Pu De Pau

  • La pensée sociologique de Pierre Bourdieu explore de nombreux domaines des sciences sociales et humaines, notamment, la sociologie, la philosophie, l'anthropologie, la linguistique, l'économie, le droit, l'histoire de l'art, l'histoire, la psychanalyse, la littérature. Sa pensée s'efforce de maintenir de manière ouverte, une « tension » de la sociologie avec les autres disciplines autour des thèmes précis.
    Les notions et concepts, produits d'une histoire réelle, se retrouvent aussi bien dans les structures sociales que dans les structures mentales de chaque agent social.
    La démarche réflexive adoptée ici par Abel Kouvouama consiste alors à interroger de manière créatrice pour ses propres recherches, les concepts élaborés par le sociologue Pierre Bourdieu.

  • Si la confrontation entre littérature et cinéma connaît déjà une longue histoire (adaptations, sémiologie et narratologie), l'étude des rapports entre langage littéraire et langage audiovisuel s'est considérablement renouvelée ces dernières années. De nouveaux objets émergent : jugement des écrivains sur le cinéma et rapport des cinéastes au « discours », récits fictionnels de séances et de fantasmes de spectateurs ou encore prescience du cinéma dans la littérature. Le présent numéro rassemble des articles signés par des spécialistes de la question, qui s'intéressent à des écrivains et cinéastes comme Kafka, Proust, Duras, Visconti, Godard, Straux, Kubrick ou Scorsese, ainsi qu'à des textes de films ou de documentaires. Ces études mettent l'accent sur la réception réciproque des deux médiums et sur les rapports qu'ils entretiennent par-delà leurs spécificités : écrivains-cinéastes et cinéastes-écrivains, procédures mimétiques, rhétorique du documentaire ou encore présence du langage poétique au cinéma...

    Avec les contributions de S. Dreyer, Ph. Ducat, M.-L. Guétin, E. Leclercq, V. Loubet-Poëtte, O. Maillart, Cl. Murcia, A. Pichon, J. Rajkumar, A. Sebbah, T.-V. Ton-That et D. Vaugeois.

  • Les disciplines et les hypothèses ici réunies, s'attachant à étudier ce lien particulier et fort entre l'opération oxymorique, la production artistique et l'expérience esthétique, ont permis d'identifier trois possibilités de définition pertinente de l'oxymore, trois manières positives de penser la relation entre deux opposés, de nouer les contraires en un lien (et en un lieu) signifiant, plutôt que de les rejeter dans la zone des non-sens. La première envisage l'oxymore comme trope de l'impossible ou de l'irreprésentable, constat d'échec de la relation engendrant la dynamique du sublime. La deuxième décrit l'oxymore comme une double énonciation, la relation devenant signifiante par distinction des niveaux et restituant au réel sa véritable consistance polyphonique. La troisième envisage la mise en relation oxymorique sous la figure de la contiguïté, de l'enchevêtrement et de l'empiètement, non pas comme juxtaposition du « côte à côte », mais comme relevant plutôt de « l'un (tout) contre l'autre ». Dans une perspective interdisciplinaire, ces hypothèses sont ici explorées et développées à partir d'analyses d'oeuvres picturales, littéraires, cinématographiques et musicales.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, J. Arrouye, J.-P. Cometti, M. Costantini, J. Dürrenmatt, C. Kintzler et allii.

  • Comment l'oeuvre d'art suscite-t-elle l'attention ? Comment instaure-t-elle la relation ? La manière dont elle y parvient - ou s'y efforce - constitue-t-elle une dimension spécifique de l'oeuvre comme art ? Ainsi pourraient se résumer les questions de l'adresse. Ostension, interpellation, apostrophe, appel, dédicace.
    Les modes, figures et formes de l'adresse en art, conventionnels ou non, sont multiples et permettent de poser l'hypothèse que l'oeuvre d'art commence, se manifeste (avant tout), se perpétue - voire se définit essentiellement comme oeuvre d'art - par une adresse. Si tel est le cas, s'agit-il d'une forme ou d'un mode d'adresse particulier, d'un mécanisme énonciatif spécifique ? Et de quelle manière cette adresse est-elle diversement - et distinctement - mise en oeuvre selon les divers médiums artistiques, les styles, les époques ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce volume à travers l'analyse d'oeuvres aussi diverses que celles de Mallarmé, du Caravage, de Giacometti, de Proust, de Vermeer, de Richter, de Serrano, du Pontormo ou de Holbein.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Banu, F. Fimiani, P.-H. Frangne, T. Golsenne, B. Lafargue, J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, M.-N. Moyal, M.-D. Popelard, B. Prévost, B. Rougé, J.-P. Sag, I. Thomas-Fogiel et allii.

  • Le présent ouvrage publie les actes du colloque organisé par l'Association pour la promotion de l'ar- bitrage en Afrique (APAA) à Yaoundé (Cameroun), les 31 octobre et 1 er novembre 2013 dans le cadre de la célébration du 20 e anniversaire du Traité fondateur de l'OHADA, signé à Port-Louis (Île Maurice) le 17 octobre 1993. L'analyse de l'institution arbitrale et la quête de sa maîtrise a conduit à privilégier trois aspects : tout d'abord l'offre d'arbitrage, et plus précisément l'offre institutionnelle d'arbitrage ;
    Ensuite les interactions entre la justice étatique et la justice arbitrale en Afrique ; enfin l'exécution des sentences arbitrales contre les personnes morales de droit public. Le rôle de l'OHADA, et tout particu- lièrement de la Cour commune de justice et d'arbitrage créée en son sein, a sous-tendu l'ensemble de cette réflexion. L'ouvrage entend ainsi oeuvrer à la promotion en Afrique de la culture de l'Arbitrage et, plus généralement, des modes alternatifs de règlement des différends.

  • Des plaisanteries de Duchamp et de ses amis dadaïstes aux dernières facéties de Yue Minjun, Liu Bolin, Calle, Koons, Cattelan, etc., en passant par l'humour noir des fumistes ou surréalistes, l'art de ce dernier siècle n'a eu de cesse de se débarrasser de l'aura du sacré pour devenir léger, désinvolte, humoristique ou ironique avec le triomphe mondial du Pop Art Design dans les années soixante. Un nouveau prisme qui nous invite à penser que, des joutes en trompe-l'oeil de Zeuxis et Parrhasios aux caprichos de Vélasquez ou Goya en passant par les traits d'esprit - cosa mentale - des doux souris tout chargés de mystères de Léonard ou les peintures facétieuses du Tintoret, un habile savoir-faire-rire a toujours été le propre de l'art. C'est dans ce contexte en effet qu'un Daniel Arasse s'est mis à dénoncer « l'esprit de sérieux de ces gardiens de cimetière, qui se drapent dans la prétendue dignité de leur discipline et, au nom d'un triste savoir, veulent qu'on ne rie jamais devant une peinture », pour risquer une iconographie analytique jubilatoire habile à se mettre au diapason des poétiques rieuses ou risibles des oeuvres d'art.
    Avec les contributions de N. Boutan, A. Cazaux, D.E. Corbal, C. Croce, A. Chareyre Méjan, E. Chiron, A. Closset, C. Croce, M. Crubilé, M. Duc, E. Dicharry, Ch. Globensky, B. Lafargue, G. Lahouati, R. Leeman, E. Magne, O. Motta et alii.

  • Tout est désormais affaire de design. La consonance anglaise de ce mot, qui s'est imposé sur toute la planète dans la seconde moitié du XXe siècle, témoigne d'un changement de vision du monde beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Si la plupart des historiens font naître le design au début du XXe siècle d'une synthèse entre la tradition socialiste utopiste de William Morris, celle du Werkbund de Muthesius et celle du Bauhaus de Walter Gropius, ils oublient presque toujours le « back again » de Warhol, designer puis artiste, célébrant la beauté des Boîtes Brillo d'Harvey, artiste puis designer. En prenant la place de « l'artiste-phare-messie » des avant-gardes modernistes dans les années soixante, l'artiste designer s'est retrouvé le seul à même de répondre à l'irrépressible désir de beauté de l'être humain. Il est ainsi devenu une « popstar » qui « change le monde », quitte à le faire tourner en boucle, de révolution esthétique en révolution esthétique, en mettant en oeuvre, entre cynisme et humour, « un design pour la vie ».

  • Cet ouvrage se propose d'explorer les dynamiques à l'oeuvre dans les fins d'empires, dynamiques qui expliquent par exemple que les empires ne finissent pas de finir, que les projets impériaux puissent être poursuivis par d'autres moyens ou encore, que la fin formelle d'un empire - pour autant qu'elle puisse être très précisément fixée - ne scelle pas un divorce radical entre les deux parties impliquées ni ne mette un terme à l'ordre colonial.

    Avec les contributions de J.-P. Bat, A. Byrne, R. Ceamanos, L. Dornel, J. Etchart, V. Hiribarren, D. Leroux, R. Mankin, V. Roiron, M. Torrent et N. Zein.

  • Des tout premiers tableaux vivants du XVIIIe siècle aux photographies mises en scène du XXIe siècle, des problématiques communes se font jour : codes de représentation, emprunts à divers médiums, part de l'intentionnalité qui préside à leur construction, rôle accordé aux corps qui peuplent la scène ou l'image scénographiée... Le tableau vivant comme la photographie mise en scène se jouent dans l'écart nécessaire qu'ils organisent entre un plan de référence et une plus ou moins forte émancipation, fondant leur dimension artistique. La dimension théâtrale du tableau vivant lui a pourtant peu donné droit de cité sur les planches ; quant à la photographie mise en scène, elle a été longuement ignorée en tant que telle par les théoriciens et les critiques. L'ère des flux et hybridations de toutes sortes permet aujourd'hui la pleine reconnaissance de ces pratiques intensément vivantes et polymorphes.
    Avec les contributions de C. Amey, J. Arrouye, Y. Butel, L. Darbellay, M. Debat, M. Debowski, M. Galéa, D. Grojnowski, F. Guerrin, C. Halimi, D. Méaux et alii ; entretiens avec B. Caron, A. Bernardini, S.Skoglund (par A.-L. Bessou).

  • Qu'est-ce qui se joue de fondamental dans le simple geste d'inverser ? Qu'est-ce qui relie inversion et création ? En quoi l'inversion peut-elle être considérée comme un des gestes premiers de l'art ou de la production de sens, comme un processus élémentaire et fondamental de la pensée créatrice ?
    Autant que le résultat, c'est le processus de l'inversion - comme modus operandi - qui interpelle. On le rencontre dans toute forme de création artistique ou intellectuelle. Ainsi, l'inversion positif/négatif ou gauche/droite caractérise de nombreuses démarches et techniques artistiques au point d'être quasiment indissociable de la notion même d'image ou de représentation. Historiquement, l'inversion - ou le renversement - vaut souvent nouveauté et devient un opérateur de modernité, autant que de création. Analysant dans le détail de nombreuses oeuvres ou posant des problèmes plus généralement rhétoriques, logiques, esthétiques ou philosophiques, les communications ici réunies constituent une riche introduction à la diversité de ces problématiques.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Cabanes, D. Chateau, J.-P. Cometti, F. Fimiani, P.-H. Frangne, F. Jeune, J. Lancri, J.-G. Lapacherie, S. Liandrat-Guigues, M.-D. Popelard, B. Prévost, B. Rougé, R. Shusterman et T. Vladova.

  • Au cinéma, la question la plus intéressante que pose la musique est celle de son origine : à quoi ou à qui convient-il de l'attribuer ?
    Cette interrogation d'apparence simple est au point de départ de cette étude dense et originale.
    Elle conduit Jerrold Levinson à examiner la fonction de la musique dans les films de fiction, son rôle au regard du récit et ce qu'elle induit, de façon parfois décisive, au coeur de l'oeuvre cinématographique et de l'expérience du spectateur. Welles, Hitchcock, Bresson, Fellini, Kubrick, etc., apportent ici leur contribution à une analyse qui révèle la part de la musique dans la complexité de leur art.

  • Créé par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L'Anti-OEdipe en 1972 et développé ensuite dans les Mille Plateaux, le concept de déterritorialisation connaît de nombreuses extensions métaphoriques ou symboliques. Mais ce succès conduit à se demander si on a affaire à un effet de mode ou un concept pertinent ? Pour les deux philosophes, la déterritorialisation est un concept politique et philosophique permettant de remettre en question toutes les structures de pouvoir et de domination. Elle se trouve du côté de toute pensée critique qui se veut remise en question ou déconstruction des discours dominants dans plusieurs disciplines telles que les arts, la littérature, l'anthropologie et la sociologie. Mais cette fécondité ne constitue-t-elle pas aussi la limite du concept en renvoyant à une pensée consensuelle de la déterritorialisation. N'y a-t-il pas là risque de reproduire certaines violences épistémologiques?

    Avec les contributions de R. Fonkoua, X. Garnier, S. Guth, C. Khordoc, A. Kouvouama, F. Paravy, J.-X. Ridon, A. Soron, Z. Toussaint et K. Zekri.

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