• Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • Plus de trente ans après sa naissance, il n'existait pas encore de texte qui offre un accès simple à la sociologie pragmatique. Le présent ouvrage vient combler ce manque. Il expose les principes qui ont fondé cette « nouvelle » sociologie, au carrefour de l'interactionnisme américain et de la tradition sociologique française (Durkheim, le structuralisme, Bourdieu...). Il éclaire aussi la manière dont les concepts forgés par ce courant de recherche ont renouvelé nos conceptions de l'action et de la société en les définissant d'abord comme des réalités conflictuelles. Décrivant les méthodes d'enquête mises en oeuvre par les sociologues pragmatiques, il présente leurs apports à un grand nombre de champs de la recherche empirique. Enfin, revenant sur les débats que le développement de la sociologie pragmatique a alimentés, et qu'il continue de susciter, il indique quelles nouvelles directions cette sociologie est aujourd'hui en train de prendre.

  • Emeutes de Villiers-le-Bel, affaire Kerviel, péripéties de l'Arche de Zoé, fiasco de la France à l'Euro de football, élection de Barack Obama, crise financière : des sujets qui se bousculent à la une des journaux télévisés, la sociologie a-t-elle quelque chose à dire ? Sa vocation première n'a jamais été de s'exprimer dans l'urgence et l'immédiateté. Le temps, souvent très long, de l'enquête lui est nécessaire pour réussir à éclairer d'une intelligibilité nouvelle le monde social qui se bâtit sous nos yeux. Restent pourtant les attitudes et les tournures de pensée qu'elle nous enseigne. Restent ces connaissances, si nombreuses, qu'elle accumule patiemment depuis ses débuts. Autant de ressources pour nous aider, face à un quotidien incertain et opaque, non pas à produire dans l'instant un discours de vérité mais, plutôt, à nous distancier des analyses propres à " l'air du temps " et ainsi, peut-être, à mieux saisir des enjeux demeurés inaperçus et à éviter certaines erreurs de jugement. C'est un tel pari émancipateur que poursuit ce livre, où le lecteur retrouvera les chroniques que l'auteur donna, selon un rythme hebdomadaire, sur l'antenne de France-Culture entre août 2007 et juillet 2009. Un fait d'actualité brûlant y est à chaque fois place sous l'éclairage d'une théorie, d'un concept ou d'un raisonnement sociologiques. Manière de revisiter notre époque et, d'un même mouvement, d'éprouver les pouvoirs de distanciation qu'offre la pratique de la sociologie.

  • Les journalistes disposent-ils de marges de manoeuvre face à leur hiérarchie, aux contraintes économiques qui encadrent leur activité, aux stratégies de communication que développent leurs sources ? Sociologues, politistes et historiens apportent ici une réponse inattendue.
    A partir d'enquêtes qu'ils ont menées dans différents médias (quotidiens nationaux, régionaux, presse en ligne, agences de presse, télévision), ils proposent, sous forme de leçons, une façon nouvelle de penser le rôle de l'inventivité personnelle et du libre arbitre dans le travail des journalistes. Cette réflexion sur la subjectivité journalistique ne contribue pas seulement à une plus fine connaissance des mondes du journalisme et de leurs évolutions actuelles.
    Elle soulève aussi un enjeu démocratique crucial: est-il légitime de fonder la critique des médias d'information sur la reconnaissance d'une responsabilité personnelle des journalistes? Question dont dépend peut-être aujourd'hui, plus que jamais, l'avenir du journalisme lui-même.

  • Que n'a-t-on dit de l'emprise qu'exerce sur les médias français l'actuel Président de la République? Ce serait grâce à des réseaux tissés de longue date parmi les patrons de presse et à de subtils jeux d'intimidation/séduction avec les journalistes que le candidat UMP, lors de la campagne présidentielle de 2007, serait parvenu à capter à son profit le jeu médiatique et, par ce biais, à persuader une majorité d'électeurs de le porter à la tête de l'Etat. La sociologie peut-elle nous aider à démêler ce que ces thèses comportent de vrai ? Elle en est capable assurément, si l'on considère la quantité impressionnante de connaissances qu'elle a accumulées, depuis une soixantaine d'années, au sujet des relations entre médias et pouvoir politique. Qu'il s'agisse des processus d'inscription de certains thèmes sur l'agenda médiatique, des effets qu'ont sur le vote la publication de sondages et les mises en scène médiatiques de l'actualité, ou encore, du rôle que Internet joue désormais dans les débats publics, de telles connaissances peuvent permettre aux citoyens de résister aux effets d'imposition propres aux discours médiatiques aussi bien qu'aux amalgames trompeurs que véhicule la critique des médias souvent caricaturale. Ce livre applique et explique ce que les sciences sociales nous apprennent de ces questions en reprenant le contenu d'un blog invité du monde.fr (www.lemonde.fr) dans lequel l'auteur analysa à chaud, d'un point de vue inspiré par la sociologie, le traitement médiatique de la campagne présidentielle.

  • En s'abritant derrière l'argument du relativisme culturel et de l'historicisme, les sciences sociales ont abandonné l'ambition d'explorer ce qui fait l'unité de l'homme.
    Elles ont aussi laissé les versions les plus réductionnistes des neurosciences et des sciences cognitives, ainsi que les approches évolutionnistes d'inspiration néo-darwinienne, s'ériger en seuls et authentiques garants de l'universalisme. Ce livre envisage la possibilité de défendre à nouveau des positions anti-relativistes et universalistes dans des disciplines telles que la sociologie, l'anthropologie ou l'histoire.
    Il soutient que la notion de grammaire et son pendant méthodologique, l'analyse grammaticale de l'action (consistant à appréhender toute action sous l'angle de son rapport à des règles), offrent les moyens d'y parvenir. L'approche grammaticale conduit en effet à reconnaître l'existence, aux yeux des acteurs engagés dans toute situation sociale, de référents matériels du sens de leur action, qui se présentent à eux sous la forme d'un devoir à accomplir ou d'une grâce accordée par autrui.
    La prise en considération de ces référents communs permet d'apprécier à la hausse le pouvoir de compréhension des sciences sociales mais aussi de réaffirmer leurs capacités prédictives et de refonder leur droit à formuler des critiques politiques. Elle invite également à considérer sous un jour nouveau des notions comme " rationalité ", " inconscient " ou " disposition ", dont ces sciences ne pourraient que difficilement se passer.

  • Aujourd'hui le socialisme doute de lui-même. La montée des partis natio- nalistes réactionnaires, les difficultés que rencontre l'Union européenne à se constituer politiquement, mais aussi le fait que les politiques publiques soient fondées sur des diagnostics insuffisamment objectifs, car insuffisamment réflexifs, de la situation sociale, tout cela concoure à rendre le socialisme incertain de son avenir, et de moins en moins conscient de sa spécificité en tant que courant politique.

    Ce livre cherche à redonner au socialisme cette conscience de soi. Pour cela, il s'ef- force de le restituer et de le redéfinir de deux manières. D'une part en le considérant comme un fait social, et donc en l'extrayant du débat idéologique pour montrer son appartenance essentielle au développement des sociétés modernes. D'autre part en le considérant dans son oeuvre intellectuelle propre, comme le vecteur de constitution d'un savoir, la sociologie, qui a pour ambition d'éclairer la politique d'une manière nouvelle. Le but de ce livre est donc de remettre le socialisme sur ses pieds, en montrant qu'il est le seul courant politique à nouer un rapport intérieur et constitutif avec le pouvoir émancipateur des sciences sociales. Et à tirer toutes les conséquences pour l'avenir de l'Europe que permet de rouvrir cette définition.

  • « Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser »... Cette remarque du Premier ministre au lendemain des attentats de novembre 2015 a profondément blessé la communauté française des chercheurs en sciences sociales. Ainsi la sociologie, ou le sociologisme pour ses détracteurs, ne servirait à rien, et pire, servirait les causes ideologiques les plus infâmes.
    Le sociologue Cyril lemieux a repris, trié, mixé ses nombreuses chroniques publiées dans la presse et qui étaient destinées à réagir à l'actualité, pour concevoir 23 petits contes sociologiques. Autant de points d'entrée pour un profane pour découvrir et saisir Après ce voyage aussi pédagogique que stimulant, inattendu une postface répond à la critique du Premier ministre : non, expliquer n'excuse en rien qui ou quoi que ce soit, mais peut au contraire aider le citoyen à comprendre et même participer aux débats démocratiques.
    Le lecteur éclairé par toutes ces explications peut ainsi savourer le dialogue d'un artiste avec le sociologue : les dessins incisifs de Saint- Oma réagissent aux récits en complicité ou en provocation.

  • Les versions les plus réductionnistes des sciences cognitives, des neurosciences et des approches évolutionnistes néodarwiniennes soutiennent que tout fait social peut être rapporté à des mécanismes naturels sous-jacents, produits de l'évolution biologique. À l'opposé, les approches ultraconstructivistes du social affirment que les soi-disant "faits de nature" ne sont rien d'autre que des constructions sociales. Entre ces deux courants de pensée antagonistes, la paix est préservée par une sorte d'indifférence intellectuelle mutuelle. L'ambition ici est d'accompagner le mouvement à travers lequel un nombre croissant de chercheurs essaient aujourd'hui, par des voies différentes, de dépasser l'opposition entre constructivisme et naturalisme et d'intégrer dans l'un ce qu'il ignore de l'autre. Pour n'en citer que quelques-unes : la voie socio-empiriste, la sociologie dite pragmatique, le naturalisme culturel, la démarche de P. Descola. De même la relecture des Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim peut offrir un modèle aux sciences sociales pour relever le défi que leur posent aujourd'hui le naturalisme et l'évolutionnisme des sciences de la vie.

  • Quels liens existe-t-il entre le sport en ses différentes instances et niveaux d'activité et la sphère politique ? En quoi un examen attentif des phénomènes sportifs saisis dans toute leur diversité peut-il éclairer d'un jour nouveau la question de l'Etat, de sa socio-genèse et de son fonctionnement, comme les questions de la mobilisation des groupes protestataires, de la constitution de certaines identités collectives ou encore, de la reconfiguration des relations internationales ? Pour tenter d'apporter une réponse à ces questions, ce numéro de Politix fait appel à des travaux de politistes mais aussi d'historiens, de sociologues et d'ethnologues.

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