Maelstrom

  • Sélection de 10 auteurs destinés à être lus aux élèves de Belgique.
    Avec des textes de Joke van Leeuwen, Luc Baba, Lotte Dodion, Youness Mernissi, Stijn Vranken, Lisette Lombé, Geert De Kockere, Gioia Kayaga, Seckou Ouologuem, L'Ami Terrien.

  • Ce nouveau « genre » a le mérite de mettre en ébullition les neurones de tous les opérateurs francophones ou flamands, liés à ce marché dit de niche. Leur réaction est plutôt : chiche ? Le Poète national, en 2014, était flamand. Il s'appelle Charles Ducal. En 2016, la poétesse nationale est francophone. Elle s'appelle Laurence Vielle. C'est ensemble qu'ils nous invitent, à réfléchir, à la mise en marche d'un mouvement qui a déjà installé une nouvelle dynamique dans le Nord du pays. Cela semble sans retour. Aujourd'hui, de jeunes poètes de 15 à 26 ans, flamands et francophones, marchent sur leurs pas.
    La poésie n'est pas à vendre : elle est à prendre ! C'est le pari de plus de 100 jeunes qui ont répondu à notre appel à projet : écrire un poème autour du thème la première fois.
    Ce bookleg reprend une sélection des 20 poèmes sélectionnés parmi lesquels les deux lauréats du Prix « Jeune Poète national » : un francophone, un flamand.
    La proclamation a eu lieu le 8 mai 2016 au Poème 2. (Dolorès Oscari, Directrice du Poème 2)

  • Voici pour la deuxième année consécutive le livre du fiEstival!
    Un collectif de trente-quatre auteurs composé par les artistes invités et les proches.
    Seule consigne : un texte ou une image qui réponde au thème «zOOdiac - What is human?» Depuis la nuit des temps, l'être humain projette dans le ciel des histoires des origines, des liaisons entre les astres, leur trouve des formes et des noms d'animaux sacrés et quotidiens, de dieux et de déesses. Le ciel comme miroir de la terre. La terre comme échiquier d'un jeu céleste. Le cirque des douze signes, comme autant de types de personnalités, renvoie dès lors à cette question de fond : What is human? Qu'est-ce que l'humain?
    Contributions de Luc Bigé, Daniel De Bruycker, Arthur Thimonnier, nicolasANKoudinoff, Maxime Deckers, Paul Sanda, Lisette Lombé, David Giannoni, Milady Renoir, Dominique Massaut, Nadejda Peretti, Catherine Serre Biaggio Capodici, Martin Bakero, Chantal Deltenre, Bruno Geneste, Klervi Bourseul, Rolf Doppenberg, Jan Ducheyne, Tom Buron, Laurence Vielle, Kenny Ozier-Lafontaine, Gauthier Keyaerts, Simona Petitto, CeeJay, Fabian di Maria, Pierre Guéry, Yumma Mudra Chorésophe, Démosthène Agrafiotis, Rio di Maria, Christine Guinard, Pascale Moulias, Caroline Boulord et Raji Chorésophe.

  • Pour réconcilier le passé avec l'avenir, Philippe de Belgique et Roi des Belges ne pouvait rêver meilleure occasion que l'inauguration le 8 décembre 2018 du Musée royal de l'Afrique centrale consciencieusement repensé. Politique, stratégique, diplomatique, les enjeux innombrables et les intérêts en présence, largement incompatibles, se sont bousculés au portillon de l'Histoire en train de s'écrire. Les semaines qui ont précédé, le Palais a connu une jolie effervescence, perturbant d'abord les services de la Sûreté de l'État, puis la Direction du protocole, enfin l'atmosphère au sein de la famille royale. Jeux d'influence, concours de vitesse, conspirations de couloir : tous les moyens étaient bons pour mettre dans la bouche du Roi les mots les plus pertinents sans dépasser les 3.000 signes, espaces comprises. Un vent favorable nous a fait parvenir les 36 propositions ayant passé la présélection.

  • Faire pays dans un pays. Reconquérir un territoire politique au rythme lent de la marche.
    Porter des regards sur des situations qui disent les tensions du présent et du futur. Susciter les rencontres, les questions, les débats.
    Le 20 mai 2017, à l'initiative des Acteurs des Temps Présents, deux marches se sont élancées, l'une de Liège, l'autre de Tournai, pour aboutir à Bruxelles. La première, la « marche des Communs », partait à la découverte de situations où les intérêts de quelques-uns mettent en péril le bien commun. Avec la seconde, la volonté était de repérer des lieux où se marquent la précarisation, l'appauvrissement que subit la région, afin d'envisager les réparations possibles ? d'où son nom de « marche des Réparations ».
    Pour les marcheuses et marcheurs, il s'agissait, dans la foulée, d'élaborer collectivement une narration politique d'un type inédit, en proposant une autre manière de voir et de raconter le pays qui se dessinait sous leurs yeux. Ce livre entend garder trace de ce mouvement et en prolonger l'élan.
    Textes, dessins et photos : Célestin de Meeûs, Alain Van Assche, Paul Hermant, Marie-France Simon, CESEP, Carmelo Virone, Françoise Lesage, RaF Pirlot, Sophie Cereghetti, Caroline Larmarche, Timotéo Sergoï, Mathieu Bietlot, Fideline Dujeu, Laetitia Clin, Matteo Orselli, Cédric Rutter, Cepag, Emilie Jacquy, Jean-Michel Hutsebaut, Métallos WB, Henri Alain, Tom Nisse, Martine Depauw, Véronique Nahoum-Grappe, Radio Panik, Saïd Elouizi, François Hubert.

  • « Avec l'énergie du désespoir, il faut en premier lieu déboucher l'avenir, et la question de savoir ce dont il sera fait ne se pose même pas. Il y aurait même quelque indécence à la poser trop tôt : ce serait se tromper d'urgence. » « Ben Ali, dégage ! » Ce cri, qui a eu raison de l'autocrate tunisien et qui fait tache d'huile dans le monde entier marque une rupture dans l'histoire des insurrections. Pour la première fois, il ne s'agit pas de prendre le pouvoir mais de déloger celui qui le détient, de vider la place qu'il occupe.
    Dans une révolution, le vide est impensé comme tel : la vacance du pouvoir est nulle puisque la destitution de l'ancien pouvoir et l'institution du nouveau sont un seul et même mouvement.
    À l'idéalisme naïf du révolutionnaire succède le réalisme créateur du dégagiste désillusionné, mais vacciné. Il n'est désormais de chaise qu'éjectable. Si l'alternative transitoire à l'occupation de la chaise reste vague, le temps de la contemplation vigilante de ce vide - le temps dégagiste par excellence, un temps de haute et riche incertitude, à faire trembler les places boursières - aura suffi à enraciner dans les consciences ainsi affûtées une méfiance salutaire à l'endroit de celui qui planera autour de la chaise laissée vide. Un pas décisif vers la protodémocratie.

    Le Collectif MANIFESTEMENT a été fondé en 2005 à Bruxelles pour y réaliser, une fois par an, une manifestation sur un thème inattendu, toujours clivant, courageux et jubilatoire, souvent visionnaire et radical, parfois hilarant. Chemin faisant, le Collectif a forgé les concepts de dégagisme, rattachisme, non-manifestation, manif paradoxale et protodémocratie.
    Aux éditions maelstrÖm, il a publié les Revendications de (pré-)SDF bruxellois (2011) qui ont débouché sur la création de l'asbl DoucheFLUX, Le Manifeste du dégagisme (2011) bientôt suivi de son détricotage avec Le Dégagisme du manifeste (2017), ainsi que l'époustouflante Chronique du rattachement de la Belgique au Congo (2017).
    Mouvement artistico-politique belge et néanmoins irréductible à tout « surréalisme » ou tout autre courant dépassé et donc commercialisable, le Collectif MANIFESTEMENT s'impose comme une réalité incontournable dans le paysage visible depuis le croisement de la politique, de l'art et de la philosophie. Tout est archivé là : www.manifestement.be.

  • Foufleg (!)

    Collectif Fast Fouf

    Au commencement était la fouffe.
    Un souffle tout au plus. L'imperceptible phonème de l'air, une onomatopée de son pur. La première note d'une partition de jazz qui, libre, ne peut être écrite ; car l'unité est - la forme première du tout.
    Au fil de ce recueil, le morcellement de la géographie devient trame. Le désir de retrouver le primitif de nos syllabes, le radical enfoui dont seul l'écho perdure. Quelques exemples s'imposent. En Afrique, creuset ancestral de l'humanité, fut conservée la prime pureté du son : en serere foofi indique l'eau, en wolof foofu veut dire là-bas, en sotho du Nord phôôfôlô signifie animal ; en Swahili, fufua ne signifie pas moins que faire revivre. En Europe aussi, le basque désigne le chaud et le feu par fufu. Un son venu du fond des âges. Du fond de notre gorge, qui nous rappelle que si les langues, dans toutes leurs magnifiques déclinaisons, diffèrent, il est des sons plus primitifs qui prouvent que certaines manières de dire nous rapprochent par leur musique.
    Si l'on se penche sur la gynécologie populaire occidentale, les langues possèdent encore d'étranges similitudes entre elles pour désigner la fouffe. Considérez en effet les Fotze allemande, fisse danoise, fessa napolitaine.
    C'est la première note du premier chant du premier peuple. Depuis son creux jaillit la lumière. En elle, réside la concision du haïku original. N'est-il d'ailleurs pas vrai aussi qu'au Japon, fufufu indique le rire - premier témoin de l'aube.
    N'en déplaise à celles et ceux qui par leurs langues et gestes enclavent ou faussement sacralisent, ces quelques textes, ici plus incisifs, ici comiques, vulgaires, osés ou humbles, se proposent d'abord de déconstruire, de parfois bousculer pour faire bouger, et d'ainsi construire à partir d'un terme un tout duquel chacun de nous provient.

  • Le 21 janvier 2007 à 15 heures, sous le regard incrédule, médusé puis attendri des forces de l'ordre détrempées par une pluie de saison, un long cortège s'ébranla majestueusement depuis la place Loix, à Saint-Gilles, et sillonna les rues de l'ancienne capitale et métropole Bruxelles, jusqu'à la Porte de Kinshasa (anciennement Porte de Namur), là où ne se dressait pas encore, pour la mémoire des siècles et de ce grand jour, la fière statue des pionniers de la République royale et populaire du Congo. Dans sa torpeur coupable, le monde entier pouvait bien ignorer l'issue inéluctable de ce jour d'exception, les marcheurs, eux, n'ignoraient rien, et les larmes de l'émotion et la sueur de la lutte trempaient leurs joues et leurs drapeaux mieux que la pluie qui battait comme une bénédiction.
    Parce qu'elle aggrave la vérité pour mieux l'inscrire dans les esprits dubitatifs, l'Histoire rappellera qu'un camion-remorque de location, flanqué providentiellement du slogan « Désormais vous pouvez voir grand », traînait nonchalamment un crocodile de 23 mètres de long et de 9 tonnes d'airain, authentique mascotte, carnassière allégorie et définitif emblème du Rattachement de la Belgique au Congo. L'empereur constaté Maurice Boyikasse Buafomo Ier décréta le 21 janvier « Journée mondiale de la fête nationale, royale et populaire du Congo rétroactivement unifié ».
    Il arrive que l'Histoire en marche le soit en dépit de ses acteurs, révolutionnaires aguerris ou agents des forces réactionnaires, ne s'appuyant que mollement sur eux, qui sont toujours là, à caqueter sans fin sur leurs gesticulations trépidantes, convaincus que rien d'essentiel ne peut survenir sans eux, qui s'arrogent crânement la paternité de toutes les inerties. Il arrive aussi que l'Histoire se mette en branle par le truchement involontaire d'humbles fauteurs de troubles, car l'Histoire, pour avancer, s'abreuve où et quand bon lui semble. Enfin, il arrive - et c'est le cas le plus rare et le cas ici narré - que germe, quand sonne l'heure, la graine des Grands Chambardements, semée par la brise du destin dans les esprits les plus libres, les caractères les mieux trempés, les corps les moins avachis, à contre-courant des vents dominants de l'époque. Le Rattachement de la Belgique au Congo naquit d'hommes de cette étoffe-là.
    De nombreux points d'orgue et de désolation ont jalonné la marche improbable et pourtant avérée vers cette date prémonitoire, et le lecteur se les remémorera avec émotion, au fil des pages de la présente Chronique. Puisse-t-il ne jamais perdre de vue, dans sa délectation politique, l'horizon qui se dessine ici : l'enterrement mérité de Sa Majesté le roi Léopold II à Tervuren-lez-Congo en 2010 et celui, impératif, de Patrice Emery Lumumba à Bruxelles-lez-Congo en 2016, apothéose des réjouissances cathartiques auxquelles aura donné lieu ce salvateur exercice de désenvoûtement réciproque, qui a nom : Rattachement de la Belgique au Congo.
    Il y a donc toujours des révolutionnaires, mais peu de révolutions abouties. Le reste du temps, la réserve s'entraîne, posant des bombinettes, brandissant des calicots, taguant des mots imprononçables, avec une ferveur qu'on aurait tort de mépriser. La liste serait longue de ces héros, célébrés ou inconnus, qui s'attachèrent utilement à mettre la tête de l'Histoire à l'envers pour mieux comprendre où elle mettait les pieds. Ce livre vibrant veut leur rendre hommage et contribuer à leur légitime postérité.
    Car notre Révolution fut. Elle fut même la première Révolution performative et prophétique de l'Histoire : le Rattachement est. Qu'on se le dise. Nous l'écrivons.

    Le Collectif MANIFESTEMENT a été fondé en 2005 à Bruxelles pour y réaliser, une fois par an, une manifestation sur un thème inattendu, toujours clivant, courageux et jubilatoire, souvent visionnaire et radical, parfois hilarant. Chemin faisant, le Collectif a forgé les concepts de dégagisme, rattachisme, non-manifestation, manif paradoxale et protodémocratie.
    Aux éditions maelstrÖm, il a publié les Revendications de (pré-)SDF bruxellois (2011) qui ont débouché sur la création de l'asbl DoucheFLUX, Le Manifeste du dégagisme (2011) bientôt suivi de son détricotage avec Le Dégagisme du manifeste (2017), ainsi que l'époustouflante Chronique du rattachement de la Belgique au Congo (2017).
    Mouvement artistico-politique belge et néanmoins irréductible à tout « surréalisme » ou tout autre courant dépassé et donc commercialisable, le Collectif MANIFESTEMENT s'impose comme une réalité incontournable dans le paysage visible depuis le croisement de la politique, de l'art et de la philosophie. Tout est archivé là : www.manifestement.be.

  • « Ben Ali, dégage ! » Ce cri, qui a eu raison de l'autocrate tunisien et qui fait tache d'huile dans tout le Proche-Orient, et jusqu'en Chine en passant par la Grèce, l'Espagne et l'Italie, marque une rupture dans l'histoire des insurrections populaires.
    Pour la première fois - mais est-ce vraiment la première ? -, il ne s'agit pas de prendre le pouvoir mais de déloger celui qui le détient, de vider la place qu'il occupe.
    Dans une révolution, le vide est impensé comme tel : la vacance du pouvoir est nulle puisque la destitution de l'ancien pouvoir et l'institution du nouveau sont un seul et même mouvement. Le leader révolutionnaire est une icône inconcevable dans un mouvement dégagiste.
    À l'idéalisme professionnel et souvent naïf du révolutionnaire succède le réalisme créateur du dégagiste désillusionné, mais vacciné. Il n'est, désormais, de chaise qu'éjectable. Même si l'alternative transitoire à l'occupation de la chaise reste vague, le temps de la contemplation vigilante de ce vide - le temps dégagiste par excellence, un temps de haute mais riche incertitude, qui fait trembler les places boursières - aura suffi à enraciner dans les consciences politiques ainsi affûtées une méfiance salutaire à l'endroit de celui qui planera autour de la chaise laissée vide. Un pas décisif vers la protodémocratie.
    On l'a compris, le Manifeste du Dégagisme n'a rien à voir avec l'« absence de gouvernement » qui règne en Belgique depuis le 13 juin 2010.

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