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Littérature
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Au début des années 1960, Gabriel Dax, auteur reconnu de récits de voyage, réalise au Congo une interview du Premier ministre Patrice Lumumba, qui avoue craindre pour sa vie. De retour à Londres, Gabriel apprend son assassinat. Contacté par Faith Green, une mystérieuse agente du MI6, il tombe bientôt sous son emprise et devient son espion, son « idiot utile », basculant dans un labyrinthe de duplicité et de trahisons. Les missions s'enchaînent à travers l'Europe, Cadix un jour, Varsovie un autre, ponctuées de rencontres inquiétantes.
Alors que les bandes enregistrées de l'interview de Lumumba par Gabriel attisent l'intérêt de certains, l'affrontement entre Américains et Soviétiques sur fond de crise des missiles à Cuba fait redouter une troisième guerre mondiale.
Déroulant les tours et détours d'une intrigue complexe, où alternent indices trompeurs et fausses coïncidences, William Boyd conjugue ici le genre du roman d'espionnage et l'art virtuose de la narration. Le résultat est spectaculaire. -
Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte montagneuse, où poussent des arbres tropicaux et gîtent des animaux sauvages. L'aventure apparaît d'abord aux enfants comme de merveilleuses vacances. On peut se nourrir de fruits, se baigner, jouer à Robinson. Mais il faut s'organiser. Suivant les meilleures traditions des collèges anglais, on élit un chef. C'est Ralph, qui s'entoure de Porcinet, «l'intellectuel» un peu ridicule, et de Simon. Mais bientôt un rival de Ralph se porte à la tête d'une bande rivale, et la bagarre entre les deux bandes devient rapidement si grave que Simon et Porcinet sont tués. Ralph échappe de justesse, sauvé par l'arrivée des adultes.
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«oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit... pauvre Quentin elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas fait quoi ce que j'ai fait si si bien des fois avec bien des femmes puis je me suis mis à pleurer sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau.»
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JULIETTE Viens, nuit ! Viens, Roméo ! Viens, mon jour dans la nuit. Car sur les ailes de la nuit, tu vas reposer Plus blanc que sur le dos du corbeau la neige, Viens, douce nuit, amoureuse au front noir, Donne-moi Roméo ; et, quand je serai morte, Prends-le, fais-le se rompre en petites étoiles, Lui qui rendra si beau le visage du ciel Que l'univers sera comme fou de la nuit Et n'adorera plus l'aveuglant soleil. (Acte III, scène II)
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HAMLET Voici l'heure sinistre de la nuit, L'heure des tombes qui s'ouvrent, celle où l'enfer Souffle au-dehors sa peste sur le monde. Maintenant je pourrais boire le sang chaud Et faire ce travail funeste que le jour Frissonnerait de voir... Mais, paix ! D'abord ma mère. Oh, n'oublie pas, mon coeur, qui elle est. Que jamais Une âme de Néron ne hante ta vigueur ! Sois féroce mais non dénaturé. Mes mots seuls la poignarderont ; c'est en cela Que mon âme et ma voix seront hypocrites ; Mon âme ! aussi cinglantes soient mes paroles, Ne consens pas à les marquer du sceau des actes ! (Acte III, scène II).
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Une rose pour Emily et autres nouvelles
William Faulkner
- Folio
- Folio 3 Euros
- 15 Janvier 2026
- 9782073146977
Au centre des plus célèbres nouvelles de William Faulkner, trois portraits de femmes denses et profonds : la tragique Miss Emily, cloîtrée dans sa maison comme dans ses souvenirs ; Minnie Cooper, vieille fille tourmentée par l'indifférence des hommes jusqu'au meurtre, et Nancy, la blanchisseuse noire abandonnée par son mari, dont le jeune Quentin raconte les peurs et les superstitions.
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Le bruit et la fureur : Nouvelle traduction
William Faulkner
- Gallimard
- Du Monde Entier
- 6 Novembre 2025
- 9782073100610
Au printemps 1928, dans un comté imaginaire du sud des États-Unis, la vieille famille aristocratique des Compson se déchire sous le regard dépité de ses domestiques. Au sein d'une grande demeure décatie, quatre voix se répondent par ricochet : Benjy, le petit dernier, resté enfermé dans l'enfance, qui ne cesse de hurler ; Jason, le cadet, cynique à l'âme vengeresse ; Quentin, l'aîné, âme torturée de la fratrie, follement épris de sa soeur Caddy ; et Dilsey, leur vieille servante, qui observe le tout avec une grande sagesse. Considéré comme l'un des meilleurs livres de la littérature anglophone, Le bruit et la fureur est un chef-d'oeuvre incontournable. Par cette nouvelle traduction somptueuse, Charles Recoursé apporte une clarté inédite et une fluidité qui en rendent la lecture plus magnétique que jamais. Cette édition inclut une préface du traducteur ainsi qu'un appendice exceptionnel de William Faulkner rédigé dix-sept ans après la parution originale.
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Une vie de héros, un destin tumultueux, dans la tradition des grands romanciers du XIXe siècle.
Fuyant l'Irlande, où il est né en 1799, Cashel Greville Ross s'enrôle dans l'armée. C'est le début d'une vie rocambolesque qui le mènera sur quatre continents, dans les pas de l'Histoire. Blessé et décoré à la bataille de Waterloo puis témoin des atrocités de l'armée anglaise aux Indes, il se lie d'amitié avec Byron et Shelley en Italie et tombe éperdument amoureux de la mystérieuse Raffaella. Mais l'esprit aventureux et l'impulsivité de cet incorrigible romantique l'entraînent sans cesse vers d'autres horizons et d'autres aventures. -
Nouvelle édition en un volume en 1995
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À lire un résumé quelconque de cette comédie-féerie, on perd pied dès la deuxième ligne. Deux éléments importants : une intrigue amoureuse, censée se passer à Athènes (Shakespeare s'inspire de sources antiques), et le royaume des fées, gouverné par Obéron et son épouse Titania, flanqués du lutin Puck, symbole des caprices de l'amour. Obéron, roi des elfes, ordonne à Puck de verser un philtre d'amour dans les yeux de Démétrius, jeune homme grec brouillé avec Hélène, et dans les yeux de sa femme, Titania, pour qu'elle tombe amoureuse d'un homme à tête d'âne (le tisserand Bottom), venu répéter la pièce que l'on doit jouer aux noces de Thésée et d'Hippolyta, reine des amazones. Après la réconciliation générale procurée par Obéron, Bottom et ses compagnons jouent Pyrame et Thisbé, théâtre dans le théâtre. Cette féerie entrelace donc dans une fugue plaisirs et intrigues, qu'elle noue et dénoue, comme elle rassemble la tradition grecque et les légendes de la forêt. Obéron et Titania rappellent Zeus et Héra, alor que Puck vient du fantastique scandinave. L'ensemble constitue un monde de rêve, où les personnages deviennent semblables aux elfes, où l'univers de la chevalerie se mêle aux allégories de la Renaissance.
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MACBETH Ce qu'un homme ose, je l'ose ! Viens à moi Sous l'apparence de l'ours russe le plus farouche, Du rhinocéros le plus hérissé, du tigre Le plus féroce de l'Hyrcanie. Prends toute forme Sauf celle-ci, et mes nerfs assurés ne trembleront pas. Ou encore : revis, et défie-moi Au combat à l'épée jusque sur la lande déserte Et si je reste ici à trembler de peur, tu pourras me dire Une poule mouillée. Va-t'en, va-t'en, Horrible spectre, image sans substance ! (Acte III, scène IV)
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« Oui, avoue le chevalier, je suis peut-être fou, mais à tout prendre je le suis moins que la société où nous vivons ».
Si chacun se retrouve dans Don Quichotte, c'est qu'il s'agit de l'oeuvre qui, par excellence, nous permet de faire face à un monde privé de sens. L'ingénieux hidalgo est le symbole de l'homme moderne confronté à un univers dont toutes les structures signifiantes se délitent. Sa réponse : croire sans relâche et faire comme si. Voilà ce que conseille le roman de Cervantès : substituer au monde réel un imaginaire où l'on puisse conserver espoir.
Don Quichotte n'est pas un simple personnage, il est aussi auteur, celui de son destin . De toute l'histoire de la littérature, il est le premier personnage à décider de vivre sa vie comme dans les livres. Ce « premier beatnik, la moto en moins » franchit la barrière séparant la fiction de la réalité, faisant de ce roman absolument moderne celui du dévoilement de toutes les apparences et de la transgression de toutes les limites.
Aujourd'hui encore, on apprend des efforts comme des revers de ce personnage. Ses épreuves renvoient à quantité d'expériences contemporaines : les mondes virtuels, le complotisme, la nécessité des utopies ou l'importance de l'engagement. La nature comique de ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle, comme un pied de nez lancé depuis plus de quatre siècles à la face du monde, nous oblige à rire de l'existence plutôt que d'en pleurer.
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«Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n'a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu'elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang ; mais, nous n'avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s'est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l'effronterie de rire !»
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La Tragédie d'Hamlet, prince du Danemark
William Shakespeare
- Gallimard
- Blanche
- 4 Décembre 2025
- 9782073134813
«Être ou ne pas être - c'est la question. Quel est le plus digne choix de l'esprit : subir les coups et les flèches d'un destin extrême ou prendre les armes contre un océan de contrariétés pour en finir dans la violence ? Mourir : dormir, rien d'autre.» Frédéric Boyer est écrivain et traducteur. Son oeuvre associe l'écriture personnelle, la relecture et la traduction de grands textes anciens : la Bible, saint Augustin et Virgile... Il a déjà traduit de Shakespeare, aux Éditions P.O.L, la Tragédie du roi Richard II et les Sonnets.
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Ce livre, longtemps interdit, est devenu culte. Le festin nu est une descente aux enfers - morphine, héroïne, cocaïne, opium ... Sujétion, délivrance et rechute ; tel est le cycle qui constitue l'un des problèmes du monde moderne. Suite d'épisodes enchevêtrés et disparates où se mêlent hallucinations et métamorphoses, clowneries surréalistes et scènes d'horreur à l'état pur, cauchemars et délires poético-scientifiques, érotisme et perversions, le chef-d'oeuvre de William Burroughs est à la fois terrifiant, macabre, comique, et presque insoutenable. Le festin nu a été porté à l'écran en 1991 par David Cronenberg.
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LEAR Ne me fais pas devenir fou, je t'en prie, ma fille.
Je ne te gênerai plus, mon enfant ; adieu.
Plus de rencontre à craindre ; désormais, Nous ne nous verrons plus. Pourtant, tu es ma chair Et mon sang, et ma fille. Ah, bien plutôt le mal Qui habite ma chair, et que je suis forcé De reconnaître mien. Tu es un chancre, Un furoncle pesteux, un abcès plein de pus Dans mon sang qu'il corrompt. Mais, va, je ne veux pas Te faire de reproches. Vienne l'opprobre À l'heure qu'il voudra, je ne l'appellerai Ni sur ton front le trait du porteur de foudre, Je ne dirai de toi rien de condamnable Au divin Jupiter, le juge. Amende-toi.
Si tu le peux. Deviens meilleure s'il t'est loisible.
Acte II, scène IV.
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«La main allait, lente et calme, le long du flanc invisible. Il ne répondit pas tout de suite. Non qu'il essayât de l'intriguer. Il avait l'air de ne pas se rappeller qu'il devait en dire davantage. Elle répéta la question. Alors, il lui dit : - J'ai du sang noir. Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d'une immobilité différente. Mais il ne parut point s'en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc.»
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En Illyrie, pays mi-réel, mi-fantasmagorique, le duc Orsino est amoureux d'Olivia, une comtesse endeuillée, pour laquelle soupire aussi son sévère intendant Malvolio... Mais celle-ci s'éprend bientôt de Césario, le page du duc, ignorant qu'il est en réalité Viola, une jeune femme travestie, qui aime en secret Orsino, et dont le frère jumeau a disparu lors d'un naufrage... À cet imbroglio sentimental, qui brouille les identités, les constructions sociales et l'orientation du désir, se superpose une bataille entre esprit de sérieux et esprit de carnaval : écrite pour les festivités de l'Épiphanie, ou Nuit des rois, cette comédie, par son alternance de tons - romanesque, farcesque et satirique - est aussi un formidable éloge du théâtre.
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À la fin des années 1940, dans un Mexico couleur de cauchemar - avec son soleil obsédant, ses étendues de tôles ondulées, sa faune pittoresque et violente -, Lee, alter ego de Burroughs, traîne son mal de vivre de bar en bar, à la fois désespéré, avide et indifférent. Son seul repère?: Allerton, un jeune homme indolent, jaloux de son indépendance, mais aussi secrètement flatté d'être l'objet de la convoitise de Lee. Ensemble, ils se lancent dans une expédition à travers l'Amérique du Sud, à la recherche d'une mystérieuse drogue, le Yage, censée conférer des pouvoirs télépathiques.
Remarquable radiographie d'une détresse sans autre recours que l'écriture, Queer, le deuxième roman de Burroughs, peut se lire comme une « suite » de son mythique Junky. -
La rose et l'anneau
William Thackeray, Alain Le foli
- Les éditions du Chemin de Fer
- Le Tortillard
- 17 Octobre 2025
- 9782490356577
En 1854, alors qu'il est déjà célèbre dans son pays grâce à La foire aux vanités et à son autobiographie, Pendennis (1850), plus célèbre encore aux États-Unis d'où lui est venue la renommée, William Makepeace Thackeray est à Rome. C'est au moment de Noël, pour ses filles, qu'il imagine la trame d'un conte de fées qu'il décrit comme une pantomime à jouer au coin du feu. De fait si tous les personnages du conte de fées sont bien réunis, c'est d'une parodie bien burlesque qu'il s'agit : la chronique politique, militaire, psycho-physiologique et amoureuse du règne de Valoroso XXIV, roi souverain de Paphlagonie.
La rose et l'anneau met en scène des idiots royaux, rois usurpateurs et princes dépossédés de leur trône légitime, le tout mené sous la baguette de la fée Bâton-noir qui complique les relations amoureuses en jetant entre tous les protagonistes un anneau magique et une fleur à la boutonnière qui rendent ceux qui les porte irrésistibles. Thackeray n'épargne aucun de ses nobles personnages, tour à tour contraints de tenir d'horribles promesses, d'affronter des lions affamés dans une arène, de parcourir la campagne en haillons ou d'espérer un sursis de dernière minute.
Conte pour enfants de son temps, La rose et l'anneau est bien plus un conte pour adultes qui résume tout ce que l'écrivain est à quarante-trois ans - notablement son goût pour l'Histoire, son obsession du snobisme, son effort vers une liberté de ton devant laquelle il a renâclé jusque-là, allant jusqu'à pasticher malicieusement Rebecca et Rowena de Walter Scott.
À l'origine du récit, un épisode du temps désastreux : la guerre de Crimée, qui débute en 1853 et donne à Thackeray le vocabulaire et la carte des opérations. Il s'agissait alors de défendre l'Empire ottoman contre l'invasion russe. La Crime-Tartarie est la Russie, les Paphlagoniens sont les Turcs. Parti de là, le conteur se réfugie dans les Temps Reculés, et les parsème d'allusions contemporaines anglaises, allusions à des jeux, à des sports, à des nuances de comportement, à l'université de Cambridge où il fit ses études. Cette transposition taquine le conduit à suggérer, sur un canevas de bêtises, de traîtrises et de catastrophes, la malfaisance satisfaite de la comédie politique et, à travers elle, la pérennité du malheur humain. Difficile de ne pas y voir de multiples résonances avec notre monde présent.
Pour de nombreux critiques, La rose et l'anneau, tant par les similitudes d'écriture (conte imaginé pour des enfants que les auteurs couchent ensuite sur le papier), que par la fantaisie que les deux textes se permettent pour se moquer de ses contemporains, précède et annonce Alice aux pays des merveilles, de Lewis Caroll. L'autre rapprochement qui s'impose l'est avec Ubu Roi d'Alfred Jarry, tant les analogies entre les deux textes sont légion. -
Bien plus qu'un sport, le surf est un art de vivre. D'Hawaï à la Californie, William Finnegan grandit entre le paradis et l'enfer des vagues. Gamin aventureux, il devient écrivain, reporter de guerre et traque les spots aux quatre coins du globe. De l'océan il fait son échappatoire et une source d'émerveillement, loin des vanités du monde. Une inoubliable ode à l'enfance, à l'amitié et à la famille.
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« Il faut croire à quelque chose pour s'indigner. »
Fuyant les États-Unis et le racisme qui y règne, Simeon, un Noir américain, arrive à Paris au début des années 1960. Tout ici lui semble idyllique : les Noirs se promènent sans craindre pour leur vie, on refait le monde dans les cafés et, entre deux morceaux de jazz, on discute politique en séduisant des femmes. Mais alors que la guerre d'Algérie fait rage, Simeon s'aperçoit qu'en France, d'autres subissent le sort qui lui est réservé dans son pays. Comment rester passif face à l'injustice ?
Avec ce livre bouleversant écrit en 1963, William Gardner Smith a été le premier à lever le voile sur l'un des événements les plus tragiques de la guerre d'Algérie : le massacre du 17 octobre 1961.
« Ce roman extraordinaire refuse tout manichéisme. Il se dévore comme un «Série noire». » L'Obs
« Un roman beau et complexe sur le racisme, dont la puissance évocatrice rayonne jusqu'à aujourd'hui. » Le Monde des livres