Vrin

  • Qu'est-ce que le patriarcat? Quels sont les effets de la domination masculine sur la production du savoir? Comment lutter contre le sexisme et les inégalités de genre? À partir d'un projet à la fois descriptif - décrire ce qu'est l'oppression des femmes et comment elle fonctionne - et normatif - montrer que l'ordre patriarcal est injuste et proposer des conceptions non sexistes du monde -, la philosophie féministe propose une analyse critique du canon philosophique, offre de nouveaux objets à l'analyse philosophique et en renouvelle les questions centrales. Ce recueil propose un ensemble de textes jusqu'alors peu accessibles au lectorat français, réunis en quatre thèmes - le rapport entre féminisme et philosophie, les épistémologies féministes, l'analyse politique de l'oppression de genre, les controverses sur l'humanisme et l'universalisme - pour découvrir ou approfondir la connaissance de ce champ.

    Avec des textes de N. Bauer, Ch. Delphy, G. Fraisse, M. Frye, S. Harding, S. Haslanger, M. Le Doeuff, S. Moller Okin, U. Narayan, M. Wollstonecraft.

  • Le temps

    Collectif

    chaque volume de la collection thema propose une approche pluraliste d'une notion susceptible d'être mise au programme des enseignements de philosophie générale.
    il consiste dans un ensemble limité de contributions vouées chacune à l'analyse et à l'interprétation d'un moment significatif de l'histoire philosophique de cette notion. afin d'éviter la dispersion des connaissances et d'ouvrir un accès aux doctrines mêmes, aux questions originales qu'elles soulèvent et aux profondes transformations qu'elles font subir à la notion, chaque volume consacre à ces seuls moments forts de larges exposés rédigés par des historiens de la philosophie
    spécialisés dans l'étude d'une période ou d'un auteur.

  • Le XIXe siècle s'est politiquement ouvert dans l'opposition extérieure ou abstraite du Oui traditionnel et du Non révolutionnaire à l'histoire. Philosophiquement, mais selon une vision non réconciliatrice-hégélianisante de lui-même il s'achève dans la contradiction intérieure ou concrète du Non, mais confortable, de Schopenhauer, et du Oui, mais déchirant, de Nietzsche, à la vie.

    Bernard Bourgeois est membre de l'Institut et professeur émérite d'Histoire de la philosophie à l'Université de Paris I.

  • La philosophie de la biologie interroge les fondements conceptuels, théoriques et méthodologiques des sciences du vivant. Elle a pris un essor particulier dans le monde anglo-saxon ces derniers cinquante ans, abordant des thèmes et problématiques très divers que les deux tomes de ces Textes clés de phi- losophie de la biologie veulent faire découvrir, en traduction, à un public plus large. Le premier volume s'intéresse notamment à l'explication biologique (lois, théories, causalité...), mais aussi à l'hérédité, au développement et à la biologie moléculaire, en mettant l'accent non pas tant sur l'histoire du vivant que sur les mécanismes et processus du fonctionnement des organismes.
    Avec des textes de Jean Gayon, Scott F. Gilbert, Paul E. Griffiths, Philip Kitcher, Peter Machamer, Lindley Darden & Carl Craver, Ernst Mayr, Michel Morange, Karen Neander, Alexander Rosenberg & Daniel McShea, John Jamieson Carswell Smart et Elliott Sober.

  • Libertés médievales

    Collectif

    • Vrin
    • 4 Mars 2021

    La liberté s'est dite au Moyen Âge en de multiples acceptions. Elle revêt d'abord une dimension sociale et politique (on dit ainsi libre l'homme qui, n'étant pas esclave, jouit de certains droits, comme on dit libres les cités qui jouissent de certaines franchises); elle revêt d'autre part une dimension anthropologique, lorsque l'on parle du libre arbitre par lequel l'homme échappe au déterminisme. Cette question du libre arbitre se décline elle aussi pluriellement. On se demande en effet : dans quelle mesure l'action humaine échappe-t-elle à la contrainte? L'homme ne pourrait-il être libre que si des alternatives contingentes s'offrent à lui? Un agent est-il libre si son action n'est pas déterminée par des causes? Enfin, peut-il être à la fois libre et dans l'incapacité de faire le bien? Ces problématiques philosophiques s'accompagnent au Moyen Âge d'un enjeu théologique. Comment l'homme peut-il être libre si son action est prévue d'avance par la connaissance que Dieu en a, mais également si Dieu l'a prédestiné à agir? Agit-il encore librement, si, pour bien agir, il a besoin de la grâce? Parce que, tout à la fois, elle pose le problème du déterminisme, qu'elle envisage la responsabilité de l'homme, qu'elle engage l'éthique, qu'elle interroge, enfin, l'action divine dans l'histoire, la question de la liberté est au Moyen Âge une question fondamentale. Cet ouvrage, fruit d'un dialogue entre historiens et philosophes, voudrait permettre d'avancer sur ces questions.

    Ont participé à ce volume : G. Alliney, I. Bochet, N. Carrier, Th. Dutour, M. W. Elliott, H. Goris, T. Hoffmann, C. Michon, J. Müller, M. Sorokina, K. Trego, Chr Trottmann et N. Weill-Parot.

  • Bien que les relations entre la philosophie et l'architecture aient été anciennes et constantes, l'architecture semble être la forme d'art qui soit la plus méconnue des philosophes. Elle présente en effet une véritable difficulté pour la philosophie esthétique en raison de son caractère « hybride ». Elle est à la fois un art et une discipline technique et scientifique, elle se donne symbolique mais aussi fonctionnelle, expressive mais aussi utilitaire, rare et raffinée mais aussi partout présente dans le quotidien des hommes. Cette particularité semble ainsi appeler une esthétique originale, irréductible à l'esthétique générale, voire exiger une « reconception » de la discipline esthétique à partir de ce qui se tient dans sa marge, l'architecture. Le présent recueil s'inscrit dans une perspective résolument contemporaine et, tout en revenant sur certains enjeux historiques, il entend participer à la constitution et la construction d'une véritable philosophie de l'architecture.

    Avec des textes de A. Aalto, R. Arnheim, A. Carslon, J. Dewitte, N. Goodman, G.W.F. Hegel, L. I. Kahn, Le Corbusier, R. Scruton et L. H. Sullivan.

  • L'acte de la philosophie japonaise est celui d'un évidement de soi : acte d'accueil des traditions philosophiques du monde, acte en résonance, créateur d'une terminologie, d'une logique, d'une conceptualité originales, s'alimentant aux sources d'une pensée mythique jamais tarie. Les textes présentés ici en feront sentir l'inclassable nouveauté : cette philosophie n'est ni purement shintoïste, bouddhique, chrétienne, néoconfucianiste; elle n'est ni « orientale » ni « occidentale », mais proprement japonaise.
    Avec des textes de Dôgen, Izutsu Toshihiko, Motoori Norinaga, Nakae Chômin, Nishi Amane, Nishida Kitarô, Ogyû Sorai, Ômori Shôzô, Tanabe Hajime, Tosaka Jun.

  • Y a-t-il un sens à vouloir étendre le champ de considération morale aux êtres vivants, aux plantes, voire à l'ensemble des écosystèmes qui composent notre environnement naturel ? peut-on rendre responsable de la crise écologique actuelle le système de valeur anthropocentriste selon lequel l'homme est la mesure de toute chose ? sur le fondement de quelles normes morales convient-il de restreindre la classe des actions permises à l'égard de la nature ? telles sont les questions auxquelles les acteurs de l'éthique environnementale s'efforcent de répondre depuis une trentaine d'années.
    Ce volume entreprend de donner un accès à quelques-uns des travaux les plus importants accomplis dans ce domaine, en proposant tout d'abord une sélection des textes fondateurs, puis en livrant les pièces du débat qui a opposé les partisans du biocentrisme à ceux de l'écocentrisme, et enfin en présentant les arguments du pragmatisme écologique, du pluralisme moral, ainsi que la question de la préservation de la nature, sauvegardée, restaurée ou incarcérée.

  • Avec des textes de B. Baertschi, T. L. Beauchamp, B. Branger, Ph. David, J.-Y. Goffi, C. Lefève, M. Malherbe, A. Mol, E. Pellegrino, F. Worms.

    L'existence humaine est aujourd'hui une existence médicalisée. Le culte de la santé s'est imposé, tous les maux doivent trouver remède et le champ d'action de la médecine s'est élargi : assistance à la procréation, aide à mourir, amélioration des capacités de l'homme, etc. Le soin n'est plus seulement le rétablissement d'un équilibre biologique mais vise le maintien, la restauration et même l'instauration d'une certaine conception de l'existence, dans le respect et l'accomplissement de l'autonomie individuelle. Or peut-on appeler « soin » toute réponse médicale à une demande d'aide? Où commence et où finit le soin médical? Peut-on donner une définition univoque du soin?
    Les textes ici rassemblés réunissent médecins, scientifiques, philosophes et sociologues autour de ces questions. La première partie montre le soin dans sa diversité et jusque dans ses limites : euthanasie, contraception définitive, maladie Alzheimer, médecine de l'amélioration. La seconde partie, par une approche historique et philosophique, analyse l'essence du soin médical, son sens, sa finalité. Et la troisième partie en interroge les limites éthiques.

    Traduction de Guillaume Durand et Marie Tommy-Martin.

  • La grandeur des classiques réside aussi en ce qu'ils nous restent énigmatiques. C'est par excellence le cas de La Recherche de la vérité: résolument non disciplinaire (ne se donnant ni comme une métaphysique, ni comme une morale), son foisonnement thématique et ses ambiguïtés rendent le premier livre de Malebranche aussi fascinant que complexe.
    Le troisième centenaire de la mort de son auteur a fourni à une nouvelle génération de malebranchistes l'occasion de reformuler d'anciennes questions comme d'examiner des doctrines souvent laissées de côté: la science de l'homme, l'analyse de l'imagination, le statut du paganisme, la place de la méthode ou la théorie de la vérité, dont la découverte des exemplaires des Lettres de M. Descartes annotés par Malebranche a permis de réévaluer l'importance originelle.
    Un nouveau Malebranche.

    Avec les contributions de D. Arbib, J.-Ch. Bardout, V. Carraud, A. Del Prete, A. Ferraro, D. Kambouchner, T. Lovascio, F. Medriane, É. Mehl, C. Moisuc, G. Olivo, M.-F. Pellegrin, B. Pinchard, M. Priarolo, E. Scribano, K. Trego.

  • Au printemps 2009, les Archives Debord sont classées Trésor national.
    Depuis 2005, on peut à nouveau voir en salles ou en DVD l'ensemble des films que Guy Debord a réalisés et prendre la mesure de la rupture et du changement de perspectives qu'il a, dans ce champ-là aussi, irrévocablement provoqués. Son cinéma (et/ou son anti-cinéma) est essentiel au coeur de son oeuvre. Il y a une complète et complexe articulation entre l'oeuvre écrite l'oeuvre cinématographique, l'une nourrissant l'autre et réciproquement, et surtout l'oeuvre vécue, sa vie, comme oeuvre, comme vie consacrée à la poésie insulté.
    Il y aura eu, au cinéma comme ailleurs, un avant et un après Guy Debord.

  • Peut-on faire l'histoire de la pensée ? La pensée est-elle le simple objet de cette histoire ou au contraire son principe, un principe qui par définition la dominerait ? L'histoire de la philosophie est aujourd'hui passée d'une conception spéculative à une pratique plus antiquaire. Et la conséquence de cette évolution, c'est la prise en compte du temps dans la méthodologie, c'est la construction de modèles de temporalité, c'est l'exigence de contextualisation des énoncés. La tâche de l'historien serait-elle donc de faire le relevé de ce qui change tandis que celle de la philosophie serait d'identifier ce que l'histoire n'altère pas, ce qui serait son domaine propre ? Les textes que nous réunissons ici témoignent de cette tension et disent tout à la fois les limites de l'appropriation historique du passé par la pensée et cette nécessaire école de la pensée qu'est à l'histoire l'histoire de la philosophie.

    Avec des textes de F. Alquié, Y. Belaval, É. Brehier, D. Garber, G. Gentile, V. Goldschmidt, M. Gueroult, E. Fink, G.W.F. Hegel, D. Henrich, A.O. Lovejoy, A. MacIntyre, Q. Skinner.


  • la philosophie des sciences regroupe un ensemble de réflexions qui portent non seulement sur les méthodes de la science - ou des sciences - mais aussi sur ses objets, ses fondements, son histoire, sa logique ou ses effets.
    ses questionnements sont donc multiples et il est difficile de lui assigner des limites bien précises. cette sélection de vingt textes clés, réunis pour la première fois, reflète la diversité des approches de la philosophie des sciences du xxe siècle, celle dont nous héritons aujourd'hui. le volume i présente dix textes qui appartiennent à la première moitié du xxe siècle. il s'ouvre sur trois textes de philosophes français - duhem, meyerson et poincaré - dont les conceptions ont eu un rôle crucial dans l'épistémologie contemporaine.
    l'influence de l'empirisme logique - ici représenté par schlick, carnap, frank et reichenbach - fut également déterminante, non seulement dans les débats qu'ils eurent avec popper (sur la méthodologie de la science empirique), wittgenstein ou waismann (sur la philosophie du langage et le vérificationnisme) mais aussi dans les développements ultérieurs de la philosophie des sciences et de l'empirisme contemporains, qui ne se comprennent qu'à la lumière des essais fondamentaux présentés ici.


  • Philosopher sur la religion, c'est d'abord étudier les concepts qui permettent d'en construire le contenu doctrinal, et les arguments par lesquels on peut en montrer la plausibilité ou en défendre la possibilité. Dieu est-il éternel, hors du temps, ou sempiternel, dans le temps? Que valent les arguments classiques en faveur de l'existence de Dieu? La bonté de Dieu est-elle compatible avec l'existence du mal dans le monde? Pouvons-nous percevoir Dieu? Les croyances religieuses sont-elles justifiables?
    Ces questions de théologie et d'épistémologie sont traditionnelles, mais elles restent actuelles. Elles sont aujourd'hui poursuivies à nouveaux frais, à l'aide de méthodes et de concepts qui sont développés par la logique, l'épistémologie et la métaphysique contemporaine, notamment au sein de la tradition de la philosophie analytique. Les textes ici présentés composent ainsi une théologie philosophique dont on a pu croire, à tort, que les philosophes y avaient renoncé.
    Avec des textes de W. Alston, S. Davies, P. Geach, J. Greco, N. Kretzmann & E. Stump, J. Mackie, G.Oppy, A. Plantinga, W. Rowe, R. Swinburne, P. van Inwagen, N.Wolterstorff

  • L'avenir de l'homme est-il humaniste, transhumaniste, ou même posthumaniste ? La présente encyclopédie est une invitation à réfléchir sur les transformations - réelles, possibles ou utopiques - de l'homme par les technosciences et la biomédecine du XXIe siècle, mais aussi sur la nature et les limites de l'humain, ou encore sur les attitudes qu'on adopte à l'égard de l'humain. Les articles qui composent cette encyclopédie abordent à la fois des courants, des auteurs, des concepts, des oeuvres, etc. qui se réclament tous, d'une manière ou d'une autre, du transhumanisme et/ou du posthumanisme. L'originalité de l'ouvrage consiste à intégrer non seulement la spéculation conceptuelle mais également la spéculation fictionnelle. Ainsi une place importante est-elle accordée aux échanges entre technosciences et créations artistiques, et notamment à la science-fiction.

  • Bien que centrales dans nos vies dont elles sont des conditions absolues d'existence, les plantes ont très peu occupé l'esprit des philosophes classiques. Depuis quelques années, cependant, l'étude des plantes révèle des processus inconnus de communication, de reproduction, de régénération, pour n'en citer que quelques-uns, qui nous invitent à repenser la vie, la mort, l'individu, l'espèce, voire l'« intelligence » ou la « conscience » que certains appliquent de plus en plus ouvertement aux végétaux. Plus qu'une critique stérile de l'anthropomorphisme et de l'universalisme réducteurs, une philosophie du végétal est un véritable moteur pour la création de nouvelles formes intellectuelles et pour réfléchir les enjeux technoscientifiques, environnementaux et éthiques de notre rapport à la nature. Sans dessiner une ligne directrice unique, ce volume contribue à élargir un nouveau champ d'interrogations et de recherches. Ce volume réunit les textes d'un botaniste, d'une généticienne des populations végétales, d'historiens de la botanique et de philosophes qui, tous, pensent que la philosophie peut être utile à la botanique, et réciproquement.

    Ont participé à ce volume : E. Coccia, D. Diagre-Vanderpelen, J.-M. Drouin, S. Gerber, Fr. Hallé, Q. Hiernaux, M. Marder et B. Timmermans. Quentin Hiernaux et Benoît Timmermans (éd.)

  • Avec des textes de D. Armstrong, M.Esfeld, K. Fine, D. Lewis, H. Mellot, K. Mulligan, M. Rea, P. Unger, P. van Inwagen, D. Zimmerman.

    L'ontologie est la partie de la métaphysique qui traite de l'être en général, et non d'un être en particulier, et son domaine d'enquête excède même le monde actuel puisqu'elle porte sur l'ensemble du possible, sur les objets possibles et réels ainsi que sur leurs propriétés ou sur leur structure ultime.
    Ce volume fournit les textes fondamentaux pour réfléchir aux principales notions de l'ontologie contemporaine. Y sont abordés les problèmes de la composition matérielle des objets, de la causalité, de la nature du temps et des relations en général.Les questions de méthode portent sur le lien avec la logique et les sciences tout autant que sur le recours aux catégories conceptuelles et aux intuitions.

  • La métaphysique connaît depuis une quarantaine d'années un essor considérable notamment dans la tradition analytique.
    La métaphysique est le coeur de la philosophie ; elle consiste en une série d'enquêtes sur la structure profonde de la réalité. la tradition analytique étant fort diverse, tant par ses thèses que par ses méthodes, ces enquêtes elles-mêmes sont extrêmement variées (singularité de l'existant concret, nature du moi, essences, perception, ontologie de l'oeuvre d'art. ). la métaphysique contemporaine a connu un renouveau considérable, comparable en tout point à l'essor des sciences mathématiques ou physiques, cela principalement grâce d'une part à une redécouverte des enjeux de la querelle des universaux et d'autre part grâce aux progrès décisifs en logique philosophique, notamment pour ce qui concerne les modalités (possibilité, nécessité).
    Ce volume se propose de fournir un choix représentatif de travaux dans le domaine de l'ontologie et privilégie ces deux axes de développement. il se propose donc de faire découvrir un continent de recherches d'une importance vitale pour la réflexion sur le langage, l'esprit ou les sciences.

  • La méthode

    Collectif

    Quel est le sens de la notion de méthode ? Est-ce la formulation de règles pour distinguer le vrai du faux, un principe d'organisation du savoir et de construction de la science, voire une éthique de la pensée ?
    Les réponses données à la question méthodologique - ensemble de techniques, idéal de connaissance ou droiture intellectuelle - sont aussi diverses que les philosophies dans lesquelles elles s'inscrivent.
    Le présent ouvrage analyse une série de cas paradigmatiques d'Aristote à Nietzsche, en passant par Bacon, Descartes, Hume et Reid, Diderot, Kant, Hegel, Claude Bernard et les physiologistes français du XIXe siècle. Il en ressort que la méthode, qu'elle vise la formation de l'esprit ou son auto-déploiement, consiste en pratique plutôt qu'en théorie : « c'est son exercice qui en révèle le sens, et son sens est d'être exercice », comme l'écrit Patrick Wotling.

  • Le commentaire possède-t-il une légitimité? Commenter est-il un acte théologique, entre-t-il dans les cadres philosophiques ou bien n'est-il qu'une simple pratique pédagogique, voire une perte de temps? Epictète soulignait déjà que « commenter les enseignements » est encore moins profitable que d'écrire des textes, le but de la philosophie étant avant tout de la vivre et de la pratiquer.
    Superflu, transformateur voire générateur de trahison, les critiques médiévales à l'égard de la pratique du commentaire ont été parfois virulentes. Pourtant, le Moyen Âge regorge de commentaires, faisant de l'acte herméneutique un acte philosophique à part entière et un acte théologique nécessaire. Dégager le sens, redonner vie aux auteurs oubliés, reproduire avec ses propres mots, permettent tout aussi bien de lire et de comprendre le texte original que son commentaire. La relation des textes et leur engendrement témoignent de la vie des idées et de la transmission des savoirs.
    Dans un souci d'interdisciplinarité, ce volume de la collection de l'Institut d'études médiévales de l'Institut Catholique de Paris réunit des contributeurs philosophes, théologiens, spécialistes d'exégèse, canonistes et historiens.

    Pascale Bermon et Isabelle Moulin (éd.). Ont participé à ce volume : P. Bermon, O. Boulnois, J. Casteigt, G. Dahan, J. Dalarun, S. Ebbesen, L. Himmelfarb, Th. Joubert, R. Meyer, I. Moulin, E. Petit, Chr. Schabel et Ph. Vallat

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