Langue française

  • Les disciplines et les hypothèses ici réunies, s'attachant à étudier ce lien particulier et fort entre l'opération oxymorique, la production artistique et l'expérience esthétique, ont permis d'identifier trois possibilités de définition pertinente de l'oxymore, trois manières positives de penser la relation entre deux opposés, de nouer les contraires en un lien (et en un lieu) signifiant, plutôt que de les rejeter dans la zone des non-sens. La première envisage l'oxymore comme trope de l'impossible ou de l'irreprésentable, constat d'échec de la relation engendrant la dynamique du sublime. La deuxième décrit l'oxymore comme une double énonciation, la relation devenant signifiante par distinction des niveaux et restituant au réel sa véritable consistance polyphonique. La troisième envisage la mise en relation oxymorique sous la figure de la contiguïté, de l'enchevêtrement et de l'empiètement, non pas comme juxtaposition du « côte à côte », mais comme relevant plutôt de « l'un (tout) contre l'autre ». Dans une perspective interdisciplinaire, ces hypothèses sont ici explorées et développées à partir d'analyses d'oeuvres picturales, littéraires, cinématographiques et musicales.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, J. Arrouye, J.-P. Cometti, M. Costantini, J. Dürrenmatt, C. Kintzler et allii.

  • Comment l'oeuvre d'art suscite-t-elle l'attention ? Comment instaure-t-elle la relation ? La manière dont elle y parvient - ou s'y efforce - constitue-t-elle une dimension spécifique de l'oeuvre comme art ? Ainsi pourraient se résumer les questions de l'adresse. Ostension, interpellation, apostrophe, appel, dédicace.
    Les modes, figures et formes de l'adresse en art, conventionnels ou non, sont multiples et permettent de poser l'hypothèse que l'oeuvre d'art commence, se manifeste (avant tout), se perpétue - voire se définit essentiellement comme oeuvre d'art - par une adresse. Si tel est le cas, s'agit-il d'une forme ou d'un mode d'adresse particulier, d'un mécanisme énonciatif spécifique ? Et de quelle manière cette adresse est-elle diversement - et distinctement - mise en oeuvre selon les divers médiums artistiques, les styles, les époques ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce volume à travers l'analyse d'oeuvres aussi diverses que celles de Mallarmé, du Caravage, de Giacometti, de Proust, de Vermeer, de Richter, de Serrano, du Pontormo ou de Holbein.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Banu, F. Fimiani, P.-H. Frangne, T. Golsenne, B. Lafargue, J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, M.-N. Moyal, M.-D. Popelard, B. Prévost, B. Rougé, J.-P. Sag, I. Thomas-Fogiel et allii.

  • Le présent ouvrage publie les actes du colloque organisé par l'Association pour la promotion de l'ar- bitrage en Afrique (APAA) à Yaoundé (Cameroun), les 31 octobre et 1 er novembre 2013 dans le cadre de la célébration du 20 e anniversaire du Traité fondateur de l'OHADA, signé à Port-Louis (Île Maurice) le 17 octobre 1993. L'analyse de l'institution arbitrale et la quête de sa maîtrise a conduit à privilégier trois aspects : tout d'abord l'offre d'arbitrage, et plus précisément l'offre institutionnelle d'arbitrage ;
    Ensuite les interactions entre la justice étatique et la justice arbitrale en Afrique ; enfin l'exécution des sentences arbitrales contre les personnes morales de droit public. Le rôle de l'OHADA, et tout particu- lièrement de la Cour commune de justice et d'arbitrage créée en son sein, a sous-tendu l'ensemble de cette réflexion. L'ouvrage entend ainsi oeuvrer à la promotion en Afrique de la culture de l'Arbitrage et, plus généralement, des modes alternatifs de règlement des différends.

  • Qu'est-ce qui se joue de fondamental dans le simple geste d'inverser ? Qu'est-ce qui relie inversion et création ? En quoi l'inversion peut-elle être considérée comme un des gestes premiers de l'art ou de la production de sens, comme un processus élémentaire et fondamental de la pensée créatrice ?
    Autant que le résultat, c'est le processus de l'inversion - comme modus operandi - qui interpelle. On le rencontre dans toute forme de création artistique ou intellectuelle. Ainsi, l'inversion positif/négatif ou gauche/droite caractérise de nombreuses démarches et techniques artistiques au point d'être quasiment indissociable de la notion même d'image ou de représentation. Historiquement, l'inversion - ou le renversement - vaut souvent nouveauté et devient un opérateur de modernité, autant que de création. Analysant dans le détail de nombreuses oeuvres ou posant des problèmes plus généralement rhétoriques, logiques, esthétiques ou philosophiques, les communications ici réunies constituent une riche introduction à la diversité de ces problématiques.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Cabanes, D. Chateau, J.-P. Cometti, F. Fimiani, P.-H. Frangne, F. Jeune, J. Lancri, J.-G. Lapacherie, S. Liandrat-Guigues, M.-D. Popelard, B. Prévost, B. Rougé, R. Shusterman et T. Vladova.

  • Créé par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L'Anti-OEdipe en 1972 et développé ensuite dans les Mille Plateaux, le concept de déterritorialisation connaît de nombreuses extensions métaphoriques ou symboliques. Mais ce succès conduit à se demander si on a affaire à un effet de mode ou un concept pertinent ? Pour les deux philosophes, la déterritorialisation est un concept politique et philosophique permettant de remettre en question toutes les structures de pouvoir et de domination. Elle se trouve du côté de toute pensée critique qui se veut remise en question ou déconstruction des discours dominants dans plusieurs disciplines telles que les arts, la littérature, l'anthropologie et la sociologie. Mais cette fécondité ne constitue-t-elle pas aussi la limite du concept en renvoyant à une pensée consensuelle de la déterritorialisation. N'y a-t-il pas là risque de reproduire certaines violences épistémologiques?

    Avec les contributions de R. Fonkoua, X. Garnier, S. Guth, C. Khordoc, A. Kouvouama, F. Paravy, J.-X. Ridon, A. Soron, Z. Toussaint et K. Zekri.

  • Malgré l'annonce du « désenchantement du monde » (Max Weber) par les sociologues du début du XXe siècle, la religion occupe encore aujourd'hui une place prépondérante dans les sociétés contemporaines et demeure un sujet d'actualité et de débats. Après un XXe siècle largement marqué par des idéologies sécularisées, les questions religieuses connaissent en ce début de XXIe siècle un spectaculaire retour multidimensionnel et surtout pluriconfessionnel dans la sphère publique. Les Journées d'études de l'ED 481 ont réinterrogé la place de la religion dans l'espace public et plus particulièrement dans la rue, espace le plus marqué par ces phénomènes. Au-delà des aspects architecturaux, tels que les lieux de culte, les divers intervenants ont tout d'abord cherché à appréhender tant les diverses formes matérielles, symboliques ou mémorielles, qu'adoptent les manifestations du fait religieux que les modalités de coexistence des diverses religions au sein d'un espace cosmopolite par nature, avant d'envisager les vecteurs de diffusion des religions et le prosélytisme.

    Avec les contributions de B. Astresses, S. Batibonak, C. Blancher, H. Boly, P. Cabanel, B. Chavardés, St. Douteaud, S.
    Drake, C. Gabel, H. Lanusse-Cazalé, O. Lecucq et J. Peyron.

  • Les écrits du for privé ou écrits intimes dégagent un capiteux parfum de vérité humaine. Ils le doivent à leur capacité de rapprocher des êtres aussi différents qu'une jeune fille russe, un aventurier italien, un juriste béarnais et une comtesse prussienne. Cette illusion référentielle a été maintes fois dénoncée, mais si elle n'existait pas les penseurs historiens et littéraires seraient bien moins nombreux à se pencher sur les journaux, les mémoires, les autobiographies et les correspondances qui forment le coeur de cette documentation.

  • La diversité du vocabulaire qui se rattache au mot « art » - arts libéraux, arts mécaniques, beaux-arts, majeurs, mineurs, nobles, populaires, Grand Art, high art, low art, art de masse, arts décoratifs, arts appliqués, arts industriels, etc. - témoigne de la complexité de la question même de ses définitions. Bien que l'histoire de toutes ces catégories et doctrines qui leur furent liées soit connue, les malentendus et les différends ne sont pas, aujourd'hui encore, vraiment résolus, d'autant que l'historiographie n'a pas épuisé la mise à jour des substrats idéologiques qui permettraient de toujours mieux en comprendre les fondements. Les articles réunis dans le présent volume, sous les regards croisés de l'histoire de l'art, de l'esthétique, de l'histoire de la musique, de la muséologie et du graphisme, participent à l'élaboration d'un état des lieux de la recherche et proposent de nouvelles pistes de réflexion.

  • L'effet

    Collectif

    Second par nature, associé à l'idée d'une causalité « mécanique », à la production scolaire, emphatique et manipulatrice (effet rhétorique, effet de manche), l'effet en art est souvent dévalorisé au profit de ce qui serait premier (la présence, la substance, la vérité, le sens, le réel.). L'effet est « facile », « plat », « attendu », résultat de la simple application de moyens techniques (les effets spéciaux, par exemple).
    « Théâtral », « spectaculaire » ou « rhétorique », il est superficiel, indigne du «génie» de l'art. Pourtant, conçu par l'artiste ou « produit » par l'oeuvre, l'effet est bien au coeur de la création artistique et de l'expérience esthétique. A ce titre, peut-il être un pivot de la réflexion sur l'art ? A partir d'exemples et de réflexions puisés dans la diversité des arts et des discours sur les arts, ce volume interroge les « raisons des effets » en art et la manière dont les artistes présentent, simulent, dissimulent ou pensent le rapport causalité/efficacité.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Cabanes, C. Collobert, J. Colrat, J.-P. Cometti, P.- H. Frangne, J.-G. Lapacherie, S. Liandrat-Guigues, M.-N. Moyal, M.-D. Popelard, B. Rougé, R. Shusterman et I. Thomas-Fogiel.

  • La loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle a eu pour objet d'adapter la relation entre les citoyens et la justice aux évolutions contemporaines de la famille et de la société. L'importance de la réforme n'a échappé à personne. Nul doute que son impact sera considérable dans la vie quotidienne des citoyens. Pour un siècle? L'avenir le dira. Pour l'instant, place est faite à une plus grande liberté et à la volonté pour renouveler le fonctionnement d'institutions structurantes de la société. Le législateur a ainsi permis d'apporter plus facilement qu'auparavant des modifications significatives à l'état civil : sur le nom, le prénom et même sur le sexe, bouleversant par là-même le sens et la fonction de l'état civil tout en réglant des questions de société controversées comme le transsexualisme.
    Pour recentrer l'action des magistrats et des fonctionnaires de justice sur les missions essentielles des juridictions, le législateur leur a par ailleurs retiré compétence dans certains domaines. Il a ainsi confié l'enregistrement du PACS à l'officier de l'état civil. Il a consacré le divorce conventionnel sans juge, par acte d'avocats enregistré par notaire; renouvelant la question séculaire du mariage.
    Ces quelques exemples illustrent à eux-seuls l'importance de la réforme et le choix de la thématique placée au coeur du colloque qui s'est tenu à la Faculté de droit de l'Université de Pau le 30 juin 2017. Au-delà de la simplification et de la modernisation du fonctionnement de la justice, c'est bien la famille, cette cellule de base de la société, qui se trouve redessinée à de nombreux égards.
    Les contributions à ce colloque, réunies dans cet ouvrage, le confirment. Elles exposent le nouveau cadre juridique de cette « famille du XXIe siècle », et sous ce prisme, les enjeux et la portée d'une réforme majeure. Elles seront d'un grand intérêt pratique pour les juristes, les chercheurs et les métiers du droit dans leur ensemble (universitaires, magistrats, avocats, ou bien encore notaires) et ne manqueront pas de susciter la réflexion.

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