Editions Du Detour

  • Le projet Myrddinn Nouv.

    À Miralonde, prospère cité souterraine peuplée de ghnoms, race humanoïde proche d'homo sapiens, la révolte gronde. L'ennemi de toujours, celui qui a provoqué la fuite sous la surface, l'homme, serait en voie de disparition. Certains craignent une ruse et veulent se terrer encore plus profond, d'autres appellent à la guerre. Et d'autres encore, comme le jeune Mardo, rêvent de découvrir la vie au grand air, même si c'est au péril de leur vie, tant ils étouffent dans leur société hyperprotégée et sourdement disciplinaire.
    Quasie étouffe aussi chez les hommes, et plus précisément au foyer d'aide sociale à l'enfance des Quatre Vents où elle est coincée. La vie y est violente, mais ça, Quasie connait depuis sa naissance. C'est surtout qu'il est temps pour elle de prendre en main son destin. Elle est prête.
    Le Projet Myrddinn est un roman social. S'y ajoute un élément de poids : une autre race d'humains existe, et elle revient vers nous.

  • Les femmes ont une histoire, une histoire de luttes pour leurs droits, conquis, arrachés, défendus, une histoire de colère contre les discriminations, les inégalités, une « Rage against the Machisme ».
    L'historienne Mathilde Larrère retrace les combats féministes de la Révolution française jusqu'au mouvement #MeToo d'aujourd'hui, sur les pas de Louise Michel, de Gisèle Halimi, mais aussi de tant d'autres invisibilisées, comme Pauline Léon, Malika El Fassi, les colleuses contre les féminicides...
    À l'histoire, le livre mêle des récits, des documents d'époque, des chansons et des slogans, reflétant l'ardeur et la détermination de celles qui n'acceptent pas l'inégalité des sexes, montrant combien elles se tiennent la main au-delà des siècles.
    Luttes pour l'égalité, pour les droits de voter, s'instruire, se défendre, gouverner leurs propres corps, mais aussi pour l'émancipation des femmes des colonies : autant de domaines où la liberté des femmes a été bafouée, autant de droits à conquérir et à défendre, encore, aujourd'hui et demain.

  • Ubérisation et après ? Nouv.

    Au départ de ce projet, une conviction : la précarité organisée par les Uber et autres plateformes ne s'arrêtera pas à notre porte. Si pour l'instant ce sont les plus fragiles d'entre nous qui sont concernés, sans retraite ni chômage, qu'est-ce qui empêche les entreprises de proposer demain le même statut à leurs salariés ? Les juges commencent à requalifier des relations livreurs-plateformes en CDI, mais la volonté politique est frileuse :
    L'auto-entrepreneuriat progresse partout, en toute légalité.
    Ce livre donne la parole à tous ceux qui connaissent ce piège et ses conséquence.
    Coursiers, femmes de ménage, restaurateurs, sociologues, juristes, associations, syndicalistes et élus expliquent ce qui est si différent dans les plateformes de travail : la flexibilité extrême, l'invisibilisation, la peur du lendemain, lointains échos du travail à la tâche d'avant les grandes luttes pour les droits de travailleuses et des travailleurs. Allons-nous nous faire déborder par la plateformisation ? Le choc est à venir, et les auteurs nous proposent de nous y préparer.

  • I love porn

    Didier Lestrade

    Ce livre partage une passion que l'auteur met au même niveau que celles qui ont nourri son métier et sa carrière : la musique, la nature, le militantisme. Didier Lestrade retrouve dans le porno (gay mais pas seulement) sa dimension contestataire, sa générosité humaine.
    « Le porno a sauvé ma vie. Pendant toutes ces années de solitude et de terreur à cause du sida, le porno m'a permis d'avoir accès à une sexualité par procuration. » Depuis les cinémas, chers et rares jusqu'au sites internet, imédiatement accessibles et pour la plupart gratuits, la pornographie n'a cessée de proliférer dans notre quotidien.
    Didier Lestrade en fait l'histoire.
    I Love Porn est aussi une autobiographie du désir et du plaisir, en résonance avec l'époque. Le livre est un témoignage, intime et collectif, de notre rapport à la représentation de notre sexualité.

  • 16-17 juillet 1942, 7 000 policiers français raflent 13 152 Juifs : hommes, femmes et enfants (plus de 4 000). Ils sont enfermés au Vélodrome d'hivers ou à Drancy, avant d'être déportés.
    La grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 (dite rafle du Vél' d'Hiv) n'a été ni la première ni la dernière de ces opérations raciales conduites par la police française. Ce fut néanmoins la plus importante, la plus emblématique de ces actions répressives. Il y a d'abord le nombre des personnes arrêtées (13 152) ; le fait aussi que, pour la première fois, des femmes et des enfants étaient concernés.
    Pourtant, du 14?mai 1941 à la fin du printemps 1944, les rafles ont été nombreuses, sans pour autant laisser le même souvenir. Cette opération, entièrement conduite par la police française, laisse une trace indélébile, car elle fut surtout la démonstration du pouvoir de nuisance d'un corps de fonctionnaires ayant perdu tous ses repères.
    L'analyse de ce sombre épisode a pour fonction d'alerter les citoyens d'un pays libre sur les dérives d'un pouvoir fort.

  • Entre 1940 et 1944 plus de 200 000 personnes ont été déportées après leur arrestation par la police française.

    Ce livre montre, grâce à des témoignages et de nombreuses pièces d'archives, comment l'appareil policier français s'adapta aux nouvelles conditions dictées par l'Occupation et à la collaboration avec la Gestapo. Comment se comportèrent les policiers, à tous les stades de la hiérarchie durant ces quatre années terribles. Comment, la plupart des membres des forces de l'ordre allèrent, de leur propre chef, bien au-delà des ordres de Vichy, satisfaire les autorités d'Occupation.

    « Livrer aux nazis des Juifs immigrés, des communistes, des gaullistes ou des francs-maçons, ne leur semblait pas particulièrement délictueux. Ils contribuaient simplement à «nettoyer» la France et se faisaient sans doute une haute idée de la qualité de leur intervention. » En septembre et octobre 1944, guère plus de 3 % de ces policiers seront momentanément écartés de la « Grande Maison ».

    La première édition de ce livre est parue en 1995.

  • La Commune

    Louise Michel

    Louise Michel a été parmi les personnages clés de la Commune de Paris, soixante-dix jours de révolution réprimés dans le sang. Elle raconte elle-même dans ce livre les événements auxquels elle a assisté et participé, le fusil à la main. Combattante politique infatigable, elle n'a jamais abandonné le flambeau des luttes émancipatrices de son temps. On connaît son courage sur les barricades, jusqu'à braver la peine de mort?; on connaît son charisme qui fit d'elle « la vierge rouge ». On sait moins qu'elle a beaucoup écrit : des poèmes, des romans, des récits.
    C'est dans cette troisième catégorie que vient se loger ce texte de 1898. Lorsqu'il paraît, Louise Michel est déjà âgée, célèbre, conférencière et journaliste, surveillée de près par les autorités françaises pour son anarchisme militant. Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la révolution parisienne. Pour elle, il est temps d'écrire le récit de la Commune qui lui paraît « au point pour l'histoire ».
    Pourtant sa Commune est plus une « mémoire vive », pour reprendre l'expression de Jacques Rougerie, qu'une histoire sur le temps long. Au jour le jour, avec une grande précision, elle porte un vibrant plaidoyer pour la Commune et ses ambitions. On retrouve ici la plume d'une écrivaine sensible et émouvante, portée par son expérience d'oratrice. La Commune est l'un des textes politiques importants du XIXe siècle.

  • Le 14 juillet 1953, lors d'une manifestation syndicale, la police assassine froidement six travailleurs algériens et un syndicaliste français, place de la Nation, à Paris. Alors que résonne pour la première fois le slogan « nous voulons l'indépendance ! ».
    Ce livre constitue la première enquête sur ce crime d'État. Il s'efforce de reconstituer minutieusement le déroulement des événements qui ont abouti à la mort par balles de six jeunes ouvriers algériens et d'un métallurgiste français, syndicaliste CGT, à l'issue du traditionnel défilé populaire du 14 juillet.
    Maurice Rajsfus s'appuie sur un vaste corpus de sources, qui comprend les récits de témoins, de journalistes, d'hommes politiques ou d'interventions au Parlement. Sur fond de racisme d'État, il pointe aussi la responsabilité d'un des acteurs de cette funeste journée qui deviendra, quelques années plus tard, le donneur d'ordre principal des massacres du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962, au métro Charonne : Maurice Papon, alors secrétaire général de la Préfecture de police.

  • De 1941 à 1944 des notables juifs, dans l'espoir de protéger les Juifs français, ont facilité les basses oeuvres des nazis et de la police de Vichy.

    De 1941 à 1944, certains notables juifs français ont servi la politique de Vichy et ont facilité la politique d'extermination. Ce lourd dossier sur l'Ugif (Union générale des Israélites de France) montre comment ces notables « bienfaisants » participèrent à la mise en place d'une organisation qui permis l'intensification de la répression antijuive.

    Au nom de la politique du moindre mal, les dirigeants de l'Ugif ont accepté les lois racistes et appliqué les directives de Vichy. Cette politique dont le but essentiel était d'éviter que la répression ne frappe les Juifs français, permettra, dans un premier temps, d'isoler les Juifs étrangers et de mieux les désigner aux coups des nazis et de la police. Cette attitude ira jusqu'à la collaboration active, pour certains, sans pour autant protéger les principaux dirigeants de cette organisation qui seront, à leur tour, arrêtés et déportés.

    Maurice Rajsfus a été le premier à démonter, sources à l'appui, la mécanique infernale de ce Judenrat à la française.
    La première édition de ce livre est parue en 1980.

  • Emmanuel Dockès expose dans cet essai ses propositions pour repenser notre société dans tous ses aspects. Au fil de l'ouvrage, l'auteur mobilise les idées les plus progres- sistes et les plus audacieuses sur la monnaie, la démocratie participative, le partage du travail, la propriété d'usage, la rotation des familles, l'autogestion, la liberté d'entre- prendre, les services publics, l'autodétermination...
    Ce livre nous entraîne dans une aventure politique concrète, dans un pays où les règles visent à empêcher les abus de pouvoir et à préserver les libertés (avec toute l'imperfection que celà implique). L'ouvrage prend la forme facétieuse du témoi- gnage fictif d'un personnage englué dans les préjugés de notre époque, perdu sur une terre inconnue dont il va découvrir les règles et les moeurs.

  • Ma vie

    Léon Trotsky

    Lorsqu'il écrit ce livre, en 1929, Léon Trotsky est en exil à Istanbul, expulsé d'URSS par Staline qui finira par le faire exécuter à Mexico en 1940.
    Fils d'un paysan juif ukrainien, Léon Trotsky, de son vrai nom Lev Davidovit- ch Bronstein, est l'une des figures majeures des révolutions russes.
    Étudiant révolutionnaire, déporté en Sibérie par la police tsariste, il s'évade et vit un premier exil à Londres et à Paris. Lors de la révolution de 1905, il devient président du soviet de Pétrograd, il a 26 ans. Après l'écrasement de celle-ci, il doit fuir, en France, d'où il fédère les socialistes européens opposés à la Première Guerre mondiale, puis en Espagne et aux États-Unis.
    Revenu à Pétrograd à la faveur de la Révolution de février 1917, Trotsky est en octobre l'un des principaux dirigeants bolcheviks. Il est « commissaire du peuple à la guerre » de 1918 à 1925, durant la guerre civile, et va organiser l'Ar- mée rouge. Il impulse les opérations militaires et intervient sur tous les fronts à bord de son train blindé.
    La dernière partie du livre analyse l'opposition de plus en plus frontale entre Trotsky et Staline, conduisant à la victoire de celui-ci. Le révo- lutionnaire, exilé, se consacre alors à l'organisation de ce qui va être la Quatrième Internationale.

  • La rue Saint-Dominique est en plein très chic VII e arrondissement, et pourtant elle garde une tonalité populaire. Est-ce parce qu'ici, jusqu'en 1905, se dressait l'une des plus grosse usines de Paris, la Manufacture des tabacs ?
    Convoquant leur connaissance de l'histoire urbaine et sociale de Paris, Maurice Garden et Jean-Luc Pinol nous proposent d'en parcourir les rues loin des clichés. En les suivant, vous découvrirez l'histoire de la ville et de ses habitants : le Marais par la rue Vieille du Temple, les riches hôtels et les jardins de la rue du Faubourg Saint-Honoré, le quar- tier qu'acheta et construisit le banquier Delessert et son usine de sucre de betteraves au seuil de Passy, le destin des loueurs de chevaux des Champs-Elysées, les premier logements sociaux de la rue de Nantes...

  • Il était une fois les révolutions regroupe les textes que l'historienne Mathilde Larrère a écrits initialement pour ceux qui la suivent sur Twitter ou dans ses chroniques, sur le thème des révolutions. Elle nous fait vivre, à leurs dates anniversaires, le récit des luttes qui ont contribué à émanciper les peuples et les fait résonner avec les combats d'aujourd'hui.
    Il était une fois la Révolution est une merveille d'habileté, mêlant exigence historique et humour. L'énergie communicative de l'autrice redonne toute sa force au courage de ces héros et héroïnes du passé.
    Le lecteur peut piocher, mois par mois, dans les récits : révolutions du XIXe et du XXe?siècles, anecdotes surprenantes, faits historiques méconnus, chansons, slogans, tags, recettes de cuisine... Ces textes nous parlent des révolutions du monde entier et de celles et ceux qui ont lutté pour la liberté, et du devenir de leurs espoirs. Une chronologie et un index permettent des recherches thématiques. L'ouvrage est enrichi d'illustrations.
    Révolution française, Haïti, 1830, 1848, La Commune, Mexique, Russie, Allemagne, Chine, Cuba, mai?1968, Portugal, etc.

  • Logé sur la montagne Sainte-Geneviève au coeur du Beau Paris, dans un monument historique où ont fait leurs classes les plus prestigieux des Français, le lycée Henri-IV fait rêver plus d'une famille. Public et donc gratuit, sur dossier et donc ouvert à toute la France, chacun peut y postuler et bénéficier de ce tremplin pour une belle carrière, assurée ou presque aux anciens élèves d'« H4 ».
    Le lycée se voit souvent reprocher d'être une « zone d'éducation privilégiée », établissement d'exception bénéficiant du droit peu démocratique de choisir ses élèves, trop riches, trop blancs, trop éduqués déjà. Même si le cliché n'est pas faux, c'est pourtant aller un peu vite en besogne : à Henri-IV tout le monde réussit, quel que soit son parcours.
    Sarah Pochon, durant une année d'enquête auprès des élèves, des enseignants et des personnels, part à la recherche de la formule magique de ce succès : sont-ce les professeurs, les méthodes, les budgets, la mise en compétition ? Peut-on s'en inspirer ? Derrière la grande porte vient nourrir notre réflexion sur le meilleur enseignement possible.

  • En 2024 auront lieu les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, moment de joie, de paix, dans le respect des hommes et de la planète. Marc Perelman déconstruit cette promesse miraculeuse et décrypte l'idéologie autoritaire et cupide qui la sous-tend.
    La France se prépare à accueillir les Jeux olympiques en 2024. Ce sera un été de fête.
    Et pour qu'il soit réussi, des milliers de travaux ont été engagés, des fonds énormes ont été dédiés. Paris deviendra un parc olympique écoresponsable et les Français seront « tous citoyens du sport ». Même Notre-Dame sera rénovée pour l'occasion.
    Marc Perelman propose à ceux qui sont mal à l'aise avec cette débauche de moyens et d'enthousiasme de ne pas s'arrêter aux effets pervers d'un système devenu gigantesque. Il faut interroger les valeurs qui sont ici à l'oeuvre au-delà des affichages, des valeurs qui sont très dangereuses.
    L'auteur se base sur une lecture approfondie de la charte olympique, des contrats qui lient le CIO à ses partenaires et de nombreux documents officiels, les mettant à l'épreuve des faits de l'organisation de Paris-2024. Non, l'olympisme n'est pas apolitique, n'est pas écologique, ne fait pas oeuvre sociale, n'agit pas pour la santé commune, ne respecte pas les territoires qu'il occupe. Les Jeux n'ont comme horizon que la croissance : plus de licenciés, plus de spectateurs, plus d'argent. Et nous ne sommes pas obligés de leur dérouler le tapis rouge.

  • 16? mars-11 mai 2020. Pendant les 57 jours du confinement, David Dufresne a tenu le verbatim de ses doutes et interrogations. On y retrouve l'écrivain qui met en scène avec talent le peuple des fenêtres : voisin méfiant, banderole militante sans propriétaire, petit garçon fier d'applaudir chaque soir, murmure de concert au loin. Mais le fil ininterrompu des nouvelles de l'extérieur sature les journées et empêche de respirer, tout aussi sûrement que l'enfermement : projets de lois liberticides, rumeurs d'émeutes, abus de pouvoir, comportements délateurs, ministres perdant pied.
    Corona Chroniques est une lecture intime et politique de ce qui se joue aujourd'hui, et un appel à ne pas baisser la garde face aux attaques contre nos libertés collectives et individuelles.
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  • Après l'été 1945, un million de « personnes déplacées », parmi lesquelles des Juifs européens survivants ou rescapés de l'extermination, furent placés en camps par les autorités internationales, dans l'attente de leur trouver un refuge. Ce livre peint le portrait par eux-mêmes de ces « déplacés » juifs, grâce à l'analyse de documents exceptionnels.

    Les camps ouverts par les autorités internationales pour héberger les Juifs européens ayant survécu à l'extermination ont été, malgré la cruauté d'une attente prolongée pendant des années et la dureté des conditions de vie, le berceau d'une renaissance culturelle. Cette population hétérogène, réunie par l'impossibilité de retourner là où ne subsiste plus rien ni personne, a fondé dans ces camps une société singulière, dernière expression d'une culture yiddish foisonnante. Là, la langue et la représentation dessinent les contours d'une communauté nouvelle qui veut désormais être reconnue comme nation destinée à devenir État en Israël.
    Nathalie Cau analyse des représentations des déplacés juifs par eux-mêmes, de nombreux documents inédits dont des photos exceptionnelles (théâtre, commémorations, fêtes religieuses, carnavals, événements sportifs etc.). Grâce à ces spectacles transmettant le répertoire traditionnel, racontant la destruction ou découvrant les bases d'une vie encore à venir, se construit peu à peu un commun imaginaire, esthétique et politique commun, dans l'espoir d'un départ hors Europe.

  • Barbara Bonomi Romagnoli a quitté sa vie de journaliste pour se consacrer à l'apiculture et à l'étude de l'odeur et de l'arôme du miel. Changement de rythme, sentiment de plénitude, mise en oeuvre de ses convictions : tout à concourru à l'orienter vers un métier auquel elle n'avait jamais pensé.
    L'autrice nous emmène déccouvrir les espèces d'abeilles, de la Mellifera ligusta en voie d'extinction à l'abeille tueuse africaine, les ruches, nomades ou sédentaires, urbaines ou campagnardes, les miels, leurs usages culinaires, odorifères, médici- naux et les fleurs bien sûr. C'est aussi une affaire d'humains, principale menace pour l'environnement attaqué par notre usage des territoires, nos pesticides et nos engrais. Mais ce sont aussi des femmes et des hommes qui recherchent les miels de demain, respectueux des abeilles, écologiques, reflétant un terroir, salu- taires, artisanaux, pacifiques.
    Observer les abeilles, c'est enfin un choix politique. Grâce à elles, nous réfléchis- sons à un monde sans frontières (les abeilles n'en n'ont pas), un monde où tous sont solidaires (toutes les abeilles sont indispensables à la perpétuation de leur espèce), un monde de mélange, puisque l'abeille de race pure n'existe pas dans la nature.
    Bee Happy est un manifeste écologique.

  • Les 32 premiers mois du mandat d'Emmanuel Macron ont compté pas moins de 22 mois de mobilisations sociales de grande ampleur. Celles-ci ont pu prendre des formes inédites d'occupation de l'espace public tout en s'inscrivant (ou pas) dans des évolutions à l'oeuvre depuis 1995.
    En 1995, des manifestations massives ont fait reculer Alain Juppé et sa réforme de la Sécurité sociale. Mais qu'est-il depuis ? Si cette forme d'action politique semblait en repli en France dans les années 2000, elle se réinvente dans la lutte contre le néolibéralisme avec des modalités nouvelles d'occupation de l'espace public, des ZAD aux places, jusqu'au gilets jaunes.
    Depuis 1995, les manifestations à l'appel des syndicats ne semblent plus aussi efficaces. D'autres rassemblements sont devenus des manières de se compter (comme la manifestation monstre en soutien du candidat à la présidentielle François Fillon ou La manif pour tous), d'autres sont organisées par le pouvoir (comme la manifestation d'hommage aux victimes de Charlie), d'autres encore explorent de nouvelles formes, comme Nuit Debout, comme l'occupation des ZAD ou des ronds-points, en écho lointain aux places occupées du Maghreb. Le dégagisme, et l'altermondialisme sont passés par là, créant de nouveaux répertoires d'action, en fragilisant d'autres. Et voilà aujourd'hui l'urgence sanitaire qui vient encore bouleverser ce paysage déjà mouvant.
    Ce livre étudie les mutations de la manifestation dans les 25 dernières années. Il permet de comprendre ce qui se joue dans des séquences de plus en plus longues en prenant en compte des échelles de temps et d'espace (national ou international) qui replacent ces mouvements dans la lutte contre le néolibéralisme, lui-même en crise chronique.

  • Eugène Varlin (1839-1871) est l'une des personnalités les plus attachantes du mouvement ouvrier du xix e siècle. Ouvrier relieur, il adhèra dès 1865 à l'Association internationale des travailleurs (1 re Internationale) au sein de laquelle il défendit contre la majorité le droit des femmes à travailler et à une rémunération juste. Il fut un militant infatigable, Jules Valès le décrivit ainsi : « Son activité était prodigieuse. Pendant des années, il se multiplia dans les associations ouvrières ; il fut l'âme de toutes les grèves, de toutes les manifestations. Son talent d'organisation se révéla dans toutes les créa- tions auxquelles il prit part. » Ses dons de maître d'oeuvre éclatèrent lors de la Commune où, au sein de la commission des finances, il coordonna le fonctionnement quotidien d'une ville assiégée de 2 millions d'habitants !
    Défenseur de l'une des dernières barricades, arrêté, lynché, il fut fusillé le 28 mai 1871. Il avait 32 ans.
    Ce livre n'est pas seulement une biographie classique, mais aussi la chro- nique du développement du mouvement des sociétés ouvrières des années 1860 qui doit tant à Varlin.

  • Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901), journaliste socialiste-républicain, rallie la Commune dès le premier jour. Après la défaite des insurgés, il réussit à s'enfuir. Exilé à Bruxelles puis à Londres, il commence une contreenquête à la campagne de publications versaillaises avec l'objectif de rétablir les faits, vrais et vérifiés. La première édition du livre parait en 1876.
    Ce livre est la réédition de la deuxième édition française du texte, en 1896, au moment où l'auteur, rentré en France après l'amnistie de 1880, reprend l'ensemble du dossier avec l'ambition d'être le plus exact possible : « le vainqueur guettera la moindre inexactitude pour nier tout le reste. » C'est le plus beau témoignage, par l'un de ses défenseurs, de ce qu'a pu être la Commune de Paris, à la fois revendication sociale et expérimentation politique. « Lissa » restitue, dans une langue vive et accessible, l'histoire, au jour le jour, de la plus importante tentative de libération politique du xixe siècle.

  • Que signifie l'accession au pouvoir de LREM ? Un pouvoir concentré entre quelques mains, le refus de l'interventionisme, des députés godillots... Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky analysent comment, depuis le Conseil national de la Résistance et son programme, plusieurs visions de l'État s'affrontent, et comment celle d'un État réduit, peu-à-peu, à son minimum s'est progressivement imposée, incarné aujourd'hui par LREM.
    On analyse ici l'évolution des institutions, des acteurs et des pratiques de l'État en France depuis 1944, particulièrement à travers les politiques publiques, en trois périodes. Celle où les grandes réformes issues du programme du CNR de mars 1944 (Plan, nationalisations, Sécurité sociale, service public, système de crédit administré...) placent durablement l'État au coeur du développement de l'économie et de la société. Cette période se poursuit, non sans tension ni opposition, dans les années (1968-1982) qui s'inscrivent dans l'une des postérités de mai 1968, celle de de la régulation collective administrée par l'État, alors hégémonique, des gaulistes au PC, de l'économie et de la société, quels que soit les partis au pouvoir. Une troisième période, de 1982 à nos jours, voit, selon des temporalités différenciées, les fonctions de l'État se déliter, suivant un enchainement complexe dans l'effacement successif de ses prérogatives, jusqu'à LREM, ultime avatar.

  • David Frayne trace d'abord une limpide théorie historique du travail, convo- quant Calvin, les grands utopistes, Marx, Keynes et de nombreux autres jusqu'à André Gorz. Son but est de mettre en évidence la construction pro- gressive du travail comme alpha et omega de notre insertion dans la société, et la « provocation » que constitue, de fait, l'idée de défendre une autre vision du bonheur. L'aliénation du travail contraint, les souffrances psychiques ou physiques, ne sont que quelques-unes de facettes de l'envahissement irré- pressible de notre liberté par de soit-disant besoins économiques.
    Mais il serait simple de refuser une telle contrainte si le travail ne jouait pas aussi le rôle d'une forteresse pour ceux qui s'y plient, protection autopro- clamée contre le chômage et son stigmate, promettant inclusion sociale et bonne santé. David Frayne a enquêté auprès de personnes qui ont renoncé à chercher du travail : quel a été le moment de bascule, comment vivre en étant considéré comme incomplet ou inutile, quelles nouvelles perspectives s'ouvrent ? Il s'interroge : ces parcours ne contiennent-ils pas le ferment d'une alternative politique, donnant des armes pour imaginer une forme plus robuste et plus authentique de liberté ?

  • L'historien Jean-Luc Pinol s'est plongé dans l'incroyable masse de données du Mé- morial établi par Serge Klarsfeld : la liste des Juifs déportés dans les camps depuis la France. Cette liste qui semble sans fin, Jean-Luc Pinol en a géolocalisé et analysé les données afin d'étudier ce que nous apprend la mise en espace de ces parcours.
    Carte après carte, il raconte l'histoire de la déportation des Juifs d'une manière iné- dite, montrant les interférences entre les différents acteurs : les autorités allemandes, les décisions de l'État français. Selon les lieux, Paris ou banlieue, Nord ou Sud, Al- sace-Lorraine, les ressorts de la déportation sont différents, et la chronologie elle même diffère. Sans oublier que les victimes elles-mêmes viennent d'horizons divers et déjà menaçants. Aux persécuteurs s'opposent les Justes et, surtout, les Juifs eux- mêmes qui luttent pour leur survie.

    L'ouvrage propose 120 cartes inédites, y compris celles de chacun des convois de la déportation accompagnées par une analyse de leur composition.

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