Ecole Hautes Etudes En Sciences Sociales

  • Ce livre est devenu un classique pour apprendre à éviter les « maladies de la raison sociologique » et compte parmi les contributions les plus importantes et les plus novatrices de la sociologie contemporaine. Une première partie « manifeste » dresse un portrait de ce que doivent être les sciences sociales selon les trois sociologues. Une seconde partie composée de près de 50 extraits de textes fondateurs des SHS, préalablement introduits par les auteurs, fait de cet ouvrage un véritable manuel aussi bien des sciences sociales que de la philosophie des sciences. Cette nouvelle édition propose une préface inédite de Paul Pasquali remontant aux origines du projet, à sa gestation et au rayonnement considérable qui suivit sa publication.

  • Ce texte, absent de l'édition française de 1975 et qui ouvre le deuxième tome de Sur le processus de civilisation (1939), porte sur l'époque médiévale et décrit les effets généraux du procès de civilisation sur l'histoire occidentale. Norbert Elias esquisse dans cet inédit ce qu'il appelle la « sociogenèse de l'État », une évolution qui repose en grande partie sur la constitution de la cour comme espace social, politique et culturel. Ces pages sont également très précieuses pour en apprendre davantage sur les méthodes de travail d'Elias : comment un intellectuel allemand formé dans les années 1910- 1920 à la psychologie, la philosophie et la sociologie faitil pour écrire sur le Moyen Âge ? À partir de quels outils, et de quelles sources ?

  • écrire sa vie, devenir auteur : le témoignage ouvrier depuis 1945 Nouv.

    Tout au long du XXe siècle, des ouvriers et des ouvrières ont écrit sur leurs univers professionnels, sociaux, politiques et intimes, faisant ainsi perdurer une tradition de l'écriture prolétarienne. Ce livre retrace cette expérience à partir de l'étude d'une centaine d'auteurs dont les témoignages ont été publiés, en France, depuis 1945. À travers un ensemble de récits - individuels et collectifs - et une enquête orale, il s'intéresse aux trajectoires des auteurs, à la place de l'écriture dans une vie ouvrière et à son cadre - militant, professionnel, intime -, aux pratiques littéraires diversifiées, aux lieux et aux moments de prise de plume, aux étapes de la composition d'un récit. L'analyse réserve aussi une place à la publication et à la diffusion des témoignages, ainsi qu'aux rencontres et collaborations qu'elles suscitent entre les éditeurs et les auteurs. Ces écrits ne sont pas seulement des récits de vies ouvrières, ils se font également les traces de pratiques et de choix d'écriture, qui interrogent le rapport des écrivains-ouvriers au témoignage et à la littérature. Dépassant le seul ressort militant de l'écriture ouvrière, Éliane Le Port rend compte des identifications multiples à l'oeuvre dans les récits et des manières différenciées de témoigner pour soi et de soi au nom d'une classe sociale.

  • La psychiatrie soviétique passe aujourd'hui pour une spécialité médicale dévoyée qui a servi à réprimer les opposants politiques. Si elle n'est pas fausse, cette image s'avère réductrice. Grégory Dufaud propose dans cet essai une autre perspective. Il montre combien le traitement de la folie a pu être un espace d'initiatives et d'innovations, animé par des psychiatres soucieux de la santé mentale de la population et attentifs à ne pas couper leur spécialité de la pratique médicale.
    Explorant la variété des significations et des usages de la psychiatrie en Union soviétique, il éclaire les rapports complexes qu'elle a entretenus avec le pouvoir politique, ainsi que la vision du progrès scientifique et social qui l'a structurée. Cet ouvrage propose ainsi une histoire des savoirs et des pratiques de la médecine tout en mettant au jour les multiples ressorts de la domination sociale et politique en régime autoritaire.

  • Etude consacrée aux vols de la propriété socialiste pratiqués par les Soviétiques quelque soit leur position sociale, ainsi qu'à la forte répression du gouvernement de Staline contre ces délits.

  • Comme toute religion, tout groupe ou tout fait social, l'hindouisme et les hindous ne peuvent être compris ni en tant qu'isolats, ni en tant qu'éléments totalement homogènes. Leur étude ne saurait donc faire l'économie du champ de la relation. À travers l'Inde et plusieurs pays d'immigration hindoue (île Maurice, La Réunion, Canada, Fidji), l'hindouisme se vit et se construit dans une multitude de rapports à l'Autre qui l'influencent et le transforment en permanence.

  • A l'heure où se précise le scénario tant redouté d'une Terre peut-être bientôt invivable pour les humains, ce numéro de Techniques & Culture questionne notre attrait viscéral pour les milieux-limites, des mondes lointains, mystérieux ; pourtant, pour nous, hostiles, délétères, voire fatals. Comment les abîmes terrestres, les abysses sous-marins, ou encore les exoplanètes et le vide de l'espace stimulent-ils notre curiosité et notre créativité ? Qu'est-ce que ces pérégrinations aux confins du monde habité nous apprennent sur notre "nature terrestrielle" , du lien qui nous unit à Gaïa, de sa plasticité et de nos capacités à faire monde, à partir d'où ? Nous invitons à penser ces milieux qui imposent d'autres conditions de vie et d'existence à ceux qui les explorent, les visitent, les habitent et/ou les exploitent, notamment du fait des techniques de confinement qu'ils impliquent.
    Depuis la claustration dans les souterrains jusqu'à l'encapsulation des stations spatiales, en passant par tout un arsenal d'autosuggestions telles que la méditation, ces techniques enferment en même temps qu'elles permettent de s'enfoncer toujours plus loin dans l'inconnu. La description de ces dispositifs montre pourtant leur porosité aux abîmes qui se distribuent d'un côté et de l'autre des protections qu'on leur oppose.
    Celle-ci permet de penser à nouveau frais le rapport entre sujets humains et milieux, entre intériorité et extériorité. Jusqu'où est-il techniquement possible/souhaitable de nous confiner, de nous isoler de notre milieu ambiant ou au contraire d'y plonger à corps perdu ? Dans quelle mesure les explorations de milieux-limites frayent-elles des passages inspirants entre technophobie et technophilie ? La conquête d'ailleurs plus ou moins lointains et inhospitaliers permet-elle d'entrevoir une redirection de notre aventure humaine ?

  • Pionnier de l'écologie politique, auteur d'une pensée qui oscille entre philosophie, théorie politique et critique sociale, André Gorz révèle sa persistante actualité dans cette discussion inédite et peu convenue sur des thèmes variés - du rapport de l'humain avec la nature à l'usage des technologies, de la cause féministe au rôle des intellectuels.

  • Sous l'Ancien Régime, la procédure sommaire était une procédure rapide et à bas coût que les pauvres pouvaient mobiliser devant différentes magistratures civiles. À partir d'une étude minutieuse des affaires traitées par le tribunal du Consulat de commerce de Turin, Simona Cerutti explore les idéaux et les débats sur les définitions concurrentes d'une « justice bonne et véritable ».

  • Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • Ou était la Troie homérique et qu'en reste-t-il?
    Seule cette question anime Heinrich Schliemann dans ses autobiographies successives. Entre 1870 et 1890, l'homme d'affaires et archéologue allemand découvre neuf villes superposées sur le site de la Troie homérique.
    S'appuyant sur l'une des figures scientifiques les plus controversées du XIXe siècle, Annick Louis propose ici une généalogie sociale et culturelle d'un nouveau type de savant qui ne se réclame ni d'une tradition intellectuelle ni d'une théorie, mais qui fouille le sol pour prouver une hypothèse. Schliemann devient alors dans cet ouvrage un acteur sociologique, créateur d'une vaste littérature savante et, surtout, autobiographique.

  • Les deux conférences inédites, dont les transcriptions sont réunies dans ce livre, se font écho à plus d'un demi-siècle de distance et témoignent de la parole publique du plus célèbre des anthropologues français. Lévi-Strauss prononce la première en janvier 1937 et la seconde en avril 1992, année où se célèbraient les quatre cents ans de la mort de Montaigne. Ces deux textes nous permettent de mesurer le cheminement de la pensée de Montaigne dans le parcours intellectuel de Lévi-Strauss.

  • Les structures élémentaires de la parenté, thèse d'État soutenue à la Sor- bonne par Lévi-Strauss en 1948 et publiée l'année suivante, renouvelle la perception des systèmes de parenté et d'union, de la place de la famille, de la prohibition de l'inceste et des échanges entre groupes sociaux. Texte majeur, précurseur du structuralisme français et également controversé, cet ouvrage constitue le premier résultat des longues recherches de Lévi- Strauss qui l'ont aussi conduit vers l'analyse des systèmes de classification du langage et de la mythologie.

    L'idée centrale des Structures élémentaires de la parenté tient en quelques phrases.
    L'échange matrimonial, par le lien qu'il instaure et par le renoncement qu'il impose, se trouve au fondement de toute société humaine. Il signale le passage de la nature à la culture ; il est inhérent à l'ordre social. L'ouvrage s'inspire des travaux de l'anthro­ pologie anglo­saxonne et de certains écrits de l'école de L'Année sociologique. Au fil des pages, le lecteur passe des affiliations totémiques des Aborigènes d'Australie à l'étiquette du deuil dans la Chine ancienne, de l'ethnographie des tribus des hautes terres de Birmanie à la féodalité en Europe médiévale ou encore à l'Inde des brahmanes, de la psychologie de l'enfant à la théorie mathématique des groupes.

  • Entre histoire des sciences et histoire de l'édition, Valérie Tesnière retrace une histoire de la publication scientifique et des ressorts du travail intellectuel, de la fin du XVIIIe siècle aux mutations numériques d'aujourd'hui. "Au bureau de la revue" est une adresse figurant sur les revues savantes au XIXe siècle, qui désigne aussi bien la rédaction scientifique que le lieu de diffusion. Le livre interroge le collectif qui se trouve derrière cette expression, ses aspirations et les tensions qui le traversent.
    La revue suscite un large engouement au lendemain de la Révolution française : la vie scientifique se structure désormais autour de la publication. Elément central de la science en construction, la revue traduit le mouvement de la recherche comme sa dimension collective. Auteurs et éditeurs s'allient pour renforcer la diffusion de ce qui devient le support privilégié des échanges du monde académique, donnant naissance à une nouvelle économie de la connaissance.
    Centré sur l'exemple de la production française éclairé par le contexte international, Au bureau de la revue approfondit les rôles des différents acteurs de la chaîne de publication ainsi que les fonctions et les formes éditoriales des publications, actuellement bousculées par le numérique.

  • Au cours des dix dernières années le paysage de l'édition en sciences humaines et sociales a été considérablement bouleversé. Les transformations du marché du livre, l'essor de la publication et de la lecture en ligne et l'évolution de l'évaluation scientifique ont profondément modifié la production et la diffusion du savoir, tout comme les modèles économiques et l'organisation du travail qui les sous-tendaient. Cet ouvrage revient sur les nombreux débats au sein du monde savant, mais aussi dans la sphère publique, en France comme au niveau international.

  • Qui appelle-t-on Homère ? Qui est à l'origine de l'Iliade et de l'Odyssée ? Ces deux questions rejoignent celles des origines et de l'évolution des langues et des civilisations. Ces deux textes, Homère et la philologie classique suivi de L'Agôn des Aèdes en Eubée, illustrent les idées de Nietzsche encore imprégné de ses études classiques.

    La publication de ces deux conférences de Friedrich Nietzsche autour de la figure d'Homère permet à la fois de faire connaître ce que Nietzsche devait à la philologie, qu'il enseignait, et ce qu'il a apporté, et, d'autre part, ce que l'on peut dire aujourd'hui de sa position sur la philologie, de son rapport à la philosophie. Il s'agit donc du discours inaugural Homère et la philologie classique, tenu à l'université de Bâle en 1869 à l'occasion de l'élection de Nietzsche comme professeur de cet athénée, et de la petite conférence pour la Société philologique de Leipzig en 1867, L'Agôn des Aèdes en Eubée.
    Dans Homère et la philologie classique, contre la déconstruction scientifique de la figure historique d'Homère et de l'Iliade et de l'Odyssée, Nietzsche revendique la valeur du chanteur aveugle et de l'unité des poèmes en tant que faits culturels incontournables.
    Les métamorphoses d'Homère nous révèlent l'esprit des siècles à travers lesquels cette tradition a pu se développer et a dû, à un certain point, parvenir à sa dissolution.
    Dans L'Agôn des Aèdes en Eubée, Nietzsche évoque une autre tradition très ancienne autour d'Homère : le célèbre agôn entre Homère et Hésiode en Chalcis à l'occasion des jeux funèbres en honneur du roi Alcidamas. En analysant les traces de ce récit dans les textes anciens, Nietzsche s'interroge sur la valeur de cette invention et sur les raisons cachées de ce mythe.

  • Dès le XIXe siècle, la science est aux prises avec le développement du capitalisme. Alors qu'elle s'institutionnalise avec la mise en place de chaires universitaires puis de laboratoires de recherche, elle devient un enjeu économique où la question de sa valeur et de son partage a une place centrale. Cet ouvrage retrace comment la propriété scientifique émerge, parallèlement aux progrès de la propriété intellectuelle, pour permettre aux savants de contrôler les fruits de leurs découvertes.

  • Oeuvre singulière dont l'interprétation est toujours ouverte, la Flagellation du Christ de Piero della Francesca est une peinture mystérieuse et fascinante. Si l'oeil contemporain se laisse volontiers séduire par l'absolue perfection de sa perspective centrale, il peine à comprendre son sujet réel. Menée comme une enquête, cette étude progresse depuis l'intérieur du tableau, au plus près de ses formes, de ses couleurs, mais aussi et peut-être surtout de sa savante géométrie conçue par un peintre mathématicien qui pense et utilise la perspective comme une "science" de la mesure capable d'aider l'homme à atteindre l'infinité divine.
    Sous cet angle, on ne doit plus considérer le chef-d'oeuvre de la Flagellation du Christ isolément, mais en relation avec d'autres peintures du maître de Borgo Sansepolcro (le Baptême du Christ de Londres, les deux Saint Jérôme de Berlin et de Venise, la Vierge de Senigallia d'Urbino). La question de la présence du peintre dans son oeuvre, y compris à travers son portrait, celle de son rapport au temps et au salut, celle de l'usage conscient et précurseur de la "divine proportion" sont quelques-unes des étapes de ce livre que l'on peut lire aussi comme une invitation à renouveler notre vision de l'un des plus grands peintres du XV ? siècle italien.

  • En mai 1990 Germaine Tillion est l'invitée de Frédéric Mitterrand dans son émission Du côté de chez Fred. Deux émissions lui sont consacrées. Ethnologue soucieuse de comprendre les raisons du mal ou encore de la domination des femmes en Méditerranée, elle reste une figure méconnue d'une science qu'elle a grandement contribué à faire évoluer. Résistante, déportée à Ravensbrück durant deux ans, militante de la paix en Algérie, Germaine Tillion revient sur son parcours, dit ce qui lui tient à coeur, parle de sa vie et de ses idéaux.
    Au moment de la panthéonisation de Germaine Tullion, cet inédit nous donne à entendre la voix de cette femme engagée, curieuse de l'autre.

  • Dans l'Europe de la Seconde Guerre mondiale, la production massive d'armes, caractéristique des « guerres totales » du XXe siècle, et la politique de collaboration économique ont bouleversé les rapports de genre dans les sociétés en conflit. À rebours des approches classiques, ce livre explore la vie quotidienne des ouvrières françaises à Berlin entre 1940 et 1945 et examine les dynamiques transnationales de la production du genre, autorisant à penser les histoires des femmes comme des réalités liées, interdépendantes, plutôt que comme des expériences parallèles.

  • Automne 1968 : Foucault, à l'invitation du critique Claude Bonnefoy, rencontre celui-ci à plusieurs reprises en vue d'un projet de livre. Ce n'est ni à un entretien, ni à un dialogue auquel les deux hommes se livrent, mais à un exercice de parole inédit ; Foucault pour la seule fois de sa vie donne à voir ce qu'il désigne comme "l'envers de la tapisserie", son propre rapport à l'écriture.

  • Cet ouvrage s'intéresse aux conséquences de Mai 68 dans un domaine où elles ont été peu étudiées, le monde du droit et de la justice. Liora Israël émet l'hypothèse que les évènements de Mai ont eu des effets durables sur le développement de mobilisations contestataires fondées sur le droit. Revenir sur cette histoire récente permet de mieux comprendre les dynamiques actuelles liant droit, justice et politique, qu'il s'agisse des usages militants du droit, ou des formes de tension entre autorités judiciaires et pouvoir politique.

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