle s'est étendue au livre et à la presse, à la scénographie d'exposition et au cinéma, à la production des savoirs, à la prose et à la poésie. Ce sont tous ces aspects de notre culture de l'image qu'il s'agit de comprendre et d'analyser.

    Le titre de notre revue évoque le passage entre les rives, la traversée des frontières disciplinaires comme nationales. Il renvoie au pont transbordeur de Marseille, perçu par l'avant-garde des années 1920 tout à la fois comme un produit de la technique, un instrument de vision et un objet d'expérimentations photographiques. L'imaginaire de la mobilité et du décloisonnement qu'il mobilisait a pu devenir aussi un programme pour l'écriture même de l'histoire des images.

    Comité de rédaction.
    Estelle Blaschke, Claire-Lise Debluë, Claus Gunti, Christian Joschke, Olivier Lugon, Estelle Sohier.

    Déjà paru :

    Numéro 1 : Musées de photographies documentaires. février 2017.
    Dossier dirigé par Estelle Sohier, Olivier Lugon et Anne Lacoste.

    Prochains numéros à paraître :

    Numéro 3 : Photographie et technologies de l'information. février 2019.
    Dossier dirigé par Estelle Blaschke et Davide Nerini.
    Numéro 4 : Le monde vu d'en bas. février 2020.
    Photographie ouvrière des années 1920 et 1930.
    Dossier dirigé par Christian Joschke et Clément Chéroux.

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