Phebus

  • Chacun sait que l'Orient-Express, le train mythique qui relie Paris à Istanbul, a inspiré la fiction dès sa mise en service en 1883. Mais le public n'en a guère retenu que les noms d'Agatha Christie, de Graham Greene ou de Paul Morand. Pourtant, cette littérature est aussi abondante que méconnue. Dès 1914, elle aborde par exemple de grandes thématiques telles que le luxe et la luxure, le brigandage, le complot et l'imaginaire d'une plus grande Europe. La Belle Époque explore plus particulièrement les paradoxes de cet imaginaire, de la séduisante madone des sleepings au train de l'angoisse.
    Avant que le second vingtième siècle ne balance entre la critique, la parodie et la nostalgie d'un monde perdu.
    De Jean Giraudoux à Graham Greene, d'Apollinaire à Agatha Christie en passant par Lawrence Durrel, Edmond About ou Albert Londres, Blanche El Gammal nous offre une anthologie de textes célèbres et oubliés et nous fait voyager de manière singulière dans l'Europe du siècle dernier, entre exotisme, propagande, fantasmes et désillusions.

  • Japon, 1919. Un bateau quitte l´Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration. À la façon d´un choeur antique, leurs voix s'élèvent et racontent leurs misérables vies d´exilées... leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, l´humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire... Une véritable clameur jusqu´au silence de la guerre. Et l'oubli.

  • Un roman peut en cacher un autre.
    Comme chez Hitchcock - qui souvent s'inspira de l'oeuvre de Daphné Du Maurier - nous nous trouvons d'abord lancés sur une fausse piste : meurtre crapuleux dans la Rome de l'après-guerre. A moins que cette fausse piste elle-même... Armino, témoin bouleversé de l'affaire, décide de laisser tomber son job - guide pour touristes - et va se mettre au vert dans la petite ville dont il est originaire, aux confins de la Toscane, des Marches et de l'Ombrie.
    Le passé, espère-t-il, aura là-bas un autre goût : celui de la glorieuse Italie des ducs de Ruffano, qui ont laissé nombre de monuments dans la petite cité, et quelques légendes insistantes - parmi lesquelles celle du duc Claudio, dit le Faucon, un orgueilleux mort cinq siècles plus tôt, précipité de la plus haute tour de son palais alors qu'il essayait de s'envoler dans les airs. Passé et présent ont tendance, en de tels lieux, à confondre leurs rôles.
    Armino croit reconnaître en Aldo, l'agitateur culturel local, son frère aîné porté disparu pendant la guerre. Entre eux vont renaître les jeux cruels d'autrefois, où les femmes désormais auront un trouble rôle à jouer. Quel secret se cache derrière la porte si bien cadenassée de cette enfance qui refuse de mourir ? Pour l'avoir débusqué, Aldo un jour, devant la ville en fête, va se risquer à monter lui aussi l'escalier de la tour...
    Comme dans Le Bouc émissaire, auquel on l'a comparé, Daphné Du Maurier joue au long de ce romain sur le double registre du vertige et des intermittences de la mémoire. La guerre là encore n'est pas loin, et la vie a du mal à faire la paix avec elle-même, empoisonnée par quelques méchants secrets de famille. Invite à aller fouiller de l'autre côté des apparences : en ces obscurs retraits où l'Histoire de Secrètement rendez-vous à l'histoire de chacun.

  • L'attente interminable d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto à sa nouvelle conquête ; un premier rendez-vous se terminant aux urgences ; la chronique poignante de la thérapie d'un couple quinquagénaire ; le vertige existentiel de jeunes parents qui découvrent que leur fille adoptive est malade ou encore un amour de vieillesse qui prend fin trop rapidement.
    Les chroniques de Modern Love rapportent des histoires de flirts, d'aventures d'un soir et de passions dévorantes mais aussi d'amour romantique, platonique et familial, balayant ainsi un large spectre de ce qui façonne les relations humaines :
    L'amour.
    Panorama complet de la façon dont nos sociétés contemporaines envisagent et vivent ce sentiment complexe, le livre met en scène les défis qu'elles rencontrent (l'invasion de la technologie dans le dialogue amoureux ou la conjugaison parfois complexe de la relation de couple et du rythme effréné de la vie moderne) et leurs interrogations. Qu'est-ce qui façonne le désir ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Qu'est-ce que le couple ? Qu'est-ce qu'une famille ?

  • Rédigé sur commande au mitan du xive siècle à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Âge.
    Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour modelée sur tant d'autres. La poésie, la musique, la danse et la qualité des images se conjuguent pour composer une ode à l'empire des sens. OEuvre complète, le texte a vraisemblablement inspiré le très célèbre cycle de six tapisseries baptisé La Dame à la Licorne et exposé au musée de Cluny. Il offre en outre une image renouvelée de la féminité. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique que comme une promesse de divertissements secrets pour égayer les heures passées dans des chambres aux tentures multicolores et momentanément à l'abri des catastrophes du monde.
    Idéal pour les amateurs de fantasy qui y retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs aujourd'hui.

  • Il aura suffi d'un coup de fil et d'un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d'une petite fille de neuf ans qu'elle n'a jamais vu.

    Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie.

  • Cinquième rentrée, cinquième école pour Osei Kokote, le fils de onze ans d'un diplomate ghanéen, cette fois-ci, à Washington D.C, aux Etats-Unis, où il s'avère être le seul garçon noir de sa classe.
    Heureusement, il tombe par hasard sur Dee, la fille la plus populaire de l'école, qui n'a pas peur de s'intéresser à lui. Pour Ian, le troisième membre de ce triangle amoureux d'école primaire, cette relation naissante entre Dee et le garçon noir n'est cependant pas envisageable... Témoignage trop vraisemblable d'une cour d'école dans les années 70 aux Etats-Unis (que Tracy Chevalier fréquenta elle-même à Washington D.C.) ou remake shakespearien ébouriffant et ébouriffé en culotte courte ?
    On ne sait bientôt plus. Tout simplement du pur Tracy Chevalier, aussi à l'aise avec les grandes figures du théâtre élisabéthain qu'avec la peinture flamande.

  • Le roman a pour décor le Paris du xixe siècle, oscillant entre accalmies et luttes pour la liberté. Marqué par la mort prématurée de ses parents, Louis Lefèvre est élevé par sa tante.
    Choyé, le garçon fait pourtant montre d'un caractère farouche et ombrageux. Très jeune, Louis manifeste un don pour la composition et se réfugie dans la musique.
    Séduit par un idéal de justice sociale, Louis se joint aux journées révolutionnaires de 1848 et 1871 et rêve d'y consacrer une majestueuse symphonie.
    Malgré un talent hors pair, Louis rechigne à rendre ses oeuvres publiques. Son trouble mental s'aggrave : quasi aliéné, rongé par la haine de soi, il détruit ses créations.
    Une suite de passions tragiques creuse le gouffre de sa folie :
    Chez lui, l'amour du beau s'accompagne de l'attrait irrésistible de la violence qui le poussera à la transgression...

  • Bobitza, le personnage principal, grandit comme une mauvaise herbe dans la banlieue de Bucarest entre pauvreté, alcoolisme et petites combines.
    À l'image de Kaspar Hauser, aussi baptisé l'orphelin de l'Europe et qui est apparu en 1828 à Nuremberg, il débarque dans un monde incompréhensible et nouveau, la ville et le capitalisme. Cela fait de lui le parfait représentant d'une grande partie de sa génération élevée sous la dictature crépusculaire de Ceausescu et sacrifiée sur l'autel de la transition démocratique.
    Construit au fil d'anecdotes et de saynètes, L'Enfance de Kaspar Hauser est composé de deux parties : l'enfance avant la révolution et la jeunesse dans les années 90. Le roman, vivant, tendre, parfois drôle et toujours très intelligent, dit aussi la force de l'instinct de survie conjugué à la puissance destructrice des changements sociaux et politiques.

  • Le docteur Battista vit seul avec ses deux filles depuis le décès de leur mère. Savant fou aussi sympathique que farfelu, il laisse volontiers son aînée, Kate, s'occuper de tout à la maison - et notamment de sa petite soeur, Bunny. Tout ce qu'il demande, c'est un sandwich pour son déjeuner et le moins d'intendance possible. Tout fonctionne parfaitement jusqu'au jour où Louis Battista découvre que le visa de Piotr, son jeune et brillant assistant, arrive très prochainement à expiration définitive... Pour ne pas remettre en cause son précieux rythme de travail, il imagine alors joindre l'utile à l'agréable : convaincre Kate et Piotr de se marier.

  • En janvier 1819, le capitaine de vaisseau Adam Bolitho appareille pour Freetown, la capitale de la Sierra Leone, tristement célèbre pour son trafic d'esclaves.
    Le HMS Onward doit de toute urgence y délivrer des ordres scellés à l'officier supérieur en poste. La mission est urgente, mais semble simple pour une frégate de cet ordre. Rien, pourtant, ne va se dérouler comme prévu.
    À commencer par cette goélette en détresse, le Pierrede- Lune, repérée au large de Freetown. À son bord, un seul passager, qui avant de rendre l'âme, bredouille le nom de celui qui a mis à mal son embarcation et décimé son équipage.
    Malgré la toute récente interdiction de la traite, des centaines de milliers d'esclaves circulent encore illégalement.
    /> Sur la côte, des missions chargées de protéger les Noirs les plus démunis sont attaquées, pillées, démantelées. L'inquiétude ne cesse de grandir, Bolitho et ses hommes se doivent d'intervenir.
    Avec ce roman, le vingt-neuvième et ultime volume de la série, se conclut l'édition française du fameux cycle romanesque du Captain Bolitho qui a valu à Alexander Kent le titre de « maître incontesté du roman d'aventures maritimes ».

  • « Ma mère est morte deux fois. » C´est par ces mots qu´Esma, jeune femme kurde, commence le récit de l´histoire de sa famille née sur les rives de l´Euphrate et émigrée à Londres en 1970.

    L´histoire, d´abord, de sa grand-mère dans le village de Mala Çar Bayan, désespérée de ne mettre au monde que des filles, elle qui sait combien la vie ne les épargnera pas. L´histoire de sa mère, Pembe la superstitieuse, et de sa tante, Jamila la guérisseuse, soeurs jumelles aux destins très différents. L´histoire des hommes aussi, celle de son père, tour à tour aimant, violent, fuyant, et celle de ses frères, Yunus le rêveur, et Iskender. Iskender, l´enfant chéri de sa mère, la « prunelle de ses yeux », son sultan. Son meurtrier.

    Enfin, l´histoire de ces immigrés qui ont choisi l´exil pour vivre de miracles et croire aux mirages, qui ont choisi la liberté et l´amour quand d´autres restent ancrés dans les traditions et portent au pinacle l´honneur d´une famille.

  • Veronika Zarnik est de ces femmes troublantes, insaisissables, de celles que l´on n´oublie pas. Sensuelle, excentrique, éprise de liberté, impudente et imprudente, elle forme avec Leo, son mari, un couple bourgeois peu conventionnel aux heures sombres de

  • Les Amis de Bernhard est le premier roman d'Annemarie Schwarzenbach.
    Elle le rédige à vingt-trois ans alors qu'elle travaille à sa thèse d'histoire. Elle imagine des personnages de son âge, qui partagent ses aspirations. Bernhard, musicien, grandit dans une ville endormie, entouré de camarades qui se cherchent et rêvent d'évasion. Ardents et sensibles, certains font l'expérience d'une amitié amoureuse, d'autres de la dépendance affective. On suit, en simultané, leurs pérégrinations entre Paris, où Annemarie Schwarzenbach a étudié l'année précédente, Berlin, Lugano et Florence.
    Le Paris des années vingt est celui de l'avant-garde littéraire et des Montparnos : Bernhard, répondant à l'invitation de son professeur de piano, y côtoie la bohème et noue de nouvelles relations. On ne peut qu'être touché par le regard de l'auteur sur e les difficultés "humaines" de très jeunes gens", dont la délicatesse préfigure celle d'un Eric Rohmer, et frappé par la modernité de l'écriture, rapide et cinématographique.

  • « Jacky a débarqué hier soir. Tel qu'en lui-même. Avec sa nouvelle femme, Cécile, une beauté mais pas une beauté tragique comme Véro, Cécile est plus conte de fées. Il a commencé par exécuter tous les mannequins de Nedim à la faux, décapités, avant qu'on rentre. Et tout dévasté son atelier. Tu le connais, il est sanguin. À notre arrivée il s'est calmé, même pas fâché, hospitalité par-ci hospitalité par-là, notre vieille amitié et tout le tralala. Il a aidé Nedim à nettoyer le bazar avec tout le monde. Mais Babette n'a pas confiance. Et quand Babette doute de quelque chose, elle n'a pas besoin de me donner ses motifs, je me range à son avis. ».
    Depuis que son épouse s'y est jetée du quatrième étage, Jacky n'a pas remis les pieds à La Vaquerie. Ses retrouvailles avec la propriété familiale sont explosives. Comme avec Tom, son vieil ami, aux prises avec des dettes de jeu. Le passé ressurgit.
    La violence aussi, comme un engrenage. Celle d'hommes qui jouent avec les femmes comme le chat avec la souris. Et qui, de leur corps, font un champ de bataille.

  • Portrait d'une vieille maison de Baltimore et de ses habitants à travers plusieurs générations, le vingtième roman d'Anne Tyler est - comme souvent - celui d'une famille trop heureuse pour être vraie. Épicentre du texte, Abby, la pièce rapportée, la femme de Red Whitshank, mère de cinq enfants devenus adultes. Elle excelle à les rassembler tous (et parfois quelques autres invités de passage) autour d'un repas ou d'une conversation. Pourtant, quand commence le récit, si tous les enfants sont de retour à Baltimore, c'est parce qu'Abby les inquiète. Comportements étranges, pertes de mémoire, le coeur de la famille Whitshank semble battre de travers. Même Denny, le fils rebelle, s'en émeut. Avec humour, mélancolie et une grande économie de moyens, Anne Tyler recompose le drame doux-amer d'une famille qui se croyait plus heureuse que les autres. Elle l'était, c'est vrai, mais au prix de mille petits arrangements avec la réalité, sur fond de silences courtois et de mensonges de circonstances.

  • Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée - jusqu'au jour où il trouve Brink Adams qui l'attend sur le pas de sa porte.

    Car l'adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique... Pour l'homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.

    Prix Pulitzer, finaliste du Booker Prize, Anne Tyler est une figure majeure des lettres américaines, dont le style irrésistible et piquant fait encore une fois des merveilles, ici.

  • En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
    Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
    Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l'écriture. Pourtant face à son employeur, Mary éprouve un continuel malaise. Un malaise devenu insoutenable à la mort de la bonne dame.
    Car, au final, l'apprentissage prodigué ne lui servira qu'à écrire noir sur blanc les abus de son maitre et son implacable confession : elle l'a tué.
    Nell Leyshon, avec une économie de moyens remarquable, livre au lecteur la métamorphose d'une fille de ferme en meurtrière, parce que lasse d'être humiliée.

  • Ce premier tome de notre Intégrale regroupe les nouvelles qu'Edgar Allan Poe (1809-1849) écrivit avant ses trente ans. Luttant pour survivre et être publié, faisant ses débuts de critique et de journaliste, il commet plusieurs chefs-d'oeuvre : le « Manuscrit trouvé dans une bouteille », « Bérénice », « Le diable dans le beffroi », « L'histoire à nulle autre pareilled'un certain Hans Pfaal », et bien sûr « William Wilson » ou la très célèbre « Chute de la Maison Usher ». Présentée de manière chronologique, fruit d'un travail érudit et passionné, cette nouvelle traduc-tion des nouvelles intégrales d'Edgar Allan Poe par Christian Garcin et Thierry Gillyboeuf est augmentée de nombreuses notes, d'une préface des traducteurs, ainsi que d'une série d'illustrations originales réalisées par Sophie Potié.

  • Jane, du haut de ses vingt ans, observe le monde avec une lucidité à la fois légère et grave. Éprise d'un champion du monde de lutte dont les performances amoureuses sont inversement proportionnelles à ses performances sportives, elle ne le voit qu'entre deux compétitions. Pour oublier ses absences et sa solitude, elle accepte les avances supposées platoniques d'un vieux monsieur très riche, adorateur des jeunes filles, avec lequel elle va partir en voyage. Car Jane veut tout, comme on veut tout à vingt ans et, à défaut de s'aimer elle-même, elle aime son corps, sa jeunesse dont elle ne veut rien perdre - obsédée déjà par la fuite du temps. Autant que la difficulté à devenir soi-même, ce roman décrit la répulsion-fascination qu'une jeune fille peut éprouver devant les manifestations de la vieillesse. Et c'est avec la froideur d'un entomologiste que Jane observe Bertin.
    Nul attendrissement dans cette insolite éducation sentimentale où la verdeur du vocabulaire alterne avec un langage des plus classiques :
    Celui des états d'âme.

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