• L'Ascension du Mont Ventoux est le texte d'une lettre que Pétrarque envoya en 1336 à son directeur de conscience et ami, Dionigi dei Roberti, et qu'il retravailla sans doute plusieurs fois durant les décennies qui suivirent. D'une sensibilité étonnamment moderne, L'Ascension du Mont Ventoux est en définitive le récit d'un parcours spirituel. L'homme, dominé par la nature, doté de forces précaires et terriblement vulnérable, doit trouver en lui-même le courage d'affronter tentations et difficultés, sans jamais se détourner de son but véritable.

  • Dans «Sur sa propre ignorance et celle de beaucoup d'autres», Pétrarque (1304-1374) nous propore, dans un style très vivant et avec une ironie souvent mordante, une excellente synthèse des idées auxquelles il tient de manière intransigeante : défense de l'Antiquité classique, exaltation de la poésie et de l'éloquence, primauté de la philosophie morale, rôle de la piété comme vraie sagesse. À une époque qui est encore, chronologiquement, le Moyen Âge, Pétrarque formule le premier des idées qui seront celles de l'humanisme naissant.

  • Pour Augustin, comme pour Cicéron ou Sénèque, l'homme était d'abord un malade qui doit chercher un remède à ses souffrances, dans la sagesse ou la soumission à la grâce divine. Pétrarque soutient, lui, une autre conception, celle d'un poète pour qui la souffrance elle-même peut être une source de joie : « Mille plaisirs ne valent pas une douleur. » Comme l'amour de Laure, la douleur fait partie de l'expérience intérieure de Pétrarque qui en proclame la légitimité et la valeur. « Je ne peux freiner mon désir, finit-il par répondre aux objurgations du saint. » «Mon secret» n'est pas seulement la clé du «Canzoniere» et un classique de l'anthropologie de la Renaissance, c'est aussi un des plus beaux textes jamais consacrés à l'amour, à la douleur et à la poésie.

  • Après Dante et Boccace, Pétrarque rejoint la Collection Diane de Selliers !
    Première star internationale de la littérature, érudit voyageur et père de l'humanisme, Pétrarque (1304-1374) est surtout le premier poète de l'intime. Son influence sur la poésie européenne est immense.

    Les Triomphes forment un long poème allégorique d'inspiration antique, dans lequel Pétrarque chante son amour pour Laure et la douleur d'aimer tout en convoquant de nombreuses figures historiques, mythologiques et religieuses. Cette édition bilingue français-italien reproduit la traduction inédite, vivante et poétique de Jean-Yves Masson.

    Le vitrail comme vous ne l'avez jamais vu : les 130 illustrations, éclatantes, ont été traitées de façon résolument moderne et graphique, avec de nombreux recadrages de détails. L'ensemble témoigne de la vivacité et de la singularité du patrimoine français du XVIe siècle. 95% des oeuvres reproduites ont fait l'objet d'une campagne photographique spécifique, réalisée grâce à une technologie de pointe utilisant notamment des drones. Le département de l'Aube abrite de très nombreux vitraux, dont la baie d'Ervy-le-Châtel, unique vitrail au monde illustrant Les Triomphes de Pétrarque et dont la restauration vient d'être achevée.

    La collaboration d'experts de l'histoire de l'art, de la poésie et du vitrail : Paule Amblard, historienne de l'art spécialisée dans l'art et la symbolique du Moyen-Âge, Jean-Yves Masson, traducteur, poète et professeur de littérature comparée à la Sorbonne, Flavie Vincent-Petit, restauratrice et créatrice de vitraux.

    Une rencontre qui allie plaisir des yeux, du coeur et de l'esprit !

  • La vie solitaire

    Pétrarque

    Dans ce traité latin écrit en 1346 à vaucluse et traduit pour la première fois en français, pétrarque évoque les vertus morales et les joies de la retraite.
    Pour lui, vaucluse est le symbole discret de la liberté spirituelle, d'un otium consacré à la méditation, à l'étude et à l'écriture. la vie solitaire, loin de toute mouvance urbaine, fait connaître les délices d'un temps immobile, d'un temps suspendu. sorte de présent éternel. avant d'être un pur éloge de la retraite, ce traité est un éloge de la fuite et de l'exception.

  • Ce n'est pas faire tort au Canzoniere, le joyau poétique en langue vulgaire, que de penser que l'événement du septième centenaire de Pétrarque aura été la redécouverte de son oeuvre latine, vaste archipel qui, outre les Églogues, les Épîtres et le poème épique de l'Africa, beau comme du marbre, enferme encore l'oeuvre historique, l'oeuvre philosophique et un ensemble de quelques cinq mille lettres. Et il n'est peut-être pas exagéré de voir le chef-d'oeuvre du Pétrarque humaniste dans ce dernier et grandiose corpus, auquel il travailla jusqu'aux derniers mois de sa vie et qui peut être lu aussi bien comme une autobiographie idéale du poète et un commentaire illuminant le reste de son oeuvre que comme un témoignage de première main sur son époque et comme l'inventaire des découvertes philologiques qui ont donné le branle à une véritable révolution culturelle. Mais même si ce n'était pas le chef-d'oeuvre de l'oeuvre latine, c'en serait en tous cas la partie la plus attachante, puisqu'elle répond à la question posée par le chantre de Laure au début de la Lettre à la Postérité : « Tu désireras peut-être savoir quel homme je fus ».

  • Un recueil de remèdes très courts pour chaque malheur comme pour chaque bonheur qui pourrait te nuire, et pour chaque coup de l'une et l'autre fortune, à la manière d'un antidote efficace contre une maladie à double effet, tout cela rassemblé par un ami sous un petit volume, pour que tu l'aies partout et toujours sous la main.
    Pétrarque.
    Demander à la philosophie les armes dont elle dispose pour résister à la chance comme à la malchance : c'est dans ce but que pétrarque rédigea ce texte, vers 1366. le succès fut énorme, dès sa parution ; l'original latin connut jusqu'à vingt-huit éditions entre le xve et le xviiie siècle, et les remèdes de pétrarque, contre la bonne et la mauvaise fortune, devinrent immédiatement célèbres dans toute l'europe.

  • Apparu à peine un siècle après le début des premières compositions en langue vulgaire, le Canzoniere de Pétrarque (1304-1374) devait dominer la scène poétique européenne tout entière pendant près de cinq siècles. Cette édition propose une traduction poétique complète du texte de Pétrarque, accompagnée d'une annotation riche et solide, qui n'a aucun équivalent dans la production française. L'ensemble est complété par une préface et par un lexique poétique des principaux mots du vocabulaire utilisé par Pétrarque.
    Mais ce qui fait en grande partie l'intérêt de cette édition, c'est son texte italien. On pourrait, en effet, croire que ce texte est établi une fois pour toutes, depuis tant d'années que poètes et littérateurs le lisent et l'étudient. Il n'en est rien ! Non seulement, le texte généralement édité depuis l'édition Aldine ne repose pas sur le manuscrit autographe de Pétrarque, mais même depuis la découverte de ce manuscrit par Pierre de Nolhac (en 1891) le témoignage n'en a jamais été pleinement exploité. Avec près de 5 500 différences par rapport aux éditions antérieures (dont quantité d'indices et d'indications de la part de Pétrarque sur la musique de sa poésie), ce texte, fruit de la recherche pendant plus de vingt ans de Giuseppe Savoca, constitue un apport incomparable aux études pétrarchistes et marque un moment essentiel dans la publication de l'oeuvre de Pétrarque (après les deux correspondances et avant les Triunfi).

  • Il n'est pas exagéré de dire que la correspondance latine de Pétrarque avant tout les vingt-quatre livres des Lettres familières et les dix-huit livres des Lettres de la vieillesse constitue le chef-d'oeuvre du Pétrarque humaniste: réunissant, au sein même de l'immense oeuvre latine, un grandiose corpus auquel l'écrivain travailla jusqu'aux derniers mois de sa vie, elle peut être lue aussi bien comme une autobiographie idéale du poète et un commentaire illuminant le reste de l'oeuvre que comme un miroir de l'histoire du Trecento et comme l'inventaire des grandes découvertes philologiques qui, comme on sait, renouvelèrent la culture, la conjuguèrent à l'esprit de l'âge classique, l'imprégnèrent de toutes les inquiétudes de l'humanitas et la proposèrent comme la base même de la sensibilité occidentale.On sait que, paradoxalement et alors même que la philologie pétrarquienne parvenait à un niveau d'excellence quasiment vertigineux, l'édition européenne, malgré plusieurs contributions majeures apparues au fil du xxe siècle celles de Vittorio Rossi et Umberto Bosco pour les Lettres Familières, de Nicola Festa pour l'Africa, de Giuseppe Billanovich pour les Rerum memorandarum libri, de Guido Martellotti pour la première partie de De viris s'était montrée réticente à s'engager à fond dans la publication, autre que sporadique, du Pétrarque latin. L'approche du septième centenaire de la naissance du poète, en suscitant en Italie pour 2004 un nouvel et ambitieux élan, piloté par Michele Feo, en vue de l'édition nationale de l'oeuvre intégrale, devrait aider à combler définitivement cette lacune. Reste qu'engagée dans un esprit de collaboration fraternelle avec nos amis italiens la présente édition bilingue constitue un événement éditorial de première grandeur.Ce sera en effet la première fois que les Lettres de Pétrarque sont mises à la disposition du public français dans leur intégralité, lisibles d'un bout à l'autre à la fois dans le texte et dans une excellente traduction benemeritus de l'oeuvre de Pétrarque, Victor Develay à la fin du xixe siècle n'avait donné que des choix de lettres c'est la première fois aussi qu'un ample commentaire historique et érudit, éclipsant de loin et périmant les notes de Fracassetti (1865-1868), orientera le lecteur tant dans la saisie globale du complexe iter culturel et spirituel du poète que, livre après livre et lettre après lettre, dans la compréhension ponctuelle d'un texte toujours riche et passionnant. Enfin, c'est la première fois que le travail d'édition critique, déjà accompli pour les Lettres familières par Vittorio Rossi, sera étendu aux Lettres de la vieillesse.Redevables pour la traduction française des Familiares à la patience, à la compétence et au goût d'André Longpré, nous avons confié celle des Seniles à un groupe de jeunes et ardents chercheurs formés en Sorbonne Ugo Dotti, un des meilleurs connaisseurs de la personnalité et de l'oeuvre de Pétrarque, nous a fait l'honneur de nous donner pour les unes comme pour les autres le commentaire monumental qu'on lira dans la traduction française de Christophe Carraud et de Franck La Brasca. C'est Elvira Nota qui nous offre livre par livre, avec le texte critique des Seniles, les précieuses notes critiques relatives aux textes " pré-canoniques ".Ayant livré en guise de prémices ces sept premiers livres des Lettres familières, nous poursuivrons parallèlement l'édition des deux grands ensembles du corpus en gardant les yeux fixés sur 2004, espérant même pouvoir, chemin faisant, adjoindre, en Appendice au corps principal, les dix-neuf Sine nomine dans le texte critique de Paul Piur et, avec un texte critique établi par Elvira Nota, les " Lettere disperse ", exclues du corpus et vulgarisées par une récente édition.Ainsi Les Belles Lettres et la collection des " Classiques de l'Humanisme " espèrent-elles prendre leur part de la célébration d'une oeuvre à laquelle notre pays, depuis Pierre de Nolhac, ne s'est jamais senti ni voulu étranger.Pierre Laurens

  • Invectives

    Petrarque/

    Jusqu'à ce jour, les trois invectives (Contre un homme de haut rang et de petite vertu. Contre un médecin. Contre celui qui maudit l'Italie, ou France-Italie) n'ont jamais été traduites en français. La difficulté d'accès aux écrits latins de l'auteur n'est pas la seule raison de ce désintérêt ; sans doute suscitaient-elles l'étonnement ou choquaient-elles. Les textes de Pétrarque sont bien éloignés de la poésie amoureuse, de l'élégance, de l'érudition et de la haute portée morale de sa correspondance : les images sont crues, les propos souvent grossiers, les attaques partisanes et excessives. Mais peut-on répondre autrement à des critiques, lorsque celles-ci viennent remettre en cause des convictions profondes et une attitude quasi militante face à l'existence ? Il faut croire que l'enjeu sous-jacent de ces controverses est d'importance pour faire perdre ainsi son habituelle mesure à un homme qui aime à se distinguer du vulgaire. Ces trois textes présentent un intérêt majeur, celui de nous dévoiler l'homme plus que l'écrivain. Ce n'est pas un hasard si aucun des détracteurs n'est désigné nommément; le vrai sujet de ces invectives c'est Pétrarque aux prises avec un exercice nouveau : la défense de soi, l'autojustification.

  • L'Afrique

    Pétrarque

    L'Afrique, épopée sur les exploits de Scipion, jeune général romain en lutte contre Hannibal le Punique, reste une oeuvre éminemment déconcertante et méconnue : Pétrarque y définit un nouveau projet épique, une symbiose entre histoire et poésie, réalité et fiction, où religion chrétienne et religion antique ne se heurteraient pas. Tous les personnages, quelle que soit leur importance, concourent à cette audacieuse entreprise qui tiendra longtemps Pétrarque en souci. Car c'est en chacun d'eux que se livre la bataille opposant Rome et Carthage : Magon, le barbare punique, qui meurt en confessant ses fautes ; Masinissa, prince berbère, mais profondément séduit par les valeurs qu'incarnent les Romains ; le vertueux Scipion, aux prises avec l'amour qui fait irruption dans sa vie ; Sophonisbe, qui préfère devancer la mort plutôt que de finir ses jours en captive sous le joug de l'oppresseur dans l'épopée masculine, le féminin fait irruption et bouleverse l'ordre établi. Le conflit ébranle aussi l'Olympe : Jupiter hésite à prendre parti, le temps n'est pas encore venu pour intervenir dans l'histoire humaine, bien qu'il soit déjà décidé à revêtir une forme mortelle pour sauver le monde... Écrite en réaction contre la grande poésie épique du XIIe siècle, l'Afrique est un tissage complexe de diverses influences textuelles, tant classiques que médiévales. Pour la première fois, ce texte étrange et somptueux devient enfin disponible en édition bilingue.

  • Quelle lecture même un ami pourra-t-il bien faire de ces pages qui vont dans tant de directions qu'il leur arrive de s'opposer? Il y faut presque un autre soi-même,...
    Car on n'y verra pas un seul ton, une seule volonté orientant l'écriture : le sentiment qui les a dictées, c'est celui d'un esprit dont les variations épousaient celles des choses, - joyeux de loin en loin, et triste souvent. ( ... ) Sache que je ne pourrai mettre fin à cet ouvrage qu'au moment où tu apprendras que je me suis acquitté avec la mort des peines de la vie. En attendant, je poursuivrai le chemin que j'ai pris, et la route ne s'achèvera pour moi qu'avec la fin du jour.

  • Le repos religieux

    Pétrarque

    Le traité du Repos religieux complète celui de la Vie solitaire, rédigé un an auparavant (1346), ou plutôt lui donne rétrospectivement l'assise d'une réflexion sur les notions de loisir, de vacance et de repos, nécessaires à la fondation d'une vie qui soit réellement la vie et ne se perde pas dans le faux prestige des activités extérieures.
    Comme le livre précédent, il entend poser une question à la fois très simple et très vertigineuse : comment vivre ? Quelle forme donner à la vie ? Pour y répondre, ce traité rempli d'exhortations, d'adresses à soi-même, d'invectives, où bien des tons et des paysages intérieurs se succèdent, nous livre une méditation persévérante, rythmée, forcenée parfois, sur le célèbre verset du Psaume 45, " Vaquez et voyez que je suis Dieu " : notre fin la plus haute, c'est la vacance et le repos, l'otium.
    Otium pourrait tout autant se traduire par " liberté ", sur laquelle notre époque aurait aussi à méditer.

  • En 1358, un ami de Pétrarque l'invite à l'accompagner en Terre Sainte.
    Mais Pétrarque ne sera pas du voyage : la mer le terrifie. C'est aussi qu'il entend être autrement présent : par les pages qu'il écrira, et que le pèlerin emportera avec lui. Qu'est-ce qu'un Itinéraire quand son auteur n'a jamais vu les lieux qu'il décrit, quand il n'a parcouru que de la pensée les terres qu'il explore pour autrui ? Qu'est-ce qu'un guide, et va-t-on croire que la seule façon de l'être, c'est de donner du corps la mesure des quantités de l'espace ? Les Modernes que nous sommes ont perdu le souvenir d'autres arpentages.
    Voyage dans les lieux, dans l'histoire et dans les livres, indissociablement : le déplacement est l'aventure de l'esprit. Le temps, l'âme, l'espace ont la même issue.

  • Sans titre

    Pétrarque

    Essentiellement animées par une polémique morale et littéraire, dix-neuf lettres témoignent de l'indignation de leur auteur face aux manquements de l'Église et de la Curie, accusées d'avoir trahi leur origine, leur mission et l'esprit évangélique, de s'enfoncer dans les vices et de faire d'Avignon, leur nouveau siège, l'Égout de l'univers, la nouvelle Babylone. C'est de l'intérieur de cette cité funeste que Pétrarque s'indigne : il voit et entend chaque jour, en témoin privilégié, des monstruosités qu'il lui faut dénoncer. Bien qu'aux dires mêmes de l'auteur, la cité d'Avignon serait un splendide sujet de tragédie, il préfère adresser ce recueil de lettres, écrites en diverses circonstances et à différents destinataires, y compris fictifs certaines d'entre elles ont été écrites pour compléter l'ouvrage la postérité. Que les hommes cultivés des siècles à venir sachent observer le passé pour en tirer avertissements et enseignements.

  • Nous sommes à Venise, dans les années 1360.
    Quatre jeunes gens, imbus de philosophie à la mode, accusent Pétrarque de n'y rien connaître. C'est un brave homme, mais un ignorant. Curieux destin, pour le plus grand lettré du siècle. Il peaufine sa réponse : polémique, ardente, et d'une virtuosité inouïe. Qu'est-ce donc que ce texte, où l'on a vu la première formulation de l'opposition entre la scolastique et l'humanisme naissant ? Qu'est-ce que savoir, et que faut-il savoir ? Où est l'ignorance, si l'on connaît le monde en se méconnaissant soi-même ? Qu'est-ce qu'une science qui n'est pas habitée ? Pétrarque, cet " homme moderne ", retrouve les réponses les plus anciennes, celles d'Augustin, de Bernard, de Jean de Salisbury.
    /> Et à ces jeunes " averroïstes ", idolâtres d'Aristote, il oppose l'exemple d'une vie et d'un savoir unifiés, qu'il entend incarner lui-même dans la soumission aux certitudes de la foi. Etrange leçon de sobriété du savoir par l'expression véhémente de soi. Appelons cela une écriture nouvelle ; elle ne va pas sans risques.

  • Ce volume, dernier des Lettres familières de Pétrarque, clôture, après la publication des cinq volumes des Lettres de la vieillesse, advenue en décembre 2013, l'immense correspondance de Pétrarque dont la publication a été entreprise en l'année 2002 sous la direction de Pierre Laurens.
    Le texte est celui de Vittorio Rossi comme dans tous les autres volumes de la série, André Longpré a donné la traduction, révisée par Pierre Laurens, Ugo Dotti, auteur de la Vita di Petrarca, traduite en français et récemment rééditée et augmentée, et à l'heure actuelle le meilleur connaisseur de la biographie du poète, est, comme dans les précédents volumes, responsable des Notices et des Notes, mises en français par Frank La Brasca.



    /> Écrites entre 1358-59 (Pétrarque est alors à Milan) et 1366 (il est depuis 1362 installé à Venise), ces lettres, comme celles des périodes précédentes se partagent entre les deux registres, public et privé. Au premier appartiennent notamment les lettres du vingtième livre où l'auteur, qui lance au même moment les sévères Sine nomine, dénonce la corruption galopante de l'Église, représentée à cette date par Innocent VI; ou les lettres du même livre et du suivant, adressées à l'empereur, à l'impératrice, aux dignitaires laïques et ecclésiastiques, où le poète, qui s'est acquis une remarquable faveur auprès de la très prestigieuse cour de Prague, se réjouit de voir l'humanisme franchir les Alpes, mais ne cache pas sa désillusion, causée par la fuite de Charles IV après son couronnement à Rome qui avait suscité tant d'espérances et, avec force et autorité, exerçant la mission du nouvel intellectuel, rappelle inlassablement à César à ses devoirs. Même si elles ne sont pas politiques au sens strict du terme, ces missives tendent, dans l'économie particulière du recueil, à promouvoir l'auteur - l'intellectuel nouveau de l'humanisme - à une position plus élevée au regard des cercles politiques eux-mêmes, sinon toujours comme un conseiller entendu, du moins comme un maître écouté. - En contrepoint et relevant du registre privé les lettres qui traduisent très librement les dispositions du poète vieillissant, telle la lettre adressée à Jean Boccace au début de l'été 1359, dans laquelle Pétrarque, que son ami soupçonne de nourrir de la jalousie à l'endroit de Dante, se défend contre ce reproche tout en défendant sa conviction que seul le latin et non la langue vernaculaire est la langue par excellence qui convient à toute oeuvre de grande volée.



    Mais le trait qui distingue ce dernier volume des précédents et met le sceau ultime sur ce monumental recueil, est; le caractère du vingt-quatrième livre, adressé Antiquis illustribus. Dans ce livre, préfacé par la lettre à l'ami de jeunesse, Philippe de Cabassolles, Pétrarque dialogue, message suprême délivré par l'humaniste à l'antiquité reconquise, avec les plus illustres des Anciens : Varron, Cicéron, Quintilien, Tite Live, Asinius Pollion, Horace, Virgile, Socrate. Particulièrement remarquables sont les deux lettres à Cicéron, la première, écrite après sa découverte des Lettres à Atticus, dans laquelle, ira dictante, il reproche sévèrement à son auteur préféré d'avoir été infidèle à son message philosophique,et la deuxième, où il lui dit sa dévotion et lui restitue son estime et les deux lettres, à Horace et à Virgile, l'une en mètre lyrique, l'autre en hexamètres, double hommage poétique et déclaration d'amour à ses deux poètes de prédilection.

  • Entre 2002 et 2015 la maison d'édition des Belles Lettres a publié, sous la direction de Pierre Laurens, en onze volumes (texte critique et première traduction française) la totalité des Lettres familières et des Lettres de la vieillesse de Pétrarque (respectivement 6 vol., contenant les livres I à XXIV, et 5 volumes, contenant les livres I à XVIII, dont la Posteritati) : en tout plusieurs milliers de lettres, adressées à des amis et à des personnalités de haut-rang, à lire à la fois comme une autobiographie et comme un témoignage de première main sur son époque.
    Le lecteur s'orientera dans cet immense continent grâce à notre triple Index, des destinataires, des citations et allusions, et enfin des noms et des lieux.
    Un détail important : ce dernier index, analytique, entre dans le plus menu détail. Par exemple, pour le seul article « Pétrarca », nous lisons : famille, enfance et jeunesse, portrait physique, mode de vie, résidences, profil biographique, invitations et offres de charges, bénéfices ecclésiastiques, honneurs, admirateurs et critiques, santé, fausses annonces de sa mort, polémiques avec les médecins, les théologiens et les astrologues, polémiques politico-religieuses, portrait intérieur, études, oeuvres, testament, lettres perdues, écrits projetés et abandonnés, postille.

  • Il n'est pas exagéré de dire que la correspondance latine de Pétrarque avant tout les vingt-quatre livres des Lettres familières et les dix-huit livres des Lettres de la vieillesse constitue le chef-d'oeuvre du Pétrarque humaniste: réunissant, au sein même de l'immense oeuvre latine, un grandiose corpus auquel l'écrivain travailla jusqu'aux derniers mois de sa vie, elle peut être lue aussi bien comme une autobiographie idéale du poète et un commentaire illuminant le reste de l'oeuvre que comme un miroir de l'histoire du Trecento et comme l'inventaire des grandes découvertes philologiques qui, comme on sait, renouvelèrent la culture, la conjuguèrent à l'esprit de l'âge classique, l'imprégnèrent de toutes les inquiétudes de l'humanitas et la proposèrent comme la base même de la sensibilité occidentale.On sait que, paradoxalement et alors même que la philologie pétrarquienne parvenait à un niveau d'excellence quasiment vertigineux, l'édition européenne, malgré plusieurs contributions majeures apparues au fil du xxe siècle celles de Vittorio Rossi et Umberto Bosco pour les Lettres Familières, de Nicola Festa pour l'Africa, de Giuseppe Billanovich pour les Rerum memorandarum libri, de Guido Martellotti pour la première partie de De viris s'était montrée réticente à s'engager à fond dans la publication, autre que sporadique, du Pétrarque latin. L'approche du septième centenaire de la naissance du poète, en suscitant en Italie pour 2004 un nouvel et ambitieux élan, piloté par Michele Feo, en vue de l'édition nationale de l'oeuvre intégrale, devrait aider à combler définitivement cette lacune. Reste qu'engagée dans un esprit de collaboration fraternelle avec nos amis italiens la présente édition bilingue constitue un événement éditorial de première grandeur.Ce sera en effet la première fois que les Lettres de Pétrarque sont mises à la disposition du public français dans leur intégralité, lisibles d'un bout à l'autre à la fois dans le texte et dans une excellente traduction benemeritus de l'oeuvre de Pétrarque, Victor Develay à la fin du xixe siècle n'avait donné que des choix de lettres c'est la première fois aussi qu'un ample commentaire historique et érudit, éclipsant de loin et périmant les notes de Fracassetti (1865-1868), orientera le lecteur tant dans la saisie globale du complexe iter culturel et spirituel du poète que, livre après livre et lettre après lettre, dans la compréhension ponctuelle d'un texte toujours riche et passionnant. Enfin, c'est la première fois que le travail d'édition critique, déjà accompli pour les Lettres familières par Vittorio Rossi, sera étendu aux Lettres de la vieillesse.Redevables pour la traduction française des Familiares à la patience, à la compétence et au goût d'André Longpré, nous avons confié celle des Seniles à un groupe de jeunes et ardents chercheurs formés en Sorbonne Ugo Dotti, un des meilleurs connaisseurs de la personnalité et de l'oeuvre de Pétrarque, nous a fait l'honneur de nous donner pour les unes comme pour les autres le commentaire monumental qu'on lira dans la traduction française de Christophe Carraud et de Franck La Brasca. C'est Elvira Nota qui nous offre livre par livre, avec le texte critique des Seniles, les précieuses notes critiques relatives aux textes " pré-canoniques ".Ayant livré en guise de prémices ces sept premiers livres des Lettres familières, nous poursuivrons parallèlement l'édition des deux grands ensembles du corpus en gardant les yeux fixés sur 2004, espérant même pouvoir, chemin faisant, adjoindre, en Appendice au corps principal, les dix-neuf Sine nomine dans le texte critique de Paul Piur et, avec un texte critique établi par Elvira Nota, les " Lettere disperse ", exclues du corpus et vulgarisées par une récente édition.Ainsi Les Belles Lettres et la collection des " Classiques de l'Humanisme " espèrent-elles prendre leur part de la célébration d'une oeuvre à laquelle notre pays, depuis Pierre de Nolhac, ne s'est jamais senti ni voulu étranger.Pierre Laurens

  • Écrites entre 1361 et 1374, donc illuminant les quinze dernières années de la vie du poète, les Lettres de la vieillesse prolongent l'entreprise autobiographique entamée avec les Lettres familières (Belles Lettres, février 2001) tout en faisant entendre une note distinctive: c'est avant tout le livre de la mémoire et des bilans (" L'adolescence m'abusa, la jeunesse me dévoya, la vieillesse me corrigea ") de celui qui, paradoxalement, nous livre les confidences remontant le plus loin dans les années de jeunesse. C'est le livre de l'amitié (avec Francesco Nelli, son " Simonide ", dédicataire du recueil, avec Philippe de Cabassoles, aimé depuis 1337 et qui mourra deux années avant lui, avec Boccace, l'auteur du Decameron, dont il traduit en latin la dernière nouvelle). C'est le livre de la sagesse, enfin, où s'approfondit, à travers la réflexion sur la vieillesse et la mort, une pensée qui, nourrie de Sénèque, annonce plus d'une fois les Essais de notre Montaigne. La traduction des trois livres qui font le premier des six volumes de cette nouvelle série est due à de jeunes et fervents latinistes formés en Sorbonne le commentaire philologique et historique est, comme déjà pour l'ensemble des Familières, l'oeuvre du très savant Ugo Dotti, bien connu chez nous pour sa biographie de Pétrarque (Fayard). La grande nouveauté de la présente édition, et qui fera date, vient de ce que, pour la première fois, le texte de Pétrarque est offert dans une édition critique qui s'appuie sur la collation et le classement systématique des manuscrits: travail qui a demandé à Elvira Nota de nombreuses années de patience, de compétence et de passion philologique.

  • Chronologiquement et biographiquement l'événement le plus caractéristique de ce livre, qui se déploie tout entier dans le cadre de l'année 1353, du 5 janvier (première lettre) au 16 septembre (quatorzième et dernière lettre), est sans aucun doute l'abandon d'Avignon, tant désiré par le poète, et son tout aussi désiré et définitif retour en Italie. Ce retour eut lieu à un moment non précisé de l'été, entre la fin mai et le mois de juin.

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