Hazan

  • A l'opposé des sommes chronologiques de l'historiographie académique, cet ouvrage propose au public des clefs pour aborder avec un regard libre et averti la peinture à partir de ses composantes manifestes. Il définit des manières simples et accessibles à tous pour repérer et identifier les éléments constitutifs de la peinture au plan plastique : type de touche, mode de construction, caractère de la chromie. Pour adhérer aux recherches du peintre ou savourer la qualité de ses oeuvres, il est essentiel de saisir en quoi un espace pictural peut-être ouvert ou fermé, qu'est-ce qui fait qu'une forme est nette ou floue, une couleur chaude ou froide et une touche « matièrée » ou lisse : ces dispositifs, sélectionnés et maîtrisés par l'artiste, affectent notre perception de l'oeuvre d'art. Ils constituent ce que l'on appelle son « style » ou sa « manière », bref ce à partir de quoi on reconnaît ses oeuvres. Tous ces procédés, qui ont trait à la forme, à l'espace et à la couleur, sont mis en évidence ici au moyen d'un système visuel binaire d'une grande clarté pédagogique : il est fondé, toujours à travers la comparaison de deux oeuvres, sur l'opposition des options plastiques (coloris chaud/froid ; espace ouvert/fermé ; matière rugueuse/lisse etc.). Cette présentation des procédés, aisés de cette manière à percevoir, est systématiquement aménagée et approfondie, dans un second temps. Enfin, des oeuvres accompagnées de commentaires explicatifs détaillés enrichissent ultérieurement chaque chapitre.

  • Voici un outil exceptionnel pour regarder et comprendre une oeuvre picturale. d'abord ses particularités de fond et de forme : la composition, le dessin, la couleur, le volume, la perspective. un chapitre entier est consacré à la préparation de l'oeuvre picturale, ses techniques, mediums, outils et supports. la distinction des types de peinture est très importante : retables, polyptyques, peintures de chevalet. ils se différencient par leur forme, leur taille, leurs caractéristiques iconographiques, mais aussi par leur fonction. par ailleurs, la naissance du marché de l'art au cours du xviiie siècle coïncide avec l'avènement de genres picturaux, natures mortes, portraits ou paysages, aux formats plus réduits, adaptés à leur présentation dans les intérieurs domestiques. le chapitre « exposer et conserver » présente les lieux les plus significatifs par lesquels ont transité les oeuvres au cours des siècles et les techniques de conservation et de restauration. la dernière partie est consacrée au langage de la peinture et ses concepts théoriques.

  • Le visiteur d'un musée, d'une église ou d'une galerie d'art se trouve en présence d'oeuvres chargées d'histoire et porteuses de significations symboliques, mais aussi au contact quasi direct de leur matérialité, que ce soit la feuille d'or incluse dans les tesselles des mosaïques byzantines, la polychromie brillante et dense du panneau d'un retable flamand, ou les bleus lapis-lazuli stupéfiants que Lorenzo Lotto préparait selon un procédé tout particulier. Ces éléments, toujours très fascinants, ne sont pas que des accessoires dans la construction d'une oeuvre, mais, indissolublement liés au contexte historique et à la personnalité de l'artiste, ils constituent le support du langage symbolique des images.
    La technologie des procédés et des matériaux a une place plus évidente encore dans les arts appliqués, parfois dits, à tort, mineurs, qui, à chaque époque - voyez le panorama artistique des XVe et XVIe siècles, mais aussi du XVIIIe -, jouent un rôle d'une très grande importance, voire remplissent une fonction de véritable « guide », pour la peinture, la sculpture et l'architecture. Rappelons, par exemple, que Pollaiolo et Verrocchio commencent par pratiquer l'orfèvrerie, et que de nombreux peintres maniéristes et baroques aiment à concevoir et souvent à réaliser eux-mêmes des bronzes décoratifs et des objets de verre ou de cristal ornés de figures. Au XVIIIe siècle, la redécouverte, par Böttger, de la formule de la porcelaine est si révolutionnaire et si déterminante que le délicat matériau inventé en Chine devient l'un des protagonistes du siècle, influençant l'expression du goût dans la peinture et la sculpture, et s'imposant dans le mobilier et jusque dans l'architecture d'intérieur, comme en témoignent les cabinets de porcelaine du palais royal de Madrid et de celui de Capodimonte.
    C'est que, derrière chaque oeuvre, petite ou grande, se cachent un infini travail de recherche et d'innombrables expériences, véritables épreuves alchimiques. De surcroît, le hasard et d'heureuses « erreurs » entraînent parfois la découverte de procédés et de méthodes que le temps et la pratique d'artistes et de « maîtres expérimentateurs » perfectionnent et transmettent à travers les siècles.
    Les articles de ce guide des arts illustrent les techniques artistiques fondamentales en même temps que l'origine et l'emploi des matériaux les plus communément utilisés dans le dessin, l'estampe, la peinture et la sculpture. Les arts appliqués ne sont pas oubliés, et une grande partie de ce guide leur est consacrée : sont notamment examinés la mosaïque, la marqueterie, la céramique, le verre, l'orfèvrerie et la joaillerie. Un dernier chapitre présente un bref panorama de divers procédés employés dans l'art contemporain, ceux qui, selon nous, représentent le mieux le profond changement irréversible opéré dans l'expression artistique du XXe siècle. En revanche, nous n'avons pas abordé dans cet ouvrage la tapisserie et les diverses techniques textiles, qui demandent un traitement à part et détaillé.
    Conformément à l'esprit de la collection « Guide des arts », ce volume se propose de fournir une clef de lecture particulière des oeuvres d'art en montrant par l'illustration comment elles sont faites et en dévoilant ainsi au lecteur certains de leurs aspects les plus intimes et les plus cachés.

  • L'Islam

    Collectif

    Cet ouvrage se veut un instrument d'approche de tous les aspects de lIslam (historiques, théologiques, artistiques, sociaux, etc.) et un guide précis sous forme de chapitres facilement consultables, enrichis de nombreuses illustrations expliquées et commentées en détail. Les textes de présentation visent en particulier à être objectifs et complets, et ils tiennent compte de tous les aspects théologiques, doctrinaux, liturgiques, ésotériques. Enfin, la rigueur scientifique à laquelle s'attache l'auteur permet une présentation simple et pédagogique, adaptée à un vaste public qui ignore parfois tout de ces sujets. Conformément à l'esprit de la collection, ce volume est divisé en plusieurs parties. Les quatre premières « Les origines et l'évolution », « Les confessions et les courants », « La théologie », « Les pratiques » exposent de manière aussi claire et complète que possible les caractéristiques fondamentales de la religion, et la cinquième « Les conquêtes de l'esprit » est consacrée à l'apport spécifique de l'Islam dans les domaines culturels, scientifiques, artistiques et, plus largement, humains. Dans les « Annexes », le lecteur trouvera une carte de la diffusion actuelle de l'Islam dans le monde, un tableau de la translittération en caractères latins et de la prononciation de l'arabe, la liste des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu dans le Coran, une présentation succincte des principaux musées conservant des collections d'art islamique, une orientation bibliographique et un index général.

  • L' icône (du grec eikon, « image ») n'est pas seulement le fruit de la créativité de l'artiste byzantin: les manuels et codes utilisés par les peintres d'icônes indiquent, au moyen de dessin précis, quels sont les traits véritables du visage du Christ, de la Vierge Marie et des saints à partir d'oeuvres anciennes souvent réputées remonter à une image réelle de la divinité (en premier lieu celle du Saint Suaire).
    Selon cette conception de la « copie» qui caractérise l'art chrétien ancien et médiéval, l'authenticité de toute image résulte de sa ressemblance avec l'original. Le peintre d'icônes, généralement un moine, est tenu de copier fidèlement ces modèles. Chaque attitude du corps, chaque geste de la main, chaque vêtement. chaque couleur, chaque drapé, chaque édifice ans les icônes une signification précise.
    Les icônes ne se bornent pas à représenter un personnage ou un événement sacré, mais elles en donnent une interprétation symbolique conforme à la pensée des Pères de l'Eglise. Les matières mêmes dont est-constituée l'icône sont importantes: un panneau ou une tablette de bois creusé en son centre d'une cavité (dite berceau), enduit de plâtre et de colle puis recouvert d'une fine toile, des couleurs faites de pigments végétaux et minéraux, de l'eau et du jaune d'oeuf, des feuilles d'or, tous éléments qui semblent participer à l'accomplissement d'un rite.
    Ce guide présente ce vaste patrimoine d'images de manière ordonnée par types iconographiques et par sujets : des plus anciennes icônes conservées dans le monastère Sainte-Catherine du mont Sinaï aux icônes du mont Athos, de Constantinople, de Crète et des Balkans ; des écoles de Pskov, Novgorod et Moscou à celles des monastères du Nord de la Russie; des premières communautés du désert égyptien autour de Thèbes aux monastères des Solovki, sur la mer Blanche.
    Histoires fascinantes d'apôtres, de martyrs ascètes et de « fois en Christ ». Regards de saints qui nous traversent. fixés sur l'au-delà.

  • Comme toutes les religions abordées dans cette collection, le christianisme est abordé d'abord à travers ses origines et sa diffusion, à travers ses confessions et la théologie ensuite à travers sa pratique et sa liturgie. toutes les illustrations sont commentées.

  • Une approche culturelle des civilisations d'Australie, de Mélanésie, de Micronésie, Polynésie, fortement conditionnées par l'immensité des espaces mais aussi les richesses nourricières et mythiques de l'Océan. Une confrontation des structures des sociétés et du pouvoir, des rituels religieux et de la vie quotidienne aux spécificités des formes et du décor.

  • La civilisation étrusque naît à la fin de l'âge du bronze, dans les régions de l'Italie qui correspondent aujourd'hui à la Toscane et à une partie du Latium. Elle s'étendra au cours des siècles suivants à la Campanie septentrionale et à la région du Pô. Elle finira par être totalement absorbée par Rome. La fascination qu'elle a exercée dès l'époque romaine tient à l'aura de mystère qui l'entoure, due à l'absence complète de sources écrites directes, et à des découvertes extraordinaires, qui attestent une grande richesse artistique. C'est ainsi qu'en 1553, la construction des remparts d'Arezzo entraîne une trouvaille étonnante : une sculpture que l'on a appelée la Chimère, fabuleuse créature à tête de lion et queue en forme de serpent, sur le dos de laquelle surgit une tête de chèvre. Nombre de monuments et objets seront progressivement mis à jour, en particulier des tombeaux qui recèlent des peintures murales révélant bien des aspects de cette culture. Ces vestiges, auxquels il convient d'ajouter les témoignages des Anciens, qu'il s'agisse de Diodore de Sicile, d'Homère, de Tite Live ou de Strabon, nous apprennent que le monde étrusque se caractérise par son urbanisation, qui ira jusqu'à la création de cités-État, puis de dodécapoles, système fédérant entre elles douze villes. Ils nous montrent également des savoir-faire raffinés en matière d'artisanat - céramique, bucchero, orfèvrerie - et dans d'autres domaines comme la métallurgie ou l'exploitation de mines. L'abondance de sanctuaires est le signe d'une forte religiosité, marquée par le culte des ancêtres ; elle nous renseigne sur les rituels et sur le panthéon. Enfin, les Étrusques marqueront l'histoire de leur temps en dominant les mers. La civilisation étrusque est sans doute la plus brillante des civilisations de l'Italie avant les Romains. Elle rayonna pendant sept siècles entre le VIIIe et le IIe siècle avant Jésus-Christ et connut son âge d'or au cour du VIe siècle, il y a maintenant plus de 2 500 ans.

  • Trois civilisations – celtique, germanique et viking – sont réunies dans cet ouvrage. Elles sont en effet géographiquement voisines, marquées par leur continuité temporelle, enfin elles sont souvent perçues de façon semblable. Elles représentent le passé « barbare » de l’Europe, longtemps opposé aux civilisations classiques méditerranéennes des Grecs et des Romains. Le « Barbare » en question fut identifié au « Non-Grec », puis au « Non-Romain » – et toujours considéré comme un sauvage, un individu sans loi. À l’époque moderne, la redécouverte des racines des peuples européens l’a auréolé d’un charme romantique. Les études savantes comme l’imaginaire populaire attribuent alors aux Celtes, Germains et Vikings des rôles nouveaux, dont les attendus confinent parfois au racisme. Cet ouvrage aborde ces civilisations d’un point de vue strictement historique. Les témoignages archéologiques – bateaux, bijoux, sépultures, forteresses… – vont en effet à l’encontre de siècles de préjugés. Les périodes considérées s’étendent, pour les Celtes, du début du VIe siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C, date de la conquête romaine ; pour les Germains, de la fin de l’âge du bronze (vers 1300 avant J.-C.) à la période précédant la guerre des Marcomans et les grandes migrations (vers le IIe siècle après J.-C.) ; pour les Vikings, du VIIIe au XIe siècle. Les six chapitres rendent compte des aspects principaux de la société, de l’économie, de la technologie et de l’idéologie de ces civilisations, à travers des thèmes précis : « Les personnages », « Le pouvoir et la vie publique », « Les divinités et la religion », « La vie quotidienne », « Le monde des morts », « L’organisation des territoires », « Les villes et les sites ». Ils sont aussi l’occasion d’un vaste voyage à travers villes (Aix-en-Provence, Citânia de Briteiros, Broighter, Dannevirke, Pfalzfeld, Oslo, Uppsala), rivières (Danube, Duero, Weser, Vistule), îles et fjords. La présentation des images, chronologique, tient compte de la distinction entre les trois civilisations. En annexe, cartes, chronologie et musées spécialisés complètent l’information du lecteur.

  • Entre tradition et modernité, le XIXe siècle est celui d'un monde en pleine mutation, marqué par la révolution industrielle et les innovations qui l'accompagnent. On citera l'invention des transports ferroviaires, qui modifie radicalement les conditions du voyage, et donc celles des peintres voyageurs, ou, dans le domaine des arts, la naissance de la photographie, qui change absolument le regard des peintres.
    Des néoclassiques, qui prônent la beauté idéale dont l'art grec et romain est le modèle parfait, aux romantiques, qui revendiquent le caractère unique de chaque oeuvre et la nécessité pour l'artiste d'exprimer des sentiments individuels, la période est traversée de grands courants analysés dans la première partie (les mots clés). Y figurent tous ceux qui préfigurent les grands bouleversements du XXe siècle. Les impressionnistes, fascinés par la lumière, ouvrent la voie aux avant-gardes : pointillisme, symbolisme, mouvement Arts and Crafts, nabis, scapigliatura, divisionnisme, jusqu'à la Sécession. Entre-temps, les nazaréens auront tenté de réformer radicalement l'art dans une orientation spirituelle et patriotique, suivis par les puristes, qui s'inspireront d'Ingres pour se tourner vers les artistes « primitifs » afin de redécouvrir la véritable essence de l'art et son authentique mission éthique et religieuse. Quant aux réalistes, ils entendent montrer la réalité dans laquelle ils vivent, mais aussi exprimer clairement leur position sur les événements et les personnages qu'ils représentent.
    Cet éclatement des tendances et des intentions est bien le signe de sociétés en pleine transformation.
    Une telle multiplicité de courants est indissociablement liée à une géographie et à des lieux précis, présentés en deuxième partie dans l'ouvrage. C'est à un voyage dans le temps et dans l'espace que convie ce nouveau « guide des arts ». La première partie, « Les mots clefs », plante le décor conceptuel du siècle traité ; la seconde partie, « Les lieux », définit l'espace géographique et renseigne sur les sphères d'influence ; la dernière partie, « Les artistes », examine dans le détail quelques soixante artistes et illustre la diversité des styles de l'époque. La « fiche signalétique » enrichit chaque article d'informations complémentaires.
    Un panorama détaillé du XIXe siècle conformément à l'esprit de la collection, qui fait une place privilégiée à l'illustration. Les annexes, outre l'index des artistes, sont enrichies pour cette série d'une chronologie.

  • Cet ouvrage offre une approche chronologique de la mode féminine, masculine et enfantine du début du XIXe siècle à nos jours. L'ambition est de donner au lecteur des repères visuels pour l'aider à dater tous types de documents sur lesquels figurent des personnages en costume civil... La colonne vertébrale de l'ouvrage est formée par une succession de silhouettes. Ce sont des figures synthétiques, en ombres chinoises, qui se placent sur une grille temporelle et qui, à elles seules, résument les modes de leur temps. Ces silhouettes forment des têtes de chapitre. Pour permettre une lecture rapide, chaque silhouette est rapidement décrite. Suit un court texte de présentation qui situe la silhouette dans son contexte historique tandis que dans une colonne parallèle, figurent des données essentielles se rapportant à l'évolution du système de la mode. Les pages suivantes déclinent la silhouette de référence « sous toutes ses coutures » au moyen d'une iconographie la plus variée possible : gravures de mode, illustrations, caricatures, publicités, photographies de mode, de croquis de créateurs, ou même clichés plus anonymes. Les images ainsi rassemblées, dûment légendées et présentées chronologiquement, sont assorties de brefs commentaires. Ceux-ci soulignent et expliquent ce qui dans les vêtement et les sous-vêtements, le maquillage et la coiffure, les accessoires ou la gestuelle, est propre à une certaine esthétique et contribue à définir le style d'une époque. Mots clés : Dior, Chanel, Worth, Poiret, Doucet. Cet ouvrage a obtenu en 2010 le grand prix du livre de mode décerné par l'Université Lyon-Lumière.

  • Les pelerinages

    Collectif

    Le Pèlerinage est une forme de voyage, tout à la fois intérieur et dans l'espace, individuel et collectif, qui met l'homme au contact du sacré.
    Cet ouvrage rend compte de cette pratique, partagée par des millions de personnes dans le monde, quelle que soit leur religion. On y découvrira les conceptions, les usages, les parcours importants, les symboles, les divinités protectrices et les principaux lieux de pèlerinage.

  • Nouveau testament

    Zuffi-S

    Ce volume, indispensable pour « comprendre » vraiment les oeuvres présentées dans les expositions et les musées, plonge dans l'immense océan de l'art sacré pour affronter, une à une, les scènes tirées des evangiles canoniques mais aussi des textes apocryphes, des interprétations médiévales, des visions des mystiques et des pratiques de piété qui en ont résulté. un monde d'images qui appartient à la tradition chrétienne, que tous les grands maîtres du passé ont contribué à créer, et qui se révèle inattendu : en effet, grâce à ce livre, on découvre, à côté de scènes immédiatement compréhensibles, des personnages, des épisodes, des situations moins célèbres, avec des images toujours séduisantes et des textes captivants.

  • Voyage autour et à l'intérieur du corps humain, cet ouvrage en éclaire systématiquement l'univers culturel et symbolique. Du point de vue historique, il décrit comment les connaissances en anatomie représentent des états successifs d'une compréhension globale du corps qui, domaine et instrument de l'être humain, a conditionné sa manière même de voir et d'interpréter le monde environnant. Dans quasiment toutes les civilisations, démontre un des chapitres, il est devenu le modèle même de l'univers et, parfois, l'image du dieu créateur (Vishnou, Bouggha, Pan-Ku, Tangaroa, Christ pantocrator, Zodiques, etc). Cela a donné lieu à un riche symbolisme, et les différentes parties du corps ont été investies de valeurs tellement puissantes qu'elles sont quotidiennement utilisées comme métaphores (avoir « du coeur » ou « de l'estomac »), véritables hypostases de sentiments, d'attitudes ou de caractères, ainsi facilement illustrées, tous décrits ici. Pour s'en tenir aux temps historiques, une autre partie traite des différentes solutions formelles apportées à la représentation du corps humain à travers le temps. Pour que notre panorama soit complet, notre voyage devait s'orienter vers d'autres horizons culturels, notamment des civilisations non-européennes où, malgré les importantes différences qui les séparent de la nôtre, se découvrent d'insoupçonnables consonances. La permanence de l'homme comme sujet d' oeuvre d'art est aussi l'indice d'un profond narcissisme : il s'observe à tous les moments de la vie, dans l'enfance, à l'âge adulte ou dans la vieillesse. C'est le fil conducteur du parcours qui relie entre eux les principaux chapitres du livre. On verra qu'une grande partie de notre choix iconographique concerne l'univers féminin, le plus important en tant que centre d'attraction de l'univers masculin dont les représentants ont, la plupart du temps, produit les oeuvres d'art. Le texte, par conséquent, enchaîne une série de modulations sur la femme vue comme déesse, comme mère, comme amie et comme amante. On le constatera, le sujet pris en considération reste toujours le même, mais en changeant de point de vue, le « voyage à l'intérieur du corps humain » gagne en richesse et en variété.

  • Ce nouveau volume de la collection « Guide des arts » permet de s'orienter avec une extrême facilité parmi les personnages, les scènes et les épisodes tirés de l'Ancien Testament, grâce à de courtes notices explicatives largement illustrées de quelque trois cent cinquante oeuvres reproduites en couleur.


    Nous reconnaissons tous Adam et Eve, Caïn tuant Abel, et Abraham s'apprêtant à sacrifier Isaac. Mais l'iconographie se complique avec Ismaël et Agar, Saül ou la reine de Saba. Il s'agit pourtant de personnages récurrents dans la peinture religieuse depuis le Moyen Age.


    Cet ouvrage peut être un complément des guides touristiques pour visiter les richesses artistiques des villes.


    Après Les Saints et Le Nouveau Testament, ce volume parachève la série consacrée à la lecture de l'iconographie religieuse.

  • Anges et démons

    Rosa Giorgi

    Pourquoi les anges ont-ils des ailes ? Pourquoi les diables ont-ils des cornes ? Pourquoi imagine-t-on les premiers dans le ciel et les seconds dans les flammes de l'enfer ? Les créatures spirituelles, leur nature, leur aspect, les lieux qu'elles habitent et leurs relations avec les hommes : voici le parcours iconographique méthodique et détaillé présenté dans ce volume.

    Illustrant ces thèmes d'inspiration chrétienne, les artistes ont accompagné le cheminement de la pensée de l'homme et donné figure à ce que personne n'a jamais vu mais dont l'existence n'a jamais été mise en doute. Pour ce faire, ils ont repris des motifs iconographiques du monde antique ou proposé des innovations par rapport à la tradition, et ils ont élaboré des modèles de représentation, dont certains ont connu une telle fortune qu'ils nous sont parvenus intacts et encore tout à fait compréhensibles.

    La première des six parties analyse les représentations de l'idée de l'au-delà (le Paradis, le Jérusalem céleste, etc) telle qu'elle s'est structurée à partir de l'Écriture sainte et d'oeuvres philosophiques et littéraires. Les deux parties suivantes présentent la voie du mal et la voie du salut qui s'ouvrent à l'homme : son choix entre « le vice et la vertu » son comportement qui va déterminer son destin ultime. La quatrième partie examine, du point de vue eschatologique, ce qui est en jeu entre la vie et la mort, entre la mort et l'au-delà, en particulier à travers le thème du Jugement Dernier. La cinquième partie, relative aux troupes infernales, décrit les apparitions et actions des démons, ou plus précisément des esprits du mal tels que les conçoit la tradition judéo-chrétienne qui a inspiré l'iconographie occidentale. Enfin, la sixième partie, consacrée aux anges, étudie l'évolution de leur représentation selon les variantes les plus répandues.

    Le critère qui a présidé au choix des articles de ce dictionnaire est leur diffusion iconographique dans l'art occidental, principalement en Europe, mais aussi parfois outre-Atlantique et en Orient, comme en témoignent quelques exemples particulièrement significatifs. Chaque article est suivi de la reproduction de plusieurs oeuvres, présentées dans l'ordre chronologique pour qu'apparaisse clairement l'évolution de l'iconographie, et il est accompagné en marge d'une fiche signalétique dont les rubriques (définition, lieux, époques, caractéristiques, sources bibliques ou autres, etc.) varient pour mieux s'adapter à l'extrême diversité des sujets traités.

  • L'hindouisme est au prime abord une bien étrange religion : il ne revendique aucun fondateur, il n'est pas dirigé par une hiérarchie ecclésiastique centrale, il privilégie l'attitude quotidienne plutôt que l'adhésion à un « credo », et les textes sacrés, pour la plupart anonymes, sont soumis à un travail constant d'interprétation et de commentaire. un hindou authentique peut invoquer pour dieu suprême shiva ou vishnu, voire être athée. il peut avoir recours à des pratiques spirituelles qui déplairont à un autre hindou, sans qu'aucun des deux ne crie à l'hérésie. peu attaché aux obligations formelles, l'hindouisme conçoit la vie entière comme une succession de moments sacrés, rythmés par des rituels. les « hindous » tiennent leur nom du fleuve indus, berceau de leur religion. il leur fut attribué par les musulmans, qui désignèrent ainsi ceux qui ne s'étaient pas convertis à l'islam et qui n'étaient pas bouddhistes. les adeptes l'appellent quant à eux « dharma éternel », terme se référant à un ordre unique et profond, imprégnant la réalité divine, humaine et cosmique. quatre principes fondamentaux - vérité, non-violence, générosité, maîtrise de soi - orientent la vie des fidèles. longtemps réduit à un cercle de spécialistes, l'intérêt pour cette religion s'est élargi, notamment grâce à la figure de gandhi, ou au yoga. l'hindouisme est en outre le témoin de temps très anciens et d'une civilisation qui s'est perpétuée à travers lui. il offre une extraordinaire multiplicité d'aspects régionaux, pouvant différer d'un village à l'autre, qui ont été réintégrés et fondus dans ses courants principaux. cet ouvrage rend compte tout à la fois de la diversité et des éléments unificateurs de l'hindouisme, en décrivant son origine et ses évolutions, puis en présentant les doctrines, les principaux maîtres et leurs écoles, et enfin les pratiques, les ministres et lieux de culte. il est l'occasion de découvrir des sites et des oeuvres d'art exceptionnels, et d'en comprendre le sens. les annexes - carte, musées spécialisés, transcriptions, index et bibliographie - complètent cette documentation.

  • Le thème de lamour et de léros traverse lhistoire de la création, quil sagisse darts figuratifs, de littérature ou de musique. Il évolue en fonction du contexte social et historique, des styles à l½uvre et des artistes, suscitant toujours lémotion, en dépit du passage des siècles. Comment expliquer autrement le scandale soulevé par une Vénus de la Renaissance, ½uvre de Lucas Cranach lAncien, retirée du métro londonien où elle figurait sur laffiche dune exposition, après avoir provoqué les plus vives protestations ? Une quarantaine de couples célèbres viennent clore cet ouvrage, au premier rang desquels Adam et Ève. Le lecteur constatera combien, à certains moments de lhistoire, certaines images sont apparues totalement naturelles et licites, pour se montrer transgressives ou déplacées lors dautres périodes.


  • L'ensemble du monde islamique parle la même langue, l'Arabe, la langue du Coran, dont les lignes directrices ont façonné les différentes traditions culturelles avec une homogénéité surprenante homogénéité qui a caractérisé, et qui imprègne encore, la culture et le vécu spirituel et politique de centaines de millions de personnes et de nations entières. À l'intérieur de cet horizon culturel commun se sont élaborés au fil du temps des langages artistiques et des coutumes nationales, à travers la réémergence graduelle quoique au sein de l'identité islamique commune d'énergies locales vigoureuses, auxquelles l'arrivée de nouvelles populations et les déplacements pour motifs religieux, commerciaux et scientifiques ont apporté par la suite des éléments féconds. Tout discours de caractère général, comme les sujets abordés dans cet ouvrage, doit donc être pris comme une indication globale, à approfondir et clarifier parfois.

  • Si le nu traverse toutes les époques et toutes les cultures, de la préhistoire à aujourd'hui, de l'Inde à l'Océanie, de l'Afrique à l'Europe, seule la culture occidentale l'a codifié comme un " genre " autonome.
    Reflet d'une culture, de ses goûts esthétiques et surtout de la morale de son temps, le nu fut considéré avec une grande suspicion du Moyen Âge à l'ère moderne. Il n'a pénétré les lieux sacrés de la chrétienté qu'au prix d'âpres batailles, et même après être devenu un " sujet " dans les académies, au XVIIe siècle, il continuera de susciter la réprobation, voire le scandale. C'est cette histoire que retrace le premier chapitre de cet ouvrage.
    On y constate que nombre d'oeuvres, autrefois tenues pour scandaleuses, n'ont plus rien de choquant. La notion même de nu a évolué : montrer un bras provoqua jadis un intérêt tout autre qu'aujourd'hui. Le nu fut attaqué par la censure, la morale, la culture artistique ou la critique : c'est l'objet du chapitre suivant. Le lecteur suivra les diverses formes prises par le nu : il a été décliné à tous les âges de l'homme, de l'enfance à la vieillesse, et jusqu'à la mort, chaque époque élisant parmi ces phases de l'existence une " forme idéale ".
    Les poses, présentées ensuite, ont des significations symboliques précises, que leur confère chaque artiste. Enfin, l'ouvrage examine les sujets les plus traités, et l'évolution de la symbolique attachée au nu au fil des siècles. Deux index et une orientation bibliographique complètent cette documentation, richement illustrée.

  • La musique

    Alberto Ausoni

    Ce nouveau « guide des arts » se propose d'illustrer les liens que l'art des sons entretient depuis toujours avec l'histoire des civilisations, au travers d'un vaste répertoire d'images liées à l'univers de la musique. La première partie proprement iconographique comporte quatre sections. La première section d'entre elles analyse le rôle de la musique dans un langage symbolique qui s'efforçait de traduire en image des signifiés de nature philosophique et conceptuelle. La distinction entre l'aspect théorique de la musique et ses modes d'interprétation, élaborée par la philosophie grecque et précisée par les théories néoplatoniciennes, est ainsi transposée en images qui visualisent le concept d'« harmonie des sphères ». En revanche, lorsqu'elle est associée à des thèmes comme les âges de l'homme et l'amour, la musique marque des moments essentiels de l'existence et révèle son pouvoir de guérir, d'unir et de participer à la création ou au rétablissement de l'harmonie. Dans le même temps, la présence d'instruments de musique silencieux, associés à des livres, des fleurs et à des objets d'une rare beauté, résume le concept de vanitas et souligne la disparition à laquelle est vouée tout l'univers tangible.
    La seconde section explore le rapport de la musique avec les mythes classiques. L'analyse des personnages d'Apollon et des neuf Muses met en évidence l'opposition entre les harmonies de l'un et les rythmes effrénés associés au cortège de Dionysos. Inversement, des personnages comme Ariane et Orphée, véritables incarnations de la musique, représentent la capacité de la poésie et de l'art des sons à défier la mort et à dépasser les barrières.
    La troisième section réunit les principaux sujets religieux dans lesquels la musique occupe une place essentielle, en traduisant par exemple les harmonies paradisiaques ou les dissonances infernales. La musique trouve en outre une transposition visuelle dans l'iconographie de David et dans la place considérable occupée par les concerts des anges. Bien que les instruments de musique soient souvent reproduits avec fidélité, il ne faut pas perdre de vue que ces orchestres comportent un certain degré d'abstraction et que les artistes travaillent souvent de mémoire ou se contentent de reproduire des modèles sans trop se soucier de l'exactitude des détails qui y figurent. Sainte Cécile joue un rôle fondamental dans le domaine de l'hagiographie. Souvent représentée sous les traits d'une chanteuse céleste ou d'une musicienne, elle est accompagnée par des anges qui tiennent les partitions ou qui composent les formations vocales et instrumentales les plus diverses.
    La quatrième section est consacrée à l'exécution de la musique, qui est depuis toujours associée aux circonstances de la vie humaine, des plus solennelles aux plus intimes. L'iconographie identifie et limite souvent les lieux propices à la musique : églises, théâtres ou salles de concert, environnement champêtre destiné à des idylles bucoliques ou simples routes de campagne, où triomphent les musiciens ambulants. Par delà le rôle de la musique dans les différents systèmes d'éducation, c'est l'importance du fait même de faire de la musique qui est analysée. La permanence d'éléments allégoriques hérités de la Renaissance est de plus en plus souvent associée à une véritable pratique d'exécution, encouragée par une iconographie attentive à la précision des instruments de musique.
    La seconde partie de l'ouvrage est consacrée à l'iconographie des principaux instruments de la tradition musicale occidentale, des civilisations grecques et romaines à nos jours. A côté d'informations sur la genèse et l'évolution des instruments dans un contexte historique et dans une esthétique musicale donnés, nous avons voulu présenter des oeuvres d'arts où le rapport entre l'iconographie et l'organologie était déjà évident. Décrire les instruments suppose l'identification, la comparaison avec des modèles conservés dans les musées et décrits dans les traités de l'époque, ainsi que la reconnaissance de particularités de fabrication. Une telle analyse permet de répondre aux questions qui se posent sur l'apparition ou inversement la disparition de tel ou tel instrument. Elle aide aussi à mieux cerner leur évolution, à confirmer certaines techniques de son et les critères de formation d'un ensemble instrumental. Nous présentons aussi des oeuvres qui illustrent la part faite à certains instruments de musique par l'art contemporain, en les reproduisant ou en les introduisant directement dans des circuits de nature conceptuelle et interprétative.

  • Le taoïsme

    Ester Bianchi

    Le taoïsme, aujourd'hui la religion la plus pratiquée en Chine avec le bouddhisme, a gardé les caractéristiques de ses débuts : celles d'une tradition vivante, ouverte, sans cesse en évolution. À travers six chapitres abondamment illustrés - « L'histoire », « Les textes », « Les courants et les écoles », « Les divinités et les grandes figures », « Les enseignements » et « Les pratiques » -, cet ouvrage offre au lecteur la possibilité de mieux le connaître. L'histoire du taoïsme commence au cours du Ier millénaire avant notre ère, époque où furent rédigés certains de ses textes les plus significatifs, et qui vit naître l'idéal de l'immortalité ainsi que nombre de ses pratiques. Il n'a cessé de se modifier pour s'adapter à son temps, pensant ses doctrines, explicitant ses enseignements, développant des pratiques et des liturgies nouvelles, en marginalisant d'autres, enrichissant son panthéon... Cet univers composite, ouvert aux influences extérieures,en particulier au bouddhisme, a peu à peu été pénétré de tendances diverses, comme en témoigne la centaine d'ouvrages qui composent le Canon taoïste. Il existe pourtant bien une notion clef, et qui unit ces éléments disparates : le Dao (la « Voie »), principe métaphysique et origine de toutes les manifestations de l'existant, mais aussi chemin à parcourir et but. Connu en Occident à travers les symboles du yin et du yang ou le Daode Jing, le taoïsme, étroitement lié à l'histoire de la Chine, représente, outre des contenus doctrinaux, toute sorte d'aspects : des rites et des cérémonies, un clergé, un calendrier religieux, des lieux de culte, un rapport à la mort, au vide, ou encore à la nature. Cet ouvrage présente tous ces éléments, ainsi qu'une série d'annexes qui complètent la documentation : la carte des principaux sites, les dynasties chinoises, des musées, la transcription en pinyin des termes et un index.

  • Ce livre propose d'aborder les avant-gardes du xxe siècle à travers trois axes. les différents mouvements artistiques sont décrits dans le premier chapitre, de l'art nouveau à l'art concret en europe, en passant par le japonisme, la section d'or, de stijl ou le muralisme ; le deuxième établit une « géographie de l'art », mettant en avant des villes européennes et américaines particulièrement actives au cours de cette période ; le troisième, enfin, présente 59 artistes marquants, d'alexandre archipenko à grant wood, mais aussi marc chagall, frida kahlo, man ray ou chaïm soutine. la circulation entre les différents courants et artistes est facilitée par des renvois à d'autres articles, mentionnés à la fin des fiches techniques très détaillées. un index complète cet ensemble.

  • Selon Léonard de Vinci, l'art est une poésie « muette ». Les « mouvements de l'âme » s'expriment ainsi à travers le langage du corps. Dans l'image, le geste ne s'accomplit pas seulement avec les mains, mais avec l'ensemble des attitudes et des mouvements du corps. Bien que les mains jouent souvent un rôle primordial dans la communication du signifié, il faut souligner que les gestes qui les accompagnent ne peuvent être pleinement analysés ni compris si l'on ne tient pas compte de l'expression du visage, de la posture du corps et de sa position par rapport au contexte figuratif et à tous les éléments qui constituent la structure de l'image. C'est pourquoi, dans l'art occidental, un même geste peut revêtir parfois des significations diverses, voire changer radicalement de sens. Il existe, certes, des gestes immédiatement déchiffrables parce qu'ils se rattachent à une longue tradition iconographique ou correspondent à des gestes pratiques et courants, mais il est également vrai que les images reproduisent un nombre infini de gestes indéterminés et ambigus, dont la signification ne peut être précisée qu'après une analyse attentive de la figure dans son ensemble et de la composition globale de l'oeuvre. Ces gestes échappent à une catégorisation rigide en raison même de leur ambiguïté et de leur polysémie.
    Les catégories qui suivent ont été déterminées en fonction de la tradition iconographique en Europe.
    Les gestes descriptifs sont ceux qui présentent un caractère essentiellement illustratif, qui indiquent une action, un objet, un contenu ou un récit.
    Les gestes expressifs, qui incluent les mouvements et les positions des mains, des bras, des pieds et des jambes, traduisent pour la plupart des états intérieurs, des sentiments, des émotions ; lus dans leur globalité, ils peuvent servir à révéler le rôle social du personnage, surtout dans l'iconographie médiévale.
    Les gestes de la communication servent à représenter l'élocution, l'argumentation, l'idée de la parole et du discours ; ils traduisent aussi les interactions entre les personnages.
    Les gestes qui expriment le désespoir révèlent des sentiments et des états intérieurs liés exclusivement au domaine de la douleur et de la souffrance, tant morale que physique. Codifiés par une longue tradition iconographique, ils offrent une lecture plus immédiate.
    Les gestes obscènes traduisent par l'image la moquerie, l'injure verbale, la malédiction ; en général, ils font allusion à la dégénérescence morale et impliquent les mains seules ou le corps tout entier, mais ils peuvent aussi avoir une valeur apotropaïque ou propitiatoire.
    Les gestes rituels peuvent être définis comme des « signes efficaces » : ils s'imposent comme symboles iconographiques d'un rite, d'une cérémonie liturgique ou civile (serment, bénédiction) et sont porteurs de sens dans une relation de communication. Ils représentent souvent des gestes réels et ont conservé au fil du temps un lien plus étroit avec leur signification originelle.
    Les traités médiévaux ont codifié une série de gestes et de poses privilégiés dans la communication avec le Divin : les mouvements du corps sont des modes de prière qui favorisent la réalisation de l'état contemplatif ; les mouvements de l'âme sont les gestes, ou mieux les « poses » qui reviennent le plus souvent dans les tableaux de visions, parce que « l'âme qui est mue par le corps meut le corps ».
    La dernière partie est consacrée aux expressions du visage ; les images du rire, des larmes, de la colère et de l'expression de la pensée montrent comment les artistes, non seulement à l'époque moderne mais aussi dans l'Antiquité, furent attentifs à accorder les postures du corps avec les expressions du visage, par exemple dans l'attitude du mélancolique.
    Les éléments du visage sont l'objet d'étude de la physiognomonie, qui tente de pénétrer les secrets de l'âme humaine en établissant des correspondances entre physionomie et caractère. Le visage est une sorte de carte de l'âme ; à partir de Léonard de Vinci et par le biais des traités de Della Porta, Le Brun, Camper, Lavater et Lichtenberg, la physiognomonie sera le support, au XIXe siècle, de la toute nouvelle science de la psychologie. Les artistes se mettent au service de la médecine pour l'étude des maladies mentales ; le fruit de cette collaboration est visible dans l'iconographie de l'aliénation mentale. Au XXe siècle - le siècle de la psychanalyse - le visage n'est plus le miroir de l'âme, mais le lieu de la manifestation de l'indistinct, du magma intérieur, de l'inconscient.

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